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SOMMAIRE | N° 579 | Janvier 2003 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Après avoir admiré les photos sur le stand des Vosges, les enfants se dirigent vers les races bovines montagnardes

 

 

 


Le Préfet, le ministre de l'Agriculture et le président de l'Anem, entourés des jeunes agriculteurs.

 


Une des attractions de la manifestation, le stand de La Réunion.

 



vie syndicale

Acteurs de nos montagnes

Les montagnes, une chaîne de solidarité

Le Polydôme de Clermont-Ferrand est devenu, du 5 au 8 décembre, le sanctuaire de tous les massifs français.
Une gigantesque fresque parsemée d’animations et de stands à la gloire du terroir montagnard a accueilli le grand public, petits et grands.

 

Pour une fois, le Jura ou les Vosges prennent un coup de jeune et leur décor dédié s’élève à la hauteur de celui des Alpes ou des Pyrénées. Le Massif Central (organisateur) n’a rien à leur envier, tandis que La Réunion et la Corse apportent leurs particularités insulaires à travers un étal chamarré. Les deux premiers jours, les jeudis et vendredis, les scolaires invités se précipitent d’un stand à l’autre, admirent les paysages photographiques, goûtent les fromages, clignent des yeux devant des décors reproduits tels des crèches de Noël. Parallèlement, tout aussi attentifs, les congressistes débattent dans un amphithéâtre puis des salles (lire l’encadré).
Acteurs de nos montagnes, c’est ça : une vitrine à la démesure des paysages, avec en magasin du sérieux dans l’arrière-boutique. Claude Falip, l’ancien responsable national de la montagne chez les JA, s’émerveille devant l’organisation et ce « bénévolat dynamique qui contribue à l’unité des montagnes tout en respectant sa diversité et ses différences ». Son successeur, Yannick Fialip, salue l’aspect « très positif sur le plan politique : on a ouvert sur les autres actifs du monde rural, ce qui est très riche pour l’avenir », et il ajoute aussitôt : « Pour le grand public, c’est une très belle manifestation. C’est dommage qu’il n’y ait pas eu le nombre de visiteurs attendus (Ndlr : 35 000 tout de même, au lieu des 60 000 espérés), mais l’organisation d’Acteurs de nos montagnes a eu le mérite de souder les équipes des massifs, de créer les échanges qui seront fructueux demain.» Il conclut avec fierté que, ce faisant, « les JA sont à la pointe du débat politique sur la montagne ».

Animations à gogo

L’exploit n’est pas mince en effet. Le volet politique, « très dense » pour reprendre l’expression du journal local, La Montagne, a attiré tous les spécialistes et donner du fond aux nombreux reportages de télévisions, radios ou de la presse écrite qui ont salué l’événement. Le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard, qui a fait ses classes politiques en Savoie, a profité de l’occasion pour décliner ses principales options en matière d’agriculture montagnarde, et pour lancer médiatiquement les CAD, contrats d’agriculture durable, appelés à prendre la suite des CTE. Et à côté, la partie festive fut réellement très attractive : devant son panorama, chaque massif avait imaginé des animations faisant référence à ses valeurs et à son terroir, tout en imaginant des jeux pour les plus jeunes... Qui les ont d’ailleurs bien appréciés ! Les Vosges avaient importé leur Saint-Nicolas, qui eut la surprise de plaire au-delà de son rayon d’action habituel. Ajoutons un marché fumeux, des escalades, la présence de races montagnardes bovines caressantes, le son des cloches… et on se serait presque pris sur un chaume pris d’assaut par les touristes !
Parallèlement se tenait le Téléthon. Une montagne sur roulettes symbolisait l’action ludique consistant à « pousser les montagnes », à laquelle se sont adonnés tant le ministre que l’équipe de rugby locale.
L’initiative du Massif Central, de ses dirigeants et de ses bénévoles, fera date.

Politique syndicale
Le manifeste, un recueil de revendications
Il y avait la manifestation festive, mais aussi celle des revendications syndicales,
qui ont été synthétisées dans un document, le manifeste.

La signature d’un manifeste, tant par les Jeunes agriculteurs que par la FNSEA, l’APCA, l’Anem et Euromontana est la concrétisation politique et syndicale de l’opération Acteurs de nos montagnes. Au terme de travaux en ateliers et de tables rondes, il a pour principe, comme l’a dit Jérôme Despey lors de son discours de clôture, de « promouvoir et concrétiser une démarche commune pour donner à toutes les zones de montagne européennes un cadre commun de développement qui tient compte de leur diversité tout en jouant sur les complémentarités ».



Les signataires du manifeste, autour de Jérôme Despey.

Le point de départ du manifeste est, peut-on y lire, « d’affirmer la spécificité territoriale des zones de montagne ». La reconnaissance de territoires spécifiques « montagne », source de diversité incomparable, devant surmonter des contraintes particulières est la clé de voûte du document qui insiste logiquement ensuite sur une compensation renforcée des handicaps et sur la valorisation des potentiels par le développement des savoir-faire. L’Union européenne est directement interpellée pour qu’elle « élabore un zonage des territoires de montagne au niveau européen » et que « la construction d’une politique européenne en faveur de ces zones se réalise en concertation avec l’ensemble des acteurs de la montagne qu’ils soient publics ou privés ». Ce sont donc bien tous les acteurs de la montagne qui sont associés au manifeste, pas seulement la profession paysanne. Le texte insiste d’ailleurs sur ce point : « Nous souhaitons gérer collectivement et de façon multi-partenariale les zones de montagne ».
Voilà pour l’esprit. Dans le détail, le manifeste donne de nombreuses pistes précises. Les JA peuvent se le procurer auprès des bureaux départementaux des Jeunes agriculteurs.

(1) («s’installer en montagne, des défis à relever», «vivre en montagne, des synergies à trouver», «entreprendre en montagne, des savoir-faire à valoriser»)
(2) («quels partenariats et quelles politiques territoriales construire pour valoriser l’économie montagnarde ?», «quelles réponses européennes au développement de l’économie montagnarde»)