LUCAS G - La goulotte universelle!
SOMMAIRE | N° 583 | Mai 2003 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Devant le siège de la Commission européenne à Paris, le 7 avril.



ÉDITO

Notre congrès, symbole de l’expression syndicale


A l’heure où tout semble fait pour brader notre syndicale, notre congrès arrive à point pour, justement, nous exprimer pleinement.
La Commission européenne nous a donc infligé une amende unique en son genre. Nous sommes ainsi condamnés pour avoir protégé le revenu des éleveurs. Condamnés pour avoir fait notre devoir syndical, pour avoir refusé qu’une grande partie d’entre nous ne meure à petits feux… Qui plus est, nous sommes considérés comme des cartels, comme des entreprises à profits. Comme si nos intentions n’avaient été que mercantiles, sans souci de porter secours aux plus affaiblis d’entre nous !
C’est une énorme atteinte à la liberté d’expression syndicale. Notre premier rôle, faut-il le rappeler, consiste à défendre nos adhérents, donc les producteurs, donc le revenu de ces producteurs. Nous condamner pour avoir rempli notre mission, c’est remettre en cause directement l’existence même des syndicats. C’est intolérable !

« Puisque l’on veut ainsi nous museler, eh bien prenons la parole ! »

Puisque l’on veut ainsi nous museler, eh bien prenons la parole ! Notre congrès national, dernier grand rendez-vous avant l’événement de l’année, le congrès mondial, doit nous permettre de réfléchir à la meilleure manière de contrer l’injustice. Le congrès est toujours un moment fort de notre structure, puisque nous nous rencontrons tous ensemble. Cette année, à Vannes, nous échangerons sur les sujets d’actualité bien sûr, mais nous réfléchirons aussi à tous ceux qui nous préoccupent. Nous ferons le point après une année de mandat. Et puis, nous avons pensé que, avec tous ces événements qui viennent nous frapper, il n’était pas inutile de replacer certaines de nos idées générales dans le contexte actuel. C’est pourquoi le rapport d’orientation porte sur la profession même d’agriculteur, ce métier dont nous sommes tous si fiers. Quelle image extériorise-t-il aujourd’hui ? Sommes-nous considérés comme des chefs d’entreprise ? Jouons-nous notre rôle de citoyen à part entière ? Dégageons-nous le sentiment d’hommes et de femmes heureux ?
Si nous voulons que les réponses apportées par le grand public à ces questions correspondent à nos choix et à nos convictions, nous devons nous-mêmes être clairs et savoir diffuser nos idées. Ce souci de communication correspond à l’obligation d’intéresser le monde non agricole, et à l’impliquer. Car si nous restons seuls à défendre nos intérêts corporatistes, nous laisserons la partie trop belle aux commissaires européens qui, depuis leurs bureaux bruxellois si confortables, ont décidé de nous éliminer…

Jérôme DESPEY
président des Jeunes agriculteurs