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DOSSIER
Valorisations non alimentaires
Chimie végétale
Un secteur en pleine effervescence
En raison de linflation des normes environnementales et
des normes de sécurité des utilisateurs, de plus en
plus dindustriels de la chimie sintéressent aux
matières premières végétales.
Malgré leur coût supérieur aux produits dorigine
pétrochimique et le lobbying exercé par les industries
pétrolières, les produits chimiques incorporant des
matières végétales constituent un marché
de plus en plus porteur. Deux grandes filières sont à
distinguer : les produits chimiques dérivés de lamidon
et ceux issus des huiles de colza et de tournesol. Lamidonnerie
française représente 500 000 hectares de culture et
se classe au deuxième rang européen. 55 % de lamidon
vient du blé, 40 % du maïs et 5 % de la pomme de terre
(dans ce cas, on parle de fécule). On dénombre six
amidonneries ou féculeries (Amylum, Avebe, Cerestar, Chamtor,
Roquette et Staral-Syral). « 55 % des débouchés
de lamidon sont non alimentaires, précise Claude Lacadée
de lAssociation générale des producteurs de
maïs. Et ce secteur croît denviron 3 % par an.
» Les débouchés non alimentaires de lamidon
sont nombreux, car il possède beaucoup de propriétés
intéressantes : il épaissit, colle, gélifie,
agglomère, lie, humidifie, colore, disperse, lubrifie
Ses propriétés adhésives sont utilisées
pour la fabrication détiquettes, celles de stabilisateur
démulsion dans le secteur de la peinture. Même
lintérieur de la tige de maïs sert à faire
du compost, des litières pour animaux, des matériaux
disolation ou de chauffage.
Vaccins, couches, pneus
« Mais les deux principaux débouchés de lamidon
restent la papeterie/
cartonnerie et la pharmacie : vaccins, antibiotiques, enzymes, acides
aminés, excipients, encapsulants
, ajoute Claude Lacadée.
Et depuis les années 90, une nouvelle utilisation de lamidon
se développe : le plastique. » 16 000 t par an de plastiques
sont produits à partir damidon : ils sont utilisés
dans des produits très divers comme les couches, les couverts
jetables, les emballages alimentaires, les films agricoles (paillage
pour le maraîchage de plein champ et peut-être bientôt
les bâches densilage et denrubannage) et même
les pneus. La société Novamont a signé un contrat
avec Good Year pour que celui-ci fabrique des pneus avec du Mater-Bi,
matière plastique dérivée de lamidon).
De nombreux industriels se sont engagés dans la voie des
plastiques dorigine agricole : Valagro, Ulice, Deltalène,
Barbier et Cargill Dow.
Autre secteur de la chimie végétale : celui des huiles
de colza (6 400 hectares) et de tournesol (50 000 hectares) entrant
dans la fabrication de tensioactifs, solvants, surfactants qui composent
les détergents, adoucissants, cosmétiques, engrais,
emballages, peintures
« les industries qui s'intéressent
à ce domaine sont de plus en plus nombreuses : Ceca (filiales
d'Atofinz), Valagro, Novance, Unigema, Kognis, Henkel » précise
Pierre Gatel de lAGPB. Des lubrifiants verts ont même
vu le jour. Enfin, les esters de tournesol ont conquis depuis deux
ans le secteur des fluxants : Diester industrie a mis au point Oléflux
18 pour remplacer le xylène polluant, employé pour
faciliter lépandage du bitume. 1 000 tonnes ont été
produites en 2001, un chiffre qui pourrait doubler en 2002.
Des débouchés
importants pour lamidon en papeterie et cartonnerie

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