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vie syndicale
Agriculture raisonnée
Une base pour la valorisation
Lagriculture raisonnée comme base
de gestion de lexploitation pour mieux sallier avec
la société : cest ce que la journée commune
Jeunes agriculteurs - FNSEA - a permis dexpliquer, tout en
ouvrant largement le débat.
«Combien de points tu as de bons, toi ? dans les 70
%, et toi ? » : dans les ascenseurs, les responsables syndicaux
sessaient à auto-évaluer leur exploitation par
rapport au référentiel de lagriculture raisonnée.
Pour obtenir la qualification, il faut satisfaire à 98 exigences,
dont la moitié est déjà réglementaire.
Mais pour les Jeunes agriculteurs et la FNSEA, le 17 septembre à
Paris, lessentiel était de se retrouver « entre
[soi], pour tout se dire en face ». Lancer la démarche
sur le terrain devenait urgent. En effet, le cadre administratif
négocié de lagriculture raisonnée se
met actuellement en place, suivant six ans de réflexion entérinés
par la signature du décret en avril dernier. Et pour «
pouvoir contrôler la machine », les deux syndicats doivent
simpliquer politiquement. Ce qui revient pour les exploitants
à sengager dans des pratiques agricoles transparentes,
et à les raisonner selon leur impact sur lenvironnement.
Rapprochement avec les
consommateurs
Cette démarche volontaire donne au monde agricole la capacité
de répondre à une attente claire de la société,
tout en anticipant léco-conditionnalité des
aides et les éventuelles crises sanitaires. Une opportunité
de redorer limage du métier auprès de lopinion,
et de se réapproprier la valeur ajoutée des productions.
Pour communiquer en profondeur, rien de tel quune nouvelle
alliance entre les agriculteurs et les consommateurs, préfigurée
par un rapprochement avec lUFC-Que choisir. Une base précieuse
et solide pour espérer tirer à la hausse prix et qualité
par le combat syndical, et pousser les intermédiaires à
suivre cette tendance. Pour les JA en particulier, comme lont
affirmé Jérôme Despey et Philippe Meurs, cette
valorisation doit passer par une « marque collective entre
les mains du producteur et lisible par le consommateur, pour éviter
la récupération par la grande distribution ».
Pour reconnaître et financer les efforts consentis, mais aussi
différencier la production française des importations.
Mais contrairement aux certifications des produits par filière,
lagriculture raisonnée entend être un «
socle transversal » concernant la globalité de lexploitation
et accessible à tout le monde. La qualification nentre
donc en concurrence ni avec les signes de qualité des produits,
ni avec les chartes de bonnes pratiques qui facilitent sa mise en
place. Il ne sagit pas non plus dempiler contraintes
et cahiers des charges : les commissions travaillent actuellement
à les harmoniser pour quenregistrement, déclaration
et audit soient communs à tous les engagements de lagriculteur.
La concertation constructive est possible, si lon croit par
exemple la démarche picarde QualiTerre.
Pour les JA, lagriculture raisonnée est une occasion
de défendre tous les agriculteurs à la fois, en faisant
évoluer le référentiel national et ladaptant
au mieux aux réalités régionales. La qualification
sera toutefois progressive : on attend la première exploitation
pour juin 2003.
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