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Lévénement
36e congrès des JA à Périgueux
- Rapport dorientation
Vivre du prix de nos produits
ici et maintenant
En droite ligne dAnnecy-le-Vieux, le rapport
dorientation avance des pistes concrètes pour obtenir
des prix rémunérateurs.
Après avoir bouleversé un certain nombre didées
reçues à Annecy-le-Vieux, en 2001, en parlant de maîtrise
de production et de régulation des échanges, les Jeunes
agriculteurs proposent, pour obtenir des prix rémunérateurs,
plusieurs mises en pratique.
Chaque acteur, qui fait partie ou influe sur le secteur agricole,
doit prendre ses responsabilités. Les pouvoirs publics français
dabord, en arbitrant davantage les relations entre les opérateurs
des filières de production et en veillant à la bonne
application des lois (loi sur les nouvelles régulations économiques
notamment) ; sans oublier leur rôle de défenseur dune
politique agricole européenne, qui impose la préférence
communautaire, la maîtrise de loffre et laménagement
du droit de la concurrence. « Pour une meilleure rémunération
de nos produits, il faut se protéger des importations massives
de denrées agricoles à bas prix, en provenance de
pays tiers, complète Thierry Uhlmann. Par ailleurs, moraliser
les pratiques commerciales au niveau
européen permettrait, aux agriculteurs, dêtre
mieux armés pour négocier, avec les distributeurs,
le prix de vente de leurs produits. »
Autre levier daction pour rémunérer les produits
agricoles par les prix : la reconquête des organisations professionnelles
et économiques par les agriculteurs. « Au lieu de critiquer
ces outils, créés par la profession elle-même,
les agriculteurs doivent se mobiliser pour que les coopératives
redeviennent de véritables partenaires économiques
et les interprofessions, des structures qui améliorent, au
sein des
filières, la transparence des règles, des prix et
des marges », explique Philippe Meurs. Pour cela, il faut
que les agriculteurs sintéressent davantage à
la destination de leurs produits et acquièrent des connaissances
sur la commercialisation et les marchés agricoles.
Enfin, selon les Jeunes agriculteurs, les producteurs doivent apprendre
à communiquer de façon positive sur leur métier.
Effectivement, restaurer la confiance des consommateurs a pour objectif
à terme de nouer des alliances avec eux : les agriculteurs
sengageraient à améliorer continuellement la
traçabilité et la
sécurité sanitaire des produits, tout en respectant
lenvironnement, et les consommateurs, en retour, accepteraient
de rémunérer ces efforts. « Lagriculture
raisonnée sinscrit parfaitement dans cette logique,
souligne Claude Skrzypczak. La mise en uvre de pratiques raisonnées
doit saccompagner dune meilleure valorisation des produits
qui en sont issus et non devenir une simple condition daccès
au marché. Il faut également éviter que les
distributeurs tirent, une fois de plus, les bénéfices
des efforts que nous réalisons. Cest pourquoi, nous
voulons créer une marque de producteur. »
Suite à la traditionnelle séance des amendements,
riche en débats, notamment sur la coopération et sur
la communication vers le grand public, le rapport a été
adopté avec 19 abstentions et 2 votes contre.
Les trois rapporteurs
Philippe Meurs
(Aisne) |
Claude Skrzypczak
(Creuse) |
Thierry Uhlmann
(Bas-Rhin) |
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« Vivre du prix de nos produits, cest reconquérir
la valeur ajoutée qui a échappé au
monde agricole.Cela implique la responsabilisation de
lensemble des acteurs qui composent ou agissent sur
les filières : les organismesde collecte, les transformateurs,
les distributeurs, les
consommateurs, sans oublier les agriculteurs eux-mêmes.
« La présentation du rapport aux administrateurs
régionaux est une excellente expérience pour
les rapporteurs : elle nous donne lopportunité
de faire passer les idées des Jeunes agriculteurs
et de les faire partager. De plus, nous sentons grâce
à elle les sensibilités des différentes
régions et elle permet denrichir notre analyse
grâce à celle de nos interlocuteurs. »
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« Dans notre rapport dorientation,
nous avons souhaité que la société civile
et les consommateurs soient au cur du débat agricole
et alimentaire. Nous devons nouer avec eux une relation de
proximité afin détablir un véritable
contrat de confiance, ce qui favorisera lémergence
de comportements plus
rationnels chez les uns comme chez les autres.
« Si le rapport a été bien perçu
par lensemble des régions, certaines se sont
montrées dubitatives quant à la possibilité
dêtre, un jour, sur la même longueur donde
avec les consommateurs. Dautres craignent que les lourdeurs
administratives freinent la mise en place de lagriculture
raisonnée. » |
« Depuis le rapport dAnnecy-le-Vieux,
nos idées sur les prix rémunérateurs
font leur bonhomme de chemin, mais pour que les mentalités
de certains de nos dirigeants fassent un virage à 180°,
il y a un pas de Gulliver à franchir.
« Lors de la tournée régionale, jai
été surpris
dentendre parfois les mêmes remarques que celles
formulées aux trois rapporteurs lannée
dernière, à savoir les réticences de
certaines régions, tournées vers lexport,
à maîtriser la production au sein
densembles régionaux à productivité
comparable.
Je pensais quil y aurait plutôt des questions
ou
des débats sur les thèmes importants du rapport
dorientation 2002 comme la nécessité,
pour les
agriculteurs, de reprendre en main la destinée de
leurs produits, en sefforçant dacquérir
de nouvelles compétences et en sinvestissant
davantage dans les organisations économiques. » |
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