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DOSSIER
Le point de vue du jeune agriculteur
Olivier Masson
à Avant-les-Marcilly (Aube)
«Une belle rentabilité mais
un avenir incertain»
Olivier Masson fait partie des 700 producteurs de
chanvre répertoriés en France et répartis principalement
dans lAube (65 % des ha), la Sarthe, le Loiret et le Maine-et-Loire.
« Dans mon village, nous étions plusieurs agriculteurs
à être attirés par la production de chanvre,
note-t-il. Cependant, nous hésitions à nous lancer
tant les investissements sont lourds en matériel et en bâtiment.
Nous avons donc décidé de créer une Cuma pour
limiter les dépenses en machines et nous entraider pour la
récolte, celle-ci étant très exigeante en main-duvre.
Jusquen 2000, la coopérative La chanvrière de
lAube mattribuait un volume de production annuelle de
150 t qui est passé, depuis lors, à 200 t. Le nombre
dhectares semés dépend donc du rendement de
la récolte précédente : si ce dernier entraîne
une sous-réalisation du tonnage fixé par la coopérative,
il faut implanter des hectares supplémentaires à la
campagne suivante pour rattraper le retard ; dans le cas inverse,
les producteurs sont obligés de diminuer la surface consacrée
au chanvre. En moyenne, mon exploitation compte 25 ha de chanvre.
Lavantage essentiel de cette culture tient à sa rentabilité
économique. En 2001, la tonne de chanvre a été
valorisée 61e et le quintal de graines 30,5 e. Ma marge brute
à lhectare sest élevée à
1 400 e, à comparer à 900 E pour le pois protéagineux,
par exemple. De plus, le chanvre est un très bon précédent
cultural et la charge de travail se limite au semis et à
la récolte. Mais lavenir de cette production reste
incertain, la Commission européenne menaçant de supprimer
laide aux transformateurs de 90 e/t. »
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