|
vie syndicale
Acteurs de nos montagnes
Les montagnes, une chaîne
de solidarité
Le Polydôme de Clermont-Ferrand est devenu,
du 5 au 8 décembre, le sanctuaire de tous les massifs français.
Une gigantesque fresque parsemée d’animations et de
stands à la gloire du terroir montagnard a accueilli le grand
public, petits et grands.
Pour une fois, le Jura ou les Vosges prennent un coup de jeune
et leur décor dédié s’élève
à la hauteur de celui des Alpes ou des Pyrénées.
Le Massif Central (organisateur) n’a rien à leur envier,
tandis que La Réunion et la Corse apportent leurs particularités
insulaires à travers un étal chamarré. Les
deux premiers jours, les jeudis et vendredis, les scolaires invités
se précipitent d’un stand à l’autre, admirent
les paysages photographiques, goûtent les fromages, clignent
des yeux devant des décors reproduits tels des crèches
de Noël. Parallèlement, tout aussi attentifs, les congressistes
débattent dans un amphithéâtre puis des salles
(lire l’encadré).
Acteurs de nos montagnes, c’est ça : une vitrine à
la démesure des paysages, avec en magasin du sérieux
dans l’arrière-boutique. Claude Falip, l’ancien
responsable national de la montagne chez les JA, s’émerveille
devant l’organisation et ce « bénévolat
dynamique qui contribue à l’unité des montagnes
tout en respectant sa diversité et ses différences
». Son successeur, Yannick Fialip, salue l’aspect «
très positif sur le plan politique : on a ouvert sur les
autres actifs du monde rural, ce qui est très riche pour
l’avenir », et il ajoute aussitôt : « Pour
le grand public, c’est une très belle manifestation.
C’est dommage qu’il n’y ait pas eu le nombre de
visiteurs attendus (Ndlr : 35 000 tout de même, au lieu des
60 000 espérés), mais l’organisation d’Acteurs
de nos montagnes a eu le mérite de souder les équipes
des massifs, de créer les échanges qui seront fructueux
demain.» Il conclut avec fierté que, ce faisant, «
les JA sont à la pointe du débat politique sur la
montagne ».
Animations à
gogo
L’exploit n’est pas mince en effet. Le volet politique,
« très dense » pour reprendre l’expression
du journal local, La Montagne, a attiré tous les spécialistes
et donner du fond aux nombreux reportages de télévisions,
radios ou de la presse écrite qui ont salué l’événement.
Le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard, qui a fait
ses classes politiques en Savoie, a profité de l’occasion
pour décliner ses principales options en matière d’agriculture
montagnarde, et pour lancer médiatiquement les CAD, contrats
d’agriculture durable, appelés à prendre la
suite des CTE. Et à côté, la partie festive
fut réellement très attractive : devant son panorama,
chaque massif avait imaginé des animations faisant référence
à ses valeurs et à son terroir, tout en imaginant
des jeux pour les plus jeunes... Qui les ont d’ailleurs bien
appréciés ! Les Vosges avaient importé leur
Saint-Nicolas, qui eut la surprise de plaire au-delà de son
rayon d’action habituel. Ajoutons un marché fumeux,
des escalades, la présence de races montagnardes bovines
caressantes, le son des cloches… et on se serait presque pris
sur un chaume pris d’assaut par les touristes !
Parallèlement se tenait le Téléthon. Une montagne
sur roulettes symbolisait l’action ludique consistant à
« pousser les montagnes », à laquelle se sont
adonnés tant le ministre que l’équipe de rugby
locale.
L’initiative du Massif Central, de ses dirigeants et de ses
bénévoles, fera date.
| Politique
syndicale
Le manifeste, un recueil
de revendications
Il y avait la manifestation festive, mais aussi celle des
revendications syndicales,
qui ont été synthétisées dans
un document, le manifeste. |
La signature d’un manifeste,
tant par les Jeunes agriculteurs que par la FNSEA, l’APCA,
l’Anem et Euromontana est la concrétisation
politique et syndicale de l’opération Acteurs
de nos montagnes. Au terme de travaux en ateliers et de
tables rondes, il a pour principe, comme l’a dit Jérôme
Despey lors de son discours de clôture, de «
promouvoir et concrétiser une démarche commune
pour donner à toutes les zones de montagne européennes
un cadre commun de développement qui tient compte
de leur diversité tout en jouant sur les complémentarités
».
|
Les signataires du manifeste, autour de Jérôme
Despey. |
Le point de départ
du manifeste est, peut-on y lire, « d’affirmer
la spécificité territoriale des zones de montagne
». La reconnaissance de territoires spécifiques
« montagne », source de diversité incomparable,
devant surmonter des contraintes particulières est
la clé de voûte du document qui insiste logiquement
ensuite sur une compensation renforcée des handicaps
et sur la valorisation des potentiels par le développement
des savoir-faire. L’Union européenne est directement
interpellée pour qu’elle « élabore
un zonage des territoires de montagne au niveau européen
» et que « la construction d’une politique
européenne en faveur de ces zones se réalise
en concertation avec l’ensemble des acteurs de la montagne
qu’ils soient publics ou privés ». Ce sont
donc bien tous les acteurs de la montagne qui sont associés
au manifeste, pas seulement la profession paysanne. Le texte
insiste d’ailleurs sur ce point : « Nous souhaitons
gérer collectivement et de façon multi-partenariale
les zones de montagne ».
Voilà pour l’esprit. Dans le détail, le
manifeste donne de nombreuses pistes précises. Les
JA peuvent se le procurer auprès des bureaux départementaux
des Jeunes agriculteurs.
(1) («s’installer
en montagne, des défis à relever», «vivre
en montagne, des synergies à trouver», «entreprendre
en montagne, des savoir-faire à valoriser»)
(2) («quels partenariats et quelles politiques territoriales
construire pour valoriser l’économie montagnarde
?», «quelles réponses européennes
au développement de l’économie montagnarde»)
|
|