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DOSSIER
Le point de vue du professionnel
Producteur de grandes cultures en Côte-dOr, Xavier Sublet
est responsable du dossier des valorisations non alimentaires des
productions agricoles chez les Jeunes agriculteurs.
«Les orientations Fischler poussent
à labandon»
Quels sont, selon vous, les intérêts
des filières non alimentaires pour les productions végétales
?
En premier lieu, ces filières ouvrent de nouveaux
marchés aux produits agricoles, qui peuvent constituer une
alternative aux débouchés usuels si ces derniers connaissent
des difficultés. Cest aussi un excellent moyen de diversifier
son exploitation pour apporter un revenu complémentaire.
Par ailleurs, en sengageant dans le secteur non alimentaire,
les agriculteurs participent au débat de société
concernant les matières premières renouvelables et
respectueuses de lenvironnement.
Ces filières présentent-elles
certains handicaps ?
Comme elles sont récentes, tous les acteurs
ne sont pas présents uniformément sur le territoire
français et cela génère des surcoûts,
donc les produits finis sont plus chers. Autre frein et non des
moindres : les orientations que prend la Politique agricole commune,
confirmées par les propositions de Franz Fischler. Le découplage
des aides de la production, autrement dit ladministration
dune aide globale par exploitation, risque daboutir
à labandon de certaines cultures, notamment celles
à destination non alimentaire. Le choix des espèces
implantées dépendra alors du cours de celles-ci au
moment du semis : par exemple, si le prix du blé augmente,
tous les agriculteurs décideront den semer de larges
surfaces au détriment des autres productions végétales.
Le soutien aux cultures non alimentaires ou crédit carbone,
de 45 E/ha, proposé par Franz Fischler, nest pas assez
élevé pour inciter les agriculteurs à sorienter
vers ces productions. En plus, la Commission européenne envisage
de réintroduire un gel des terres obligatoire de dix ans.
Ne plus avoir le droit dimplanter certaines cultures sur les
jachères ôterait les motivations des producteurs en
saccompagnant dun manque à gagner.
Que faudrait-il faire pour favoriser
le développement des productions non alimentaires ?
Tout dabord, une réelle volonté
politique de développer ces nouveaux débouchés
est indispensable. Les pouvoirs publics se disent favorables aux
valorisations non alimentaires des produits agricoles, en particulier
aux biocarburants, et, de manière générale,
à tout ce qui peut limiter la pollution de lenvironnement.
Quils aient alors le courage de traduire en actions ces déclarations,
notamment en baissant les taxes sur les carburants dorigine
agricole ! Par ailleurs, pour inciter les agriculteurs à
se lancer dans ces filières, les productions non alimentaires
devraient être mieux valorisées que les cultures alimentaires.
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