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OMC
Redistribution des cartes
Alors quen 2003 les négociations agricoles vont
reprendre à lOrganisation mondiale du Commerce, chacun
commence à chercher son camp...
Cest au printemps 2003 que devront reprendre les négociations
sur les dossiers agricoles à lOrganisation mondiale
du commerce. Soit, dici là, une « période
critique de six mois », selon les termes employés début
septembre à Genève (le siège de lOMC)
par le représentant américain Allen Johnson, qui reproche
à lUnion européenne de « ne pas chercher
à faire avancer le programme de négociations ».
Réponse de Bruxelles : lEurope se donne jusquà
janvier prochain pour élaborer et présenter ses propres
propositions.
En prévision de léchéance, les groupes
de pays qui se retrouveront à la table des négociations
commencent à jouer le jeu subtil (pour ne pas dire cynique)
des alliances. Ces groupes, rappelons-le, sont quatre. Un : les
Etats-Unis, la seule superpuissance, comme il est dit maintenant
dans les médias. Deux : lUnion européenne, seule
à pouvoir prétendre, par son poids économique
et sa (relative) cohésion à pouvoir discuter à
peu près à égalité. Trois : le groupe
de Cairns, qui compte dix-huit pays tiers. Quatre : les pays en
développement.
Ce qui semble se dessiner à lapproche des négociations,
cest une double alliance Etats-Unis groupe de Cairns
face à lUnion européenne pays en développement.
Alors que le groupe de Cairns, qui réclame la disparition
de toutes les aides et de toutes les protections, était en
froid avec Washington depuis ladoption du Farm Bill et de
ses soutiens massifs à lagriculture et aux exportations,
la présence à la conférence de presse genevoise
dAllen Johnson de deux représentants du groupe, David
Spencer (Australie) et Susanne Vinet (Canada) a été
vue comme un rapprochement spectaculaire. Dautant que David
Spencer sest dit « très déçu »
de lattitude « déplorable » de lEurope
qui « cherche à renégocier des concessions ».
Bruxelles travaille donc à se concilier lappui de ce
que lon nommait jadis le Tiers-Monde, avec lequel elle avait
une certaine tradition de coopération, notamment avec les
accords préférentiels de Lomé. Mais lOMC
rend caducs ce type daccords, et ce quatrième groupe,
même sil est le plus nombreux, ne pèse rien dans
cette marche à la mondialisation.
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