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ÉDITO
Notre congrès, symbole de l’expression
syndicale
A l’heure où tout semble fait pour brader notre syndicale,
notre congrès arrive à point pour, justement, nous
exprimer pleinement.
La Commission européenne nous a donc infligé une amende
unique en son genre. Nous sommes ainsi condamnés pour avoir
protégé le revenu des éleveurs. Condamnés
pour avoir fait notre devoir syndical, pour avoir refusé
qu’une grande partie d’entre nous ne meure à
petits feux… Qui plus est, nous sommes considérés
comme des cartels, comme des entreprises à profits. Comme
si nos intentions n’avaient été que mercantiles,
sans souci de porter secours aux plus affaiblis d’entre nous
!
C’est une énorme atteinte à la liberté
d’expression syndicale. Notre premier rôle, faut-il
le rappeler, consiste à défendre nos adhérents,
donc les producteurs, donc le revenu de ces producteurs. Nous condamner
pour avoir rempli notre mission, c’est remettre en cause directement
l’existence même des syndicats. C’est intolérable
!
« Puisque l’on veut ainsi nous
museler, eh bien prenons la parole ! »
Puisque l’on veut ainsi nous museler, eh bien prenons la
parole ! Notre congrès national, dernier grand rendez-vous
avant l’événement de l’année, le
congrès mondial, doit nous permettre de réfléchir
à la meilleure manière de contrer l’injustice.
Le congrès est toujours un moment fort de notre structure,
puisque nous nous rencontrons tous ensemble. Cette année,
à Vannes, nous échangerons sur les sujets d’actualité
bien sûr, mais nous réfléchirons aussi à
tous ceux qui nous préoccupent. Nous ferons le point après
une année de mandat. Et puis, nous avons pensé que,
avec tous ces événements qui viennent nous frapper,
il n’était pas inutile de replacer certaines de nos
idées générales dans le contexte actuel. C’est
pourquoi le rapport d’orientation porte sur la profession
même d’agriculteur, ce métier dont nous sommes
tous si fiers. Quelle image extériorise-t-il aujourd’hui
? Sommes-nous considérés comme des chefs d’entreprise
? Jouons-nous notre rôle de citoyen à part entière
? Dégageons-nous le sentiment d’hommes et de femmes
heureux ?
Si nous voulons que les réponses apportées par le
grand public à ces questions correspondent à nos choix
et à nos convictions, nous devons nous-mêmes être
clairs et savoir diffuser nos idées. Ce souci de communication
correspond à l’obligation d’intéresser
le monde non agricole, et à l’impliquer. Car si nous
restons seuls à défendre nos intérêts
corporatistes, nous laisserons la partie trop belle aux commissaires
européens qui, depuis leurs bureaux bruxellois si confortables,
ont décidé de nous éliminer…
Jérôme DESPEY
président des Jeunes agriculteurs
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