Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
SOMMAIRE | N° 576 | Octobre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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vie syndicale

Agriculture raisonnée

Une base pour la valorisation

L’agriculture raisonnée comme base de gestion de l’exploitation pour mieux s’allier avec la société : c’est ce que la journée commune Jeunes agriculteurs - FNSEA - a permis d’expliquer, tout en ouvrant largement le débat.

«Combien de points tu as de bons, toi ? – dans les 70 %, et toi ? » : dans les ascenseurs, les responsables syndicaux s’essaient à auto-évaluer leur exploitation par rapport au référentiel de l’agriculture raisonnée. Pour obtenir la qualification, il faut satisfaire à 98 exigences, dont la moitié est déjà réglementaire. Mais pour les Jeunes agriculteurs et la FNSEA, le 17 septembre à Paris, l’essentiel était de se retrouver « entre [soi], pour tout se dire en face ». Lancer la démarche sur le terrain devenait urgent. En effet, le cadre administratif négocié de l’agriculture raisonnée se met actuellement en place, suivant six ans de réflexion entérinés par la signature du décret en avril dernier. Et pour « pouvoir contrôler la machine », les deux syndicats doivent s’impliquer politiquement. Ce qui revient pour les exploitants à s’engager dans des pratiques agricoles transparentes, et à les raisonner selon leur impact sur l’environnement.

Rapprochement avec les consommateurs

Cette démarche volontaire donne au monde agricole la capacité de répondre à une attente claire de la société, tout en anticipant l’éco-conditionnalité des aides et les éventuelles crises sanitaires. Une opportunité de redorer l’image du métier auprès de l’opinion, et de se réapproprier la valeur ajoutée des productions.
Pour communiquer en profondeur, rien de tel qu’une nouvelle alliance entre les agriculteurs et les consommateurs, préfigurée par un rapprochement avec l’UFC-Que choisir. Une base précieuse et solide pour espérer tirer à la hausse prix et qualité par le combat syndical, et pousser les intermédiaires à suivre cette tendance. Pour les JA en particulier, comme l’ont affirmé Jérôme Despey et Philippe Meurs, cette valorisation doit passer par une « marque collective entre les mains du producteur et lisible par le consommateur, pour éviter la récupération par la grande distribution ». Pour reconnaître et financer les efforts consentis, mais aussi différencier la production française des importations.
Mais contrairement aux certifications des produits par filière, l’agriculture raisonnée entend être un « socle transversal » concernant la globalité de l’exploitation et accessible à tout le monde. La qualification n’entre donc en concurrence ni avec les signes de qualité des produits, ni avec les chartes de bonnes pratiques qui facilitent sa mise en place. Il ne s’agit pas non plus d’empiler contraintes et cahiers des charges : les commissions travaillent actuellement à les harmoniser pour qu’enregistrement, déclaration et audit soient communs à tous les engagements de l’agriculteur. La concertation constructive est possible, si l’on croit par exemple la démarche picarde Quali’Terre.
Pour les JA, l’agriculture raisonnée est une occasion de défendre tous les agriculteurs à la fois, en faisant évoluer le référentiel national et l’adaptant au mieux aux réalités régionales. La qualification sera toutefois progressive : on attend la première exploitation pour juin 2003.