Agriclic
SOMMAIRE | N° 576 | Octobre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
Contact   Accueil   Archives   Recherche


Sommaire

 

 

 

 

 

 


Une action régionale menée à Rennes par les JA, pour « dénoncer la pratique des marges arrière et les lacunes de l’étiquetage dans la grande distribution », selon la dépêche AFP.

 

 



vie syndicale

Grandes et moyennes surfaces

Inverser le rapport de forces pour mieux négocier

Toutes les tentatives estivales de conciliation avec les grandes n’ayant rien donné, les JA décident de passer désormais aux actes.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de trouver un compromis cet été... Le secteur qui a paru le plus touché est saisonnier, celui des fruits et légumes. Mais il est loin d’être le seul : les marges arrière insultantes (dans certains cas jusqu’à 50 % du prix affiché en rayons !) dégagées par les grandes et moyennes surfaces (GMS), qui touchent directement le revenu de l’agriculteur sans profiter en quoi que ce soit au consommateur, se retrouvent peu ou prou dans toutes les productions agricoles.
Cette pratique devient une habitude récurrente, que l’on retrouve chaque année, comme en a d’ailleurs témoigné à la commission syndicale des JA le député du Loiret Jean-Paul Charié (UMP), élu depuis 1981 et qui a fait de l’attitude des GMS son cheval de bataille parlementaire. Et cette année particulièrement, la rubrique « échos des campagnes » de JA Magazine regorge d’exemples d’actions menées localement par les JA soit contre des grandes surfaces, soit pour informer le consommateur de la part réelle revenant au producteur sur le produit qu’il paye.
Bien sûr, il faudra bien arriver à négocier, peut-être par des accords tacites avec certaines grandes surfaces (qui s’engageraient à acheter telle qualité de produits sur tels volumes), en n’hésitant pas à dénoncer devant la commission d’examen des pratiques commerciales les plus extravagantes d’entre elles. Par exemple, ces facturations de services qui ne servent strictement à rien et qui n’ont pour seul objectif que d’augmenter la marge arrière.

Le temps de l’action

Mais pour parvenir à ces négociations, il faut d’abord inverser le rapport de forces. Aujourd’hui, l’agriculteur se retrouve trop souvent dans l’obligation d’obtempérer aux exigences des GMS pour pouvoir écouler sa production, fusse à prix bradés. Les filières qualité imaginées en amont lors de certains accords sont reprises par la concurrence... Du moins, dans les appellations données aux produits, car, en linéaires, cette qualité n’a rien de notre terroir « made in France ».
Voilà pourquoi, désormais, les JA veulent passer à l’action. Il ne s’agit en aucun cas de gêner le consommateur, autre victime et qui doit désormais devenir l’allié de l’agriculteur, mais bien d’imposer aux GMS le seul argument qu’elles comprennent, économique. Une solution politique nécessite l’arbitrage des pouvoirs publics, seuls garants de l’équilibre des forces en présence. En attendant, en bloquant les centrales d’achat, à l’image de ce qu’avaient fait les routiers avec les raffineries, c’est la source de revenu de la GMS qui est menacée. L’arroseur arrosé, en somme, qui implique une discussion pour
laquelle l’agriculteur ne sera plus en position de faiblesse pour négocier. Certaines centrales d’achat ont ainsi déjà été éprouvées (lire la rubrique « échos des campagnes » de ce numéro), la généralisation de cette action est, plus que jamais, envisagée. Cette tactique n’est pas nouvelle, mais elle a fait ses preuves. La citation est attribuée à l’empereur romain César : « Si vis pacem, para bellum ; si tu veux la paix, prépare la guerre »...

Les JA contestent l’arrêt pur et simple des CTE


« Si on décidait de réformer les allocations familiales, on attendrait de mettre en place un nouveau dispositif avant de d'arrêter le système en cours », a déclaré Jérôme Despey.

Les CTE, mis en place par le ministère Glavany, sont contestés, et l'ont été en leur temps notamment par les Jeunes agriculteurs. Forts de ce constat, Hervé Gaymard et son équipe ont « suspendu » ce dispositif pendant le mois d'août… Mais sans lui donner, jusqu'alors, de dispositif de substitution, et en prolongeant cette suspension de manière indéterminée. « Si on décidait de réformer les allocations familiales, on attendrait de mettre en place un nouveau dispositif avant de d'arrêter le système en cours », a déclaré Jérôme Despey, président des Jeunes agriculteurs, lors de la conférence annonçant le programme de la finale du concours de labour. Les JA estiment aujourd’hui, en effet, que les CTE doivent être rétablis jusqu'à ce qu'arrive les nouveaux contrats, dont la formule définitive est actuellement recherchée par les services du ministère. L’enjeu est, ni plus ni moins, une partie du financement agricole. « S'il s'agit de remplacer les CTE, je suis d’accord, mais si l’enjeu consiste à faire des économies sur le dos des agriculteurs, que l’on ne compte pas sur moi pour cautionner cela », a encore déclaré Jérôme Despey.
En réponse, l'actuel ministre de l'Agriculture a promis, lors du concours de labour aveyronnais, que « tous les CTE passés avant leur arrêt seraient honorés ». Une première écoute, qui montre son attention aux revendications des JA. Mais ces derniers attendent surtout avec impatience l’arrivée des mesures nouvelles qui permettront aux agriculteurs de gérer leurs exploitations et leurs nécessaires aménagements dans les meilleures conditions.