Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
SOMMAIRE | N° 580 | Février 2003 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Sommaire

 


 

 

« Notre plan pour contrer Fischler »

 

 

Les positions
des pays européens

 

 

Le jargon bruxellois

Pour ceux qui veulent lire en détail le compte rendu des décisions bruxelloises et comprendre les commentaires, il est sans doute utile de rappeler quelques définitions… D’autant que le Larousse Agricole n’explique aucun de ces termes !

1er pilier : dans la Pac, la rétribution de la production (prix + aides).
2nd pilier : dans la Pac, la rétribution de la contribution agricole à l’environnement.
Boîte bleue : les aides directes de la Pac.
Boîte orange : les mesures de soutien aux prix et autres mesures (restitutions par exemple) susceptibles d’entraîner des distorsions dans les échanges.
Boîte verte : prise en compte des mesures qui visent à protéger l’environnement, favoriser le développement rural et à satisfaire les normes en matière de bien-être animal.
Découplage des aides : action qui consiste à rompre le lien entre le niveau de production et le soutien au revenu.
Modulation : réduction du montant des aides directes de la Pac par exploitation.
Dégressivité : réduction, tout simplement !
Ecoconditionnalité : néologisme bruxellois (ce mot n’est pas dans le dictionnaire !) pour évoquer les conditions à remplir pour respecter l’écologie.
Contingents : tonnages tolérés à l’importation ou à l’exportation (pour les céréales).

 



L’événement - Réforme de la politique agricole commune

 

Propositions de Fischler

Jusqu’où la Pac
s’arrêtera-t-elle ?

 

Le désir de réforme du commissaire européen à l’agriculture Franz Fischler atteint son paroxysme. Son projet, s’il est adopté, diminuerait considérablement le nombre d’agriculteurs dans les années à venir.

Nous sommes le 22 janvier 2003. Franz Fischler donne une conférence de presse à Bruxelles, qui devient une vidéoconférence dans toutes les capitales européennes. Avant qu’il ne présente son projet de réforme, un film montre ce que doit être l’agriculture de demain. Il est en anglais, les termes « respect of environnement » sont prononcés à cinq ou six reprises, « quality » revenant aussi souvent qu’un point au bout d’une phrase. Les travées sont linéaires, pas un brin d’herbe ne dépasse, et le summum est atteint quand on voit le commissaire européen en personne visiter une porcherie : on lui met un goret dans les bras, aussi rose que sa cravate et surtout moins souillé qu’elle. C’est cela, l’agriculture selon Fischler, une agriculture surnaturelle où les porcs ne font plus de cochonneries…
Au nom de l’environnement, mais aussi de l’approche des négociations avec l’OMC, ce non élu qui s’octroie les pleins pouvoirs tente le coup de force. Au couple Chirac-Schröder qui l’a sanctionné en octobre, il répond par le découplage des aides. Et pour argumenter son propos, il s’autoproclame porte-parole des consommateurs (« Le contribuable doit avoir plus de retour pour l’argent qu’il dépense », dit-il). Mais lorsqu’on lui pose la question : « Si vous étiez agriculteur, que diriez-vous à votre fils pour l’inciter à reprendre l’exploitation ? », il ne répond pas directement, sous-entendant de fait qu’il n’y a pas à inciter à aller vers l’agriculture ! (plus précisément, il répond qu’un jeune doit bien se former avant de s’engager et que la spécialisation n’est pas, selon lui, une voie d’avenir, sans autre argument en faveur de la profession).

Au détriment des producteurs agricoles

Chacun a sans doute déjà lu le détail de la réforme proposée (*). Son maître mot est la baisse des prix compensé partiellement par des aides et le découplage de celles-ci, c’est-à-dire les déconnecter de la production. Dès 2006 (voir l’infographie), la réduction des aides devient progressive. La France Agricole parle d’un « plan de licenciement qui ne dit pas son nom ».

Le ministre Hervé Gaymard, interviewé par Agra Presse, s’insurge contre l’un des prétextes évoqués par Fischler : « Le découplage n’est pas imposé à l’OMC. Ce serait une billevesée destinée à abuser les gogos que de dire le contraire ». La FNSEA craint de voir « des centaines de milliers d’agriculteurs (aller) au tapis ». Tandis que François Vanier, vice-président des Jeunes agriculteurs, renchérit : « A qui profite la baisse des prix ? A mon avis, c’est tout bénéfice aux industries agroalimentaires, au détriment des producteurs agricoles. » Ce qui est, résume le président des JA Jérôme Despey, « inacceptable » et il veut « faire barrage aux propositions Fischler » tout en « proposant une alternative ».
Par filières, tout le monde est perdant, notamment le secteur laitier, pour lequel les baisses de prix s’étendraient sur deux années supplémentaires.
Les professionnels de la production agricole rejettent en bloc, aujourd’hui, le projet Fischler. Mais pour que leurs vœux soient exaucés, ils vont devoir maintenant trouver le moyen de faire passer leurs idées.

Antoine JEANDEY

(*) On peut le retrouver sur http://www.europa.eu.int/comm/agriculture/index_fr.htm• Note : pour la photo de Une, nous remercions pour leur aimable concours la section rugby du Puc (Paris université club) et particulièrement ses joueurs Jean Benel et Romain Bellion.