LUCAS G - La goulotte universelle!
SOMMAIRE | N° 575 | Septembre 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Michel Lacoste, Secrétaire général des Jeunes agriculteurs



ÉDITO

Consommateurs, agriculteurs, même combat !

Les propositions du commissaire Fischler sont tombées. Plus que jamais, nous devons promouvoir notre projet. Dès le 16 juillet, au lendemain du Conseil des ministres européens, nous avons manifesté directement auprès de Franz Fischler notre détermination à garder une agriculture diversifiée avec des paysans nombreux et vivant du prix de leurs produits. Nous rejetons le projet Fischler et avons des arguments pour cela. En effet, la poursuite de la logique libérale fondée sur la baisse des prix et l’ouverture au marché mondial prônée par la Commission tourne le dos à notre projet. Au contraire, nous, Jeunes agriculteurs, nous pensons que seule une politique de prix rémunérateurs peut concilier un revenu décent pour les agriculteurs et les réponses aux attentes de nos concitoyens en terme de qualité, d’environnement, ou d’aménagement du territoire… A nous, donc, de communiquer notre projet. Déjà chez nous, dans le réseau. Ensuite vers l’opinion publique et les médias.

Avoir l’opinion publique avec soi est essentiel. Nous avons les mêmes intérêts que les consommateurs. Pour nous, c’est une évidence, mais la situation est telle que nous sommes dans l’obligation de l’expliquer. Et de convaincre. On ne s’improvise pas communicants, alors faisons ce que nous savons faire : multiplions les visites d’exploitation et les opérations grand public, créons des liens avec les journalistes – certains nous ont dénigrés hier, d’autres nous aideront demain – à travers des rencontres informelles, utilisons nos outils comme le mémorandum, nos analyses de la réforme ou, tout simplement, JA magazine…

Faisons valoir la raison auprs des grandes surfaces, pour le bien de tous, consommateurs et agriculteurs

Créer un axe avec les consommateurs devient également indispensable pour régler les crises conjoncturelles. Prenons celles de cet été, qui touchent tant les fruits et légumes que la viticulture. Elles ont un point commun : les grandes et moyennes surfaces (GMS). Les consommateurs sont les premiers concernés par cette crise. Les prix que doivent payer les clients des grandes surfaces sont toujours plus hauts, ceux qui sont versés aux producteurs toujours plus bas. La valeur ajoutée
de nos produits ne remplit que les poches des intermédiaires. Faisons valoir la raison auprès des grandes surfaces, pour le bien de tous, consommateurs et producteurs.

Répondre aux attentes des consommateurs passe aussi par le renouvellement des générations. Nous devons veiller à ce qu’un contexte propice à l’installation persiste au fil du temps. Aujourd’hui, les menaces sont multiples, lourdes, plus fortes peut-être qu’elles n’ont jamais été. Ce n’est certainement pas le moment de baisser les bras, au contraire ! L’avenir de l’agriculture, du métier que nous avons choisi et qui nous tient à cœur, c’est l’installation. Nous ne pouvons pas laisser se dégrader davantage la situation sous peine de voir les jeunes se tourner inexorablement vers d’autres horizons… Toutes les conditions indispensables à l'exercice de notre métier doivent donc être réunies : une politique agricole fondée sur les hommes, des prix rémunérateurs, une véritable politique de renouvellement de générations qui passe par :
- la promotion de notre métier,
- une vraie dynamique de transmission,
- l'engagement de tous au niveau local,
- un dispositif d'installation axé sur les besoins du jeune agriculteur.
Pour continuer à vivre du prix de nos produits, mobilisons-nous, ici et maintenant.