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SOMMAIRE | N° 577 | Novembre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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La cartonnerie/ papeterie fait partie des deux principaux débouchés de l'amidon avec la pharmacie : vaccins, antibiotiques, enzymes, acides aminés, excipients....

 

 

 


Certains cosmétiques peuvent provenir d'huiles de colza ou de tournesol.

 

Si douce, la crème hydratante à l’avoine...



DOSSIER

Valorisations non alimentaires

Chimie végétale
Un secteur en pleine effervescence

En raison de l’inflation des normes environnementales et des normes de sécurité des utilisateurs, de plus en plus d’industriels de la chimie s’intéressent aux matières premières végétales.

 

Malgré leur coût supérieur aux produits d’origine pétrochimique et le lobbying exercé par les industries pétrolières, les produits chimiques incorporant des matières végétales constituent un marché de plus en plus porteur. Deux grandes filières sont à distinguer : les produits chimiques dérivés de l’amidon et ceux issus des huiles de colza et de tournesol. L’amidonnerie française représente 500 000 hectares de culture et se classe au deuxième rang européen. 55 % de l’amidon vient du blé, 40 % du maïs et 5 % de la pomme de terre (dans ce cas, on parle de fécule). On dénombre six amidonneries ou féculeries (Amylum, Avebe, Cerestar, Chamtor, Roquette et Staral-Syral). « 55 % des débouchés de l’amidon sont non alimentaires, précise Claude Lacadée de l’Association générale des producteurs de maïs. Et ce secteur croît d’environ 3 % par an. » Les débouchés non alimentaires de l’amidon sont nombreux, car il possède beaucoup de propriétés intéressantes : il épaissit, colle, gélifie, agglomère, lie, humidifie, colore, disperse, lubrifie… Ses propriétés adhésives sont utilisées pour la fabrication d’étiquettes, celles de stabilisateur d’émulsion dans le secteur de la peinture. Même l’intérieur de la tige de maïs sert à faire du compost, des litières pour animaux, des matériaux d’isolation ou de chauffage.

Vaccins, couches, pneus…

« Mais les deux principaux débouchés de l’amidon restent la papeterie/
cartonnerie et la pharmacie : vaccins, antibiotiques, enzymes, acides aminés, excipients, encapsulants…, ajoute Claude Lacadée. Et depuis les années 90, une nouvelle utilisation de l’amidon se développe : le plastique. » 16 000 t par an de plastiques sont produits à partir d’amidon : ils sont utilisés dans des produits très divers comme les couches, les couverts jetables, les emballages alimentaires, les films agricoles (paillage pour le maraîchage de plein champ et peut-être bientôt les bâches d’ensilage et d’enrubannage) et même les pneus. La société Novamont a signé un contrat avec Good Year pour que celui-ci fabrique des pneus avec du Mater-Bi, matière plastique dérivée de l’amidon). De nombreux industriels se sont engagés dans la voie des plastiques d’origine agricole : Valagro, Ulice, Deltalène, Barbier et Cargill Dow.
Autre secteur de la chimie végétale : celui des huiles de colza (6 400 hectares) et de tournesol (50 000 hectares) entrant dans la fabrication de tensioactifs, solvants, surfactants qui composent les détergents, adoucissants, cosmétiques, engrais, emballages, peintures… « les industries qui s'intéressent à ce domaine sont de plus en plus nombreuses : Ceca (filiales d'Atofinz), Valagro, Novance, Unigema, Kognis, Henkel » précise Pierre Gatel de l’AGPB. Des lubrifiants verts ont même vu le jour. Enfin, les esters de tournesol ont conquis depuis deux ans le secteur des fluxants : Diester industrie a mis au point Oléflux 18 pour remplacer le xylène polluant, employé pour faciliter l’épandage du bitume. 1 000 tonnes ont été produites en 2001, un chiffre qui pourrait doubler en 2002.

Des débouchés importants pour l’amidon en papeterie et cartonnerie