|
Lévénement
- 37è congrès des JA à Vannes
La « Petite Mer » bretonne veut
pérenniser ses agriculteurs dans la tourmente
Le Morbihan signifie « petite mer » en breton et désigne
clairement le golfe du Morbihan. Ce vaste territoire de près
de 690 000 hectares s’appuie sur un littoral long de 800 kilomètres
orienté nord-ouest sud-est qui procure un climat agréable
doux l’hiver et jamais trop chaud dans sa partie nord, où
existe une importante production de légumes industrie.
Mais c’est l’élevage qui constitue « la
principale activité de sept exploitations sur dix »
dans le département, selon les « tableaux de l’agriculture
bretonne 2002 » publiés chaque année par le
service statistique de la Direction régionale de l’Agriculture
et de la Forêt de Bretagne. 30 % des 11 779 exploitations
recensées en 2000 dans le département ont le lait
pour activité principale, la volaille autour de 10 %. Il
existe également une importante production porcine (troisième
cheptel français), juste derrière le Finistère
et les Côtes-d’Armor qui le bordent à l’ouest
et au nord.
Dans le classement départemental français par production,
le Morbihan arrive en tête pour la production de volaille-chair
et en sixième position pour la production laitière.
Dernier élément de structures : la taille par exploitation
a considérablement augmenté entre 1988 et 2000, passant
de 19 à 33 hectares à la faveur de la disparition
de 43 % des exploitations sur la période.
La fin des années 90 et le début du troisième
millénaire marquent cependant un tournant pour la ferme Morbihan.
La volaille va vivre un plan de restructuration, correspondant peu
ou prou à son poids dans la production française (25
%). Mais il ne servira pas à grand-chose s’il n’est
pas accompagné, notamment, du renforcement du contrôle
des importations (lire l’article sur Jean-Michel Choquet).
Les producteurs de porcs ne sont guère mieux lotis actuellement,
avec un cours du porc qui stagne désespérément
à un euro du kilo. Dans sa délibération relative
à la conjoncture économique, la chambre d’agriculture
du Morbihan déplorait, fin mars, « le faible niveau
des aides » mises en place en direction des éleveurs
en difficulté et aux jeunes investisseurs et regrettait «
le manque de soutien public aux mesures de dégagement des
marchés ».
Même les laitiers souffrent avec une érosion régulière
de leur revenu depuis cinq ans. Une équation qui résulte
de l’augmentation de leurs charges due à la mise aux
normes des exploitations et la baisse du prix de référence
tout au long de l’année 2002.
Dans ce contexte, le projet Fischler de réforme de la Pac,
dont le socle est le découplage des aides et les conséquences
la baisse des prix d’intervention sur les produits destinés
à l’exportation et la hausse du quota laitier européen
devrait avoir des répercussions importantes sur les producteurs.
Les Morbihannais ont pris acte du renforcement des normes environnementales
pour reconquérir la qualité de l’eau, mais c’est
vrai qu’ils doivent d’abord faire le dos rond face aux
marchés en attendant des jours meilleurs.
Reportage de Julien PIRO
SOMMAIRE
- Avec la responsable
du groupe porcs : La lutte de tous les instants de Valérie
Passin
- Philippe Le Dressay
est président des JA du Morbihan : « Faire revenir des jeunes vers
l’agriculture »
- Structures : Thierry
Courtois plaide pour une évolution plus rapide
- Avec le responsable
volailles : Deux dossiers phares pour Jean-Michel Choquet
- Préparer l’avenir
: Franck Pellerin, un adepte des formations économiques
- Cultures maritimes
: Cap 2000 veut pérenniser les activités littorales
|