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vie syndicale
Grandes et moyennes surfaces
Inverser le rapport de forces
pour mieux négocier
Toutes les tentatives estivales de conciliation
avec les grandes nayant rien donné, les JA décident
de passer désormais aux actes.
Ce nest pourtant pas faute davoir essayé de
trouver un compromis cet été... Le secteur qui a paru
le plus touché est saisonnier, celui des fruits et légumes.
Mais il est loin dêtre le seul : les marges arrière
insultantes (dans certains cas jusquà 50 % du prix
affiché en rayons !) dégagées par les grandes
et moyennes surfaces (GMS), qui touchent directement le revenu de
lagriculteur sans profiter en quoi que ce soit au consommateur,
se retrouvent peu ou prou dans toutes les productions agricoles.
Cette pratique devient une habitude récurrente, que lon
retrouve chaque année, comme en a dailleurs témoigné
à la commission syndicale des JA le député
du Loiret Jean-Paul Charié (UMP), élu depuis 1981
et qui a fait de lattitude des GMS son cheval de bataille
parlementaire. Et cette année particulièrement, la
rubrique « échos des campagnes » de JA Magazine
regorge dexemples dactions menées localement
par les JA soit contre des grandes surfaces, soit pour informer
le consommateur de la part réelle revenant au producteur
sur le produit quil paye.
Bien sûr, il faudra bien arriver à négocier,
peut-être par des accords tacites avec certaines grandes surfaces
(qui sengageraient à acheter telle qualité de
produits sur tels volumes), en nhésitant pas à
dénoncer devant la commission dexamen des pratiques
commerciales les plus extravagantes dentre elles. Par exemple,
ces facturations de services qui ne servent strictement à
rien et qui nont pour seul objectif que daugmenter la
marge arrière.
Le temps de laction
Mais pour parvenir à ces négociations, il faut dabord
inverser le rapport de forces. Aujourdhui, lagriculteur
se retrouve trop souvent dans lobligation dobtempérer
aux exigences des GMS pour pouvoir écouler sa production,
fusse à prix bradés. Les filières qualité
imaginées en amont lors de certains accords sont reprises
par la concurrence... Du moins, dans les appellations données
aux produits, car, en linéaires, cette qualité na
rien de notre terroir « made in France ».
Voilà pourquoi, désormais, les JA veulent passer à
laction. Il ne sagit en aucun cas de gêner le
consommateur, autre victime et qui doit désormais devenir
lallié de lagriculteur, mais bien dimposer
aux GMS le seul argument quelles comprennent, économique.
Une solution politique nécessite larbitrage des pouvoirs
publics, seuls garants de léquilibre des forces en
présence. En attendant, en bloquant les centrales dachat,
à limage de ce quavaient fait les routiers avec
les raffineries, cest la source de revenu de la GMS qui est
menacée. Larroseur arrosé, en somme, qui implique
une discussion pour
laquelle lagriculteur ne sera plus en position de faiblesse
pour négocier. Certaines centrales dachat ont ainsi
déjà été éprouvées (lire
la rubrique « échos des campagnes » de ce numéro),
la généralisation de cette action est, plus que jamais,
envisagée. Cette tactique nest pas nouvelle, mais elle
a fait ses preuves. La citation est attribuée à lempereur
romain César : « Si vis pacem, para bellum ; si tu
veux la paix, prépare la guerre »...
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Les JA contestent larrêt pur
et simple des CTE
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« Si on décidait de réformer
les allocations familiales, on attendrait de mettre en place
un nouveau dispositif avant de d'arrêter le système
en cours », a déclaré Jérôme
Despey.
Les CTE, mis en place par le ministère
Glavany, sont contestés, et l'ont été
en leur temps notamment par les Jeunes agriculteurs. Forts
de ce constat, Hervé Gaymard et son équipe ont
« suspendu » ce dispositif pendant le mois d'août
Mais sans lui donner, jusqu'alors, de dispositif de substitution,
et en prolongeant cette suspension de manière indéterminée.
« Si on décidait de réformer les allocations
familiales, on attendrait de mettre en place un nouveau dispositif
avant de d'arrêter le système en cours »,
a déclaré Jérôme Despey, président
des Jeunes agriculteurs, lors de la conférence annonçant
le programme de la finale du concours de labour. Les JA estiment
aujourdhui, en effet, que les CTE doivent être
rétablis jusqu'à ce qu'arrive les nouveaux contrats,
dont la formule définitive est actuellement recherchée
par les services du ministère. Lenjeu est, ni
plus ni moins, une partie du financement agricole. «
S'il s'agit de remplacer les CTE, je suis daccord, mais
si lenjeu consiste à faire des économies
sur le dos des agriculteurs, que lon ne compte pas sur
moi pour cautionner cela », a encore déclaré
Jérôme Despey.
En réponse, l'actuel ministre de l'Agriculture a promis,
lors du concours de labour aveyronnais, que « tous les
CTE passés avant leur arrêt seraient honorés
». Une première écoute, qui montre son
attention aux revendications des JA. Mais ces derniers attendent
surtout avec impatience larrivée des mesures
nouvelles qui permettront aux agriculteurs de gérer
leurs exploitations et leurs nécessaires aménagements
dans les meilleures conditions.
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