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vie syndicale
Entretien avec le président
Jérôme Despey :
«Notre valeur ajoutée est spoliée par les grandes
surfaces»
Jérôme Despey donne les priorités
de son mandat : mieux faire passer les messages vers lextérieur,
préserver l'avenir de la Pac, concrétiser sur le terrain
le renouvellement des générations et cest
lactualité régler enfin le problème
posé par les grandes surfaces.
Qu'est-ce qui vous a le
plus étonné depuis votre élection au poste
de président des Jeunes agriculteurs ?
Je suis arrivé dans une période où nous étions
en plein débat sur la proposition du commissaire Fischler
pour la révision de la Pac à mi-parcours. Il a fallu
aller au feu d'emblée. J'ai été largement étonné
de l'angle d'attaque du commissaire Fischler de fustiger l'agriculture
française et ses paysans en prenant comme argument lenvironnement,
la qualité ou le bien-être animal. Jai trouvé
ça profondément choquant et gonflé de sa part.
Et ce qui a suivi : les médias nous ont traités de
productivistes, ont dit que nous navions pas fait les efforts
nécessaires. Cela ma surpris : je croyais que nous
avions fait un grand pas dans la communication et que nous avions
ancré certains messages dans lopinion publique et les
esprits. Or, cest tout le contraire. Rien nest acquis,
et à la première occasion, les vieux clichés
réapparaissent. Ça ma choqué
Cela signifie-t-il que cette communication
envers les médias devient une priorité du mandat ?
Il est clair quune de nos priorités est de lier des
partenariats avec des associations de consommateurs, dautres
associations, ou les médias. Sur ce mandat-là, nous
devons faire ce travail. Nos messages sont désormais connus
: préférence communautaire, maîtrise de la production,
valorisation de la qualité
Il faut continuer à
les porter dans le giron agricole, mais aller au-delà, sur
la scène internationale, mais aussi avec dautres styles
dactions, avec ces partenariats cités plus hauts. Ces
associations de consommateurs ou ces médias, il faut quils
viennent sur nos exploitations : les clichés trop faciles,
qui ne sont pas une généralisation de lagriculture,
ne résisteront pas à lépreuve du terrain.
Et pourtant, léquipe précédente
a déjà fait du bon travail...
Bien sûr, nous avons nos acquis ! Le travail de fond a été
fait. Le mémorandum sur la Pac, nos positionnements
Cest une excellente base. Mais aujourdhui, le constat
est là, nos participations avec Terre Attitude ou au Salon
de lagriculture ne sont plus suffisantes. Dans les mois qui
viennent, nous avons la finale du concours de labour, le projet
« acteurs de nos montagnes », le congrès mondial
: nous devons parvenir à laboutissement de tous les
partenariats pour faire entendre notre voix. Ce serait mieux si,
à larrivée, les associations de consommateurs
pouvaient parler en bien de lagriculture et des paysans. Quelles
soient convaincues ! Mais nous sommes très loin, aujourdhui,
de ce résultat.
Parlons de linstallation. Où
en est le chantier du renouvellement des générations
?
Nous avons un objectif, dès ce deuxième semestre
2002 : aboutir à des projets précis. La voie est tracée.
Une foule didées ont été émises,
désormais il faut concrétiser, cest-à-dire
dabord définir ce qui est immédiatement réalisable,
et le faire. Reprenons nos quatre axes. Pour la promotion du métier,
de nombreuses propositions Ndlr : créer une chaîne
du vivant, faire un trivial pursuit
ont été
lancées, nous devons maintenant établir une liste
de celles que nous allons concrétiser. Le parcours à
linstallation doit être toiletté, sans remettre
en cause laspect économique. La politique de transmission
est fiscalement complexe ; là encore, il sagit de la
rendre lisible, compréhensible et plus incitative. Enfin,
les partenariats. Nous pouvons tracer un sillon national, mais je
souhaite que linitiative locale prenne toute sa valeur.
Retour sur la Pac. Quelle action mener
à présent ?
Nous allons continuer à défendre largement nos positions,
en rejetant la proposition Fischler. Nous le disions au congrès,
nous voulons vivre du prix de nos produits, en maintenant la production
dans une adéquation entre loffre et la demande à
lintérieur de grands ensembles régionaux protégés.
Fondons-nous sur le mémorandum pour nos arguments actuels,
tout en sachant quil faudra réfléchir à
laprès 2006, après élargissement, quand
on sait quon ne va pas avoir des budgets extensibles au niveau
de lUnion européenne alors que nous serons plus nombreux
à nous partager ces budgets
Une question dactualité
pour finir : comment faire entendre raison aux grandes surfaces
?
Ce sera la rentrée syndicale. Au-delà du contexte
international, il existe un vrai problème en France avec
les grandes surfaces par rapport aux marges et aux pratiques commerciales
en général. Il faut un véritable encadrement
des marges dans ce pays. Il y en a assez de se faire spolier notre
valeur ajoutée par les grandes surfaces. On en a ras-le-bol
que les grandes surfaces ne marchent que par la pression. Il sagit
là dun vrai débat que nous voulons voir trancher
par les pouvoirs publics. Au niveau des Jeunes agriculteurs, nous
allons surveiller de très près les agissements des
centrales dachat. Dans le prix le plus bas, on sait très
bien quil y en a qui sen mettent plein les poches. Nous
ne pouvons laisser faire...
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