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SOMMAIRE | N° 577 | Novembre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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La lavande et le lavandin sont cultivés en Provence, dans les zones sèches ou situées en altitude.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le point de vue du professionnel
« Les orientations Fischler poussent à l’abandon »

 

 

 

 



DOSSIER

Valorisations non alimentaires

Plantes à parfum et médicinales
La valorisation attire le producteur

Les surfaces en plantes à parfum et médicinales sont en pleine expansion. Récit du succès d’une filière.


Depuis cinq ans, les plantes à parfum et médicinales séduisent de plus en plus les agriculteurs : les surfaces en lavande sont passées de 1 500 hectares en 1995 à 5 000 en 2002 et celles en lavandin de 15 000 à 19 000 hectares (la France produit 70 % de l’offre mondiale pour ces deux plantes). Pour les plantes médicinales (camomille romaine, valériane, passiflore, hamamélis…), les surfaces pour chaque culture ont augmenté mais ne dépassent pas encore 1 000 hectares, sauf pour le pavot, qui en comptabilise 8 000. « Après son âge d’or dans les années 20-30, la lavande avait été délaissée par les producteurs au profit du lavandin, un hybride obtenu par sélection variétale, moins riche en note parfumée mais bien plus productif, explique Alain De Laurence, directeur de l’Office national interprofessionnel des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (Onippam). Alors, pour relancer la production de lavande, nous avons mis en place un plan de sauvegarde, cofinancé par la France et l’Union européenne. » Ce plan consistait à apporter une aide à la plantation de lavande et un soutien à la recherche de variétés plus productives et de moyens de mécaniser la culture. Il comportait aussi un volet promotion de la lavande et des huiles essentielles qui en sont issues.
Les plantes à parfum et médicinales sont des productions très concurrentielles car elles ne bénéficient ni de soutiens à la production, ni d’aides à l’exportation, ni de système de préférence communautaire. Un facteur important pour les plantes à parfum, exportées pour 80 % d’entre elles, contrairement aux plantes médicinales commercialisées essentiellement sur le marché français. « Le lavandin est une production très spéculative, complète Alain De Laurence. Dès que les prix augmentent, les producteurs accroissent leur surface de production, d’où l’établissement de stock et une chute des prix. » Pour réduire ce phénomène, les producteurs ont décidé la mise en place de quotas de commercialisation, fixés annuellement par le Comité interprofessionnel des huiles essentielles françaises.

Des filières complexes

50 % des producteurs de plantes à parfum font partie d’une organisation de producteurs, les autres préférant rester indépendants. « La lavande et le lavandin sont transformés dans des distilleries régionales en huiles essentielles, qui seront utilisées par un négociant transformateur pour la production de parfum », explique Alain De Laurence. Les huiles essentielles de lavandin sont destinées à la parfumerie fonctionnelle (lessive, savon, assouplissant… soit 1 350 t en 2001) et celles de lavande à la parfumerie de luxe (60 t en 2001). Les grands groupes de parfumerie fonctionnelle (Procter, Unilever) ou les grandes marques de parfum de luxe lancent un appel d’offres aux maisons de parfumerie pour la création d’un parfum, celles-ci allant alors s’approvisionner chez un des négociants transformateurs.
Pour les plantes médicinales, la production est soit intégrée avec un laboratoire, soit ce sont des producteurs indépendants ou des organisations de producteurs qui passent des contrats avec les laboratoires homéopathiques. Dans ce secteur, il faut noter que la cueillette reste importante.
« Les plantes à parfum vont certainement encore se développer en raison de l’attrait du consommateur pour les parfums naturels, commente Alain De Laurence. Mais, les plantes médicinales sont soumises à une réglementation trop stricte, qui limitent leur expansion alors que le marché est demandeur. »
Les plantes médicinales et à parfum sont une bonne diversification pour une exploitation. En effet, la valorisation est bonne pour le producteur, en particulier pour les plantes à parfum : 11,5 E/kg d’huile essentielle de lavandin et entre 38 et 84 E/kg d’huile essentielle de lavande. Mais ces cultures sont très techniques et nécessitent des aptitudes commerciales, car elles sont soumises au marché mondial et donc à de très grandes fluctuations de prix.