|
DOSSIER
Valorisations non alimentaires
Plantes à parfum et médicinales
La valorisation attire le producteur
Les surfaces en plantes à parfum et médicinales
sont en pleine expansion. Récit du succès dune
filière.
Depuis cinq ans, les plantes à parfum et médicinales
séduisent de plus en plus les agriculteurs : les surfaces
en lavande sont passées de 1 500 hectares en 1995 à
5 000 en 2002 et celles en lavandin de 15 000 à 19 000 hectares
(la France produit 70 % de loffre mondiale pour ces deux plantes).
Pour les plantes médicinales (camomille romaine, valériane,
passiflore, hamamélis
), les surfaces pour chaque culture
ont augmenté mais ne dépassent pas encore 1 000 hectares,
sauf pour le pavot, qui en comptabilise 8 000. « Après
son âge dor dans les années 20-30, la lavande
avait été délaissée par les producteurs
au profit du lavandin, un hybride obtenu par sélection variétale,
moins riche en note parfumée mais bien plus productif, explique
Alain De Laurence, directeur de lOffice national interprofessionnel
des plantes à parfum, aromatiques et médicinales (Onippam).
Alors, pour relancer la production de lavande, nous avons mis en
place un plan de sauvegarde, cofinancé par la France et lUnion
européenne. » Ce plan consistait à apporter
une aide à la plantation de lavande et un soutien à
la recherche de variétés plus productives et de moyens
de mécaniser la culture. Il comportait aussi un volet promotion
de la lavande et des huiles essentielles qui en sont issues.
Les plantes à parfum et médicinales sont des productions
très concurrentielles car elles ne bénéficient
ni de soutiens à la production, ni daides à
lexportation, ni de système de préférence
communautaire. Un facteur important pour les plantes à parfum,
exportées pour 80 % dentre elles, contrairement aux
plantes médicinales commercialisées essentiellement
sur le marché français. « Le lavandin est une
production très spéculative, complète Alain
De Laurence. Dès que les prix augmentent, les producteurs
accroissent leur surface de production, doù létablissement
de stock et une chute des prix. » Pour réduire ce phénomène,
les producteurs ont décidé la mise en place de quotas
de commercialisation, fixés annuellement par le Comité
interprofessionnel des huiles essentielles françaises.
Des filières complexes
50 % des producteurs de plantes à parfum font
partie dune organisation de producteurs, les autres préférant
rester indépendants. « La lavande et le lavandin sont
transformés dans des distilleries régionales en huiles
essentielles, qui seront utilisées par un négociant
transformateur pour la production de parfum », explique Alain
De Laurence. Les huiles essentielles de lavandin sont destinées
à la parfumerie fonctionnelle (lessive, savon, assouplissant
soit 1 350 t en 2001) et celles de lavande à la parfumerie
de luxe (60 t en 2001). Les grands groupes de parfumerie fonctionnelle
(Procter, Unilever) ou les grandes marques de parfum de luxe lancent
un appel doffres aux maisons de parfumerie pour la création
dun parfum, celles-ci allant alors sapprovisionner chez
un des négociants transformateurs.
Pour les plantes médicinales, la production est soit intégrée
avec un laboratoire, soit ce sont des producteurs indépendants
ou des organisations de producteurs qui passent des contrats avec
les laboratoires homéopathiques. Dans ce secteur, il faut
noter que la cueillette reste importante.
« Les plantes à parfum vont certainement encore se
développer en raison de lattrait du consommateur pour
les parfums naturels, commente Alain De Laurence. Mais, les plantes
médicinales sont soumises à une réglementation
trop stricte, qui limitent leur expansion alors que le marché
est demandeur. »
Les plantes médicinales et à parfum sont une bonne
diversification pour une exploitation. En effet, la valorisation
est bonne pour le producteur, en particulier pour les plantes à
parfum : 11,5 E/kg dhuile essentielle de lavandin et entre
38 et 84 E/kg dhuile essentielle de lavande. Mais ces cultures
sont très techniques et nécessitent des aptitudes
commerciales, car elles sont soumises au marché mondial et
donc à de très grandes fluctuations de prix.
|