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SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Dans le musée, deux taureaux naturalisés : le Carmargue avec ses cornes en forme de lyre (à gauche) et le taureau Brave avec ses cornes cintrées vers l'avant.


La dernière affiche de la feria de Nîmes en mai 2002.



MAGAZINE

DÉCOUVERTE

Le musée d’El toro

Le premier musée taurin français a vu le jour cette année à Nîmes.
En quelques passes, visites guidées.

ANîmes (Gard), le 9 mai, a été inauguré le musée des cultures taurines. Sa naissance correspond au cinquantenaire de la feria* qui a lieu chaque année au moment de la Pentecôte. A cette occasion, spectacles taurins (courses camarguaises et corridas), défilés folkloriques, danses… se succèdent, accompagnés par de nombreux orchestres et bodegas (bars) essaimés dans les différents quartiers de la ville, où règne une ambiance de fête et de liesse.
Cette fois-ci, en plus des traditionnelles festivités, le public a découvert le tout nouveau musée des cultures taurines qui a vu le jour, grâce à la volonté de l’association des amis du musée taurin et d’autres passionnés de tauromachie*.
Unique en son genre, ce premier musée taurin français est installé près des arènes de Nîmes, magnifique vestige de l’architecture romaine. Labellisé par la direction des musées de France, il se veut le lieu de mémoire des différents modes d’expression de la tauromachie qui faisait défaut à la Camargue, pourtant imprégnée depuis des siècles par cet animal mythique qu’est le taureau.
Probable descendant du grand taureau sauvage ou auroch de la Préhistoire, symbole de force, d’admiration et de vénération pendant des millénaires, le taureau Camargue et le taureau espagnol Brave qui peuplent la Camargue depuis des siècles,
seraient originaires de Crète. Après avoir atteint la Toscane en Italie, ils se sont dispersés sur tout le pourtour méditerranéen, de la Camargue à l’Andalousie sur des terres sauvages ou des marais non peuplés, et s’y sont installés.

Les élevages d'une passion

Aujourd’hui, en Camargue, 90 % du territoire sont réservés aux taureaux. 130 élevages ou manades y vivent. La plupart (une centaine) ont opté pour des taureaux Camargue à corne en forme de lyre (11 000 têtes) qui sont d’abord élevés pour leur viande qui bénéficie d'une AOC depuis 1996. Certains sont aussi destinés aux courses camarguaises* qui se déroulent chaque l’été pendant les fêtes votives* des villages du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. Les autres sont des élevages de taureaux espagnols, 5 000 têtes (à cornes cintrées vers l’avant).
5 % d'entre eux iront affronter les toreros dans les corridas, autre grand jeu taurin, passager incontournable des ferias, comme Nîmes, Béziers ou Arles pour les principales, qui attirent de nombreux aficionados (amateurs de courses de taureau).
Si le musée a pu être ouvert, c’est d'abord par le rachat d’un fond du Musée andalou, mais surtout grâce à des prêts ou des dons divers de collectionneurs. Parmi ceux-là, de nombreuses œuvres de Claude Viallat, peintre fou de tauromachie ou d’autres aficionados comme André Castel, ethnologue, qui a vendu sa collection de photos, sculptures, peintures à la ville il y a presque cinquante ans.
Dans les dédales du musée, on tombe nez à nez avec des animaux naturalisés comme Vovo ou Goya, célèbres taureaux Camargue qui ont déchaîné les foules pendant les courses camarguaises. On peut aussi y admirer des iconographies rares, des affiches anciennes, gravures et peintures magnifiques de toutes les époques sur tous les jeux taurins. On y trouve même quelques céramiques originales de Picasso. Des trésors qui appartiennent à la culture médierranéenne, de l’Andalousie à la Camargue.
Un étage du musée est consacrée à la feria de Nîmes, dont la corrida est indissociale. Y sont exposés les « habits de lumière » des plus grands toreros et pour se mettre dans l’ambiance, on peut revoir les images des corridas les plus prestigieuses. On s’y croirait.
Pourtant « ce n’est qu’en 2005, après des travaux importants, que le musée, qui comptera alors trois étages, pourra faire admirer toutes les merveilles qu’il possède », ajoute Patrick Siméon, régisseur du musée, ancien razeteur* et bien sûr passionné de tauromachie.

Annie dennequin

Le musée des cultures taurines est ouvert tous les jours, sauf le lundi, de 10 h à 18 h et de 10 h à 22 h pendant la feria.
*Feria : fête célébrée dans de nombreuses villes d’Espagne et dans certaines du sud de la France, qui implique obligatoirement des jeux taurins.
*Tauromachie : ensemble des jeux taurins.
*Course camarguaise : course libre, course à la cocarde reconnue comme spectacle sportif depuis 1975.
*Fête votive : fête qui se déroule dans lesvillages du sud (Gard, Hérault, Bouches-du Rhône) durant l’été et qui implique obligatoirement la présence de manifestations taurines.
*Razeteur : celui qui pratique l’art du razet, mouvement qui consiste à s’approcher aussi près que possible du taureau pour lui enlever ses attributs, la cocarde (courses camarguaises).