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SOMMAIRE | N° 576 | Octobre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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OMC

Redistribution des cartes

Alors qu’en 2003 les négociations agricoles vont reprendre à l’Organisation mondiale du Commerce, chacun commence à chercher son camp...

C’est au printemps 2003 que devront reprendre les négociations sur les dossiers agricoles à l’Organisation mondiale du commerce. Soit, d’ici là, une « période critique de six mois », selon les termes employés début septembre à Genève (le siège de l’OMC) par le représentant américain Allen Johnson, qui reproche à l’Union européenne de « ne pas chercher à faire avancer le programme de négociations ». Réponse de Bruxelles : l’Europe se donne jusqu’à janvier prochain pour élaborer et présenter ses propres propositions.
En prévision de l’échéance, les groupes de pays qui se retrouveront à la table des négociations commencent à jouer le jeu subtil (pour ne pas dire cynique) des alliances. Ces groupes, rappelons-le, sont quatre. Un : les Etats-Unis, la seule superpuissance, comme il est dit maintenant dans les médias. Deux : l’Union européenne, seule à pouvoir prétendre, par son poids économique et sa (relative) cohésion à pouvoir discuter à peu près à égalité. Trois : le groupe de Cairns, qui compte dix-huit pays tiers. Quatre : les pays en développement.
Ce qui semble se dessiner à l’approche des négociations, c’est une double alliance Etats-Unis – groupe de Cairns face à l’Union européenne – pays en développement. Alors que le groupe de Cairns, qui réclame la disparition de toutes les aides et de toutes les protections, était en froid avec Washington depuis l’adoption du Farm Bill et de ses soutiens massifs à l’agriculture et aux exportations, la présence à la conférence de presse genevoise d’Allen Johnson de deux représentants du groupe, David Spencer (Australie) et Susanne Vinet (Canada) a été vue comme un rapprochement spectaculaire. D’autant que David Spencer s’est dit « très déçu » de l’attitude « déplorable » de l’Europe qui « cherche à renégocier des concessions ».
Bruxelles travaille donc à se concilier l’appui de ce que l’on nommait jadis le Tiers-Monde, avec lequel elle avait une certaine tradition de coopération, notamment avec les accords préférentiels de Lomé. Mais l’OMC rend caducs ce type d’accords, et ce quatrième groupe, même s’il est le plus nombreux, ne pèse rien dans cette marche à la mondialisation.