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SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Sommaire

 


De l'Aveyron
à Clermont-Ferrand

Les propositions du rapport d’orientation

Elaborer une politique agricole europeénne qui:


• respecte la préférence communautaire ;
• impose une maîtrise de la production agricole dans tous les Etats-membres ;
• aménage son droit à la concurrence.

Responsabiliser les agriculteurs en les convainquant de la nécessité de:

• s’intéresser à la commercialisation et
à la transformation de leurs productions et
d’être compétents dans ces domaines ;
• s’investir dans les coopératives et les
interprofessions agricoles pour pouvoir influer davantage dans les décisions.

Persuader les agriculteurs de l’intérêt
de nouer des alliances avec les consommateurs:


• les agriculteurs doivent s’engager à répondre aux attentes des consommateurs, mais ces derniers doivent accepter de rémunérer
les efforts consentis ;
• pour rétablir la confiance des consommateurs, la profession agricole doit apprendre à communiquer de manière positive sur
ses pratiques et s’engager massivement
dans l’agriculture raisonnée, en créant
une marque de producteurs pour obtenir
une meilleure valorisation des produits issus de cette démarche.



L’événement

36e congrès des JA à Périgueux - Rapport d’orientation

Vivre du prix de nos produits
ici et maintenant

En droite ligne d’Annecy-le-Vieux, le rapport d’orientation avance des pistes concrètes pour obtenir des prix rémunérateurs.

Après avoir bouleversé un certain nombre d’idées reçues à Annecy-le-Vieux, en 2001, en parlant de maîtrise de production et de régulation des échanges, les Jeunes agriculteurs proposent, pour obtenir des prix rémunérateurs, plusieurs mises en pratique.
Chaque acteur, qui fait partie ou influe sur le secteur agricole, doit prendre ses responsabilités. Les pouvoirs publics français d’abord, en arbitrant davantage les relations entre les opérateurs des filières de production et en veillant à la bonne application des lois (loi sur les nouvelles régulations économiques notamment) ; sans oublier leur rôle de défenseur d’une politique agricole européenne, qui impose la préférence communautaire, la maîtrise de l’offre et l’aménagement du droit de la concurrence. « Pour une meilleure rémunération de nos produits, il faut se protéger des importations massives de denrées agricoles à bas prix, en provenance de pays tiers, complète Thierry Uhlmann. Par ailleurs, moraliser les pratiques commerciales au niveau
européen permettrait, aux agriculteurs, d’être mieux armés pour négocier, avec les distributeurs, le prix de vente de leurs produits. »
Autre levier d’action pour rémunérer les produits agricoles par les prix : la reconquête des organisations professionnelles et économiques par les agriculteurs. « Au lieu de critiquer ces outils, créés par la profession elle-même, les agriculteurs doivent se mobiliser pour que les coopératives redeviennent de véritables partenaires économiques et les interprofessions, des structures qui améliorent, au sein des
filières, la transparence des règles, des prix et des marges », explique Philippe Meurs. Pour cela, il faut que les agriculteurs s’intéressent davantage à la destination de leurs produits et acquièrent des connaissances sur la commercialisation et les marchés agricoles.
Enfin, selon les Jeunes agriculteurs, les producteurs doivent apprendre à communiquer de façon positive sur leur métier. Effectivement, restaurer la confiance des consommateurs a pour objectif à terme de nouer des alliances avec eux : les agriculteurs s’engageraient à améliorer continuellement la traçabilité et la
sécurité sanitaire des produits, tout en respectant l’environnement, et les consommateurs, en retour, accepteraient de rémunérer ces efforts. « L’agriculture raisonnée s’inscrit parfaitement dans cette logique, souligne Claude Skrzypczak. La mise en œuvre de pratiques raisonnées doit s’accompagner d’une meilleure valorisation des produits qui en sont issus et non devenir une simple condition d’accès au marché. Il faut également éviter que les distributeurs tirent, une fois de plus, les bénéfices des efforts que nous réalisons. C’est pourquoi, nous voulons créer une marque de producteur. »
Suite à la traditionnelle séance des amendements, riche en débats, notamment sur la coopération et sur la communication vers le grand public, le rapport a été adopté avec 19 abstentions et 2 votes contre.

 

Les trois rapporteurs

Philippe Meurs
(Aisne)
Claude Skrzypczak
(Creuse)
Thierry Uhlmann
(Bas-Rhin)

« Vivre du prix de nos produits, c’est reconquérir la valeur ajoutée qui a échappé au monde agricole.Cela implique la responsabilisation de
l’ensemble des acteurs qui composent ou agissent sur les filières : les organismesde collecte, les transformateurs, les distributeurs, les
consommateurs, sans oublier les agriculteurs eux-mêmes.
« La présentation du rapport aux administrateurs régionaux est une excellente expérience pour les rapporteurs : elle nous donne l’opportunité de faire passer les idées des Jeunes agriculteurs et de les faire partager. De plus, nous sentons grâce à elle les sensibilités des différentes régions et elle permet d’enrichir notre analyse grâce à celle de nos interlocuteurs. »

« Dans notre rapport d’orientation, nous avons souhaité que la société civile et les consommateurs soient au cœur du débat agricole et alimentaire. Nous devons nouer avec eux une relation de proximité afin d’établir un véritable
contrat de confiance, ce qui favorisera l’émergence de comportements plus
rationnels chez les uns comme chez les autres.
« Si le rapport a été bien perçu par l’ensemble des régions, certaines se sont montrées dubitatives quant à la possibilité d’être, un jour, sur la même longueur d’onde avec les consommateurs. D’autres craignent que les lourdeurs administratives freinent la mise en place de l’agriculture raisonnée. »
« Depuis le rapport d’Annecy-le-Vieux, nos idées sur les prix rémunérateurs font leur bonhomme de chemin, mais pour que les mentalités de certains de nos dirigeants fassent un virage à 180°, il y a un pas de Gulliver à franchir.
« Lors de la tournée régionale, j’ai été surpris
d’entendre parfois les mêmes remarques que celles formulées aux trois rapporteurs l’année dernière, à savoir les réticences de certaines régions, tournées vers l’export, à maîtriser la production au sein
d’ensembles régionaux à productivité comparable.
Je pensais qu’il y aurait plutôt des questions ou
des débats sur les thèmes importants du rapport d’orientation 2002 comme la nécessité, pour les
agriculteurs, de reprendre en main la destinée de
leurs produits, en s’efforçant d’acquérir de nouvelles compétences et en s’investissant davantage dans les organisations économiques. »