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SOMMAIRE | N° 577 | Novembre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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DOSSIER

Le point de vue du professionnel

Producteur de grandes cultures en Côte-d’Or, Xavier Sublet est responsable du dossier des valorisations non alimentaires des productions agricoles chez les Jeunes agriculteurs.

«Les orientations Fischler poussent à l’abandon»

 

Quels sont, selon vous, les intérêts des filières non alimentaires pour les productions végétales ?

En premier lieu, ces filières ouvrent de nouveaux marchés aux produits agricoles, qui peuvent constituer une alternative aux débouchés usuels si ces derniers connaissent des difficultés. C’est aussi un excellent moyen de diversifier son exploitation pour apporter un revenu complémentaire. Par ailleurs, en s’engageant dans le secteur non alimentaire, les agriculteurs participent au débat de société concernant les matières premières renouvelables et respectueuses de l’environnement.

Ces filières présentent-elles certains handicaps ?

Comme elles sont récentes, tous les acteurs ne sont pas présents uniformément sur le territoire français et cela génère des surcoûts, donc les produits finis sont plus chers. Autre frein et non des moindres : les orientations que prend la Politique agricole commune, confirmées par les propositions de Franz Fischler. Le découplage des aides de la production, autrement dit l’administration d’une aide globale par exploitation, risque d’aboutir à l’abandon de certaines cultures, notamment celles à destination non alimentaire. Le choix des espèces implantées dépendra alors du cours de celles-ci au moment du semis : par exemple, si le prix du blé augmente, tous les agriculteurs décideront d’en semer de larges surfaces au détriment des autres productions végétales. Le soutien aux cultures non alimentaires ou crédit carbone, de 45 E/ha, proposé par Franz Fischler, n’est pas assez élevé pour inciter les agriculteurs à s’orienter vers ces productions. En plus, la Commission européenne envisage de réintroduire un gel des terres obligatoire de dix ans. Ne plus avoir le droit d’implanter certaines cultures sur les jachères ôterait les motivations des producteurs en s’accompagnant d’un manque à gagner.

Que faudrait-il faire pour favoriser le développement des productions non alimentaires ?

Tout d’abord, une réelle volonté politique de développer ces nouveaux débouchés est indispensable. Les pouvoirs publics se disent favorables aux valorisations non alimentaires des produits agricoles, en particulier aux biocarburants, et, de manière générale, à tout ce qui peut limiter la pollution de l’environnement. Qu’ils aient alors le courage de traduire en actions ces déclarations, notamment en baissant les taxes sur les carburants d’origine agricole ! Par ailleurs, pour inciter les agriculteurs à se lancer dans ces filières, les productions non alimentaires devraient être mieux valorisées que les cultures alimentaires.