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machinisme
Débroussailleuse
Toujours plus de solutions
Equipement non productif mais néanmoins utile, linvestissement
dans une débroussailleuse dentrée de gamme a
tout son sens. A condition de respecter certaines règles,
afin de ne pas grever le budget à lusage.
LMême dans le cadre dun investissement collectif, lachat
dun groupe de débroussaillage nautorise guère
de fantaisie. Ni productive ni indispensable, la débroussailleuse
est nécessairement utilisée avec parcimonie par les
différents co-propriétaires. Résultat, les
machines ne réalisent guère plus de 150 à 200
h/an. Cest en tout cas ce que lon observe sur le terrain.
A ce niveau, pour que les coûts horaires restent acceptables,
le choix passe automatiquement par une machine de base, soit un
achat de moins de 10 000 euros. Car il faut intégrer, en
prime, des frais dentretien élevés, pouvant
représenter 30 à 40 % du coût de revient global.
Il sagit en effet dun matériel particulièrement
exposé à lusure, sinon à la casse. Le
passage de la machine entre différentes mains, et sur différents
tracteurs, est à cet égard un facteur aggravant. Le
tableau peut paraître sombre. Mais il nest pas dissuasif
pour autant. « Moyennant certaines précautions,
les débroussailleuses dentrée de gamme donnent
satisfaction, relève Michel Parsy, animateur à la
Fédération des Cuma de la Vendée. Cest
moins la marque de la machine que la solidarité de son attelage
avec le porteur, la dextérité de conduite ou encore
lentretien qui font la différence au niveau du coût
de revient final. Il ne faut pas non plus demander à une
machine et son rotor de faire plus que ce quils sont capables
de faire. Ces machines ont des limites, en terme de durée
dutilisation continue, de diamètres de bois à
tailler, de systèmes de sécurité. Les utilisateurs
doivent lavoir à lesprit quand ils sont à
l'uvre. »
Deux gammes agricoles
Le profil type dune débroussailleuse dite de gamme
agricole, par opposition aux gammes professionnelles dédiées
aux usages intensifs (entreprises, collectivités), est une
machine dotée dune portée de 3 à 4,5
m, commandée par des téléflexibles. Avec à
son extrémité un rotor de 0,8 m sinon 1 m, cette épareuse
qui pèse entre 500 et 800 kg sattèle à
un tracteur de 50 à 60 CV.
La sécurité deffacement devant les obstacles
est généralement le fait dun système
mécanique simple, de type pendulaire, qui laisse au chauffeur
le temps nécessaire pour réagir et commander les mouvements
de dégagement. La gamme située juste au-dessus, pouvant
dépasser les 5 m de portée avec un rotor de 1,2 m,
requiert un porteur dau moins 60 CV qui puisse faire contre-poids
au déport de la tête de broyage, lépareuse
pouvant dépasser les 1 000 kg.
La sécurité deffacement peut être assurée
par un système hydraulique avec éventuellement un
retour automatique, la présence de commandes électriques
procurant davantage de souplesse. En admettant que les utilisateurs
puissent soffrir le luxe dune option, ils peuvent précisément
et prioritairement porter leur choix sur une commande monolevier.
En second viendrait le choix dun châssis rendant lensemble
porteur-épareuse parfaitement solidaire. « Les défauts
de qualité dattelage sont directement ou indirectement
à lorigine de nombreux pépins, estime Hervé
Masserot, animateur à la Fédération des Cuma
de la Mayenne. Très fréquemment, les utilisateurs
se heurtent à des problèmes de longueur de bras, de
prise de force ou encore de brides, indispensables pour solidariser
lensemble. Il faut y consacrer le temps nécessaire
sous peine dexposer le matériel à des risques
de casse. »
Face à ce problème dattelage, il existe une
parade : cest celle qui consiste à spécialiser
un tracteur en automoteur de débroussaillage. Une solution
idéale mais évidemment pas neutre sur le plan financier.
A cet égard, il est bon de savoir que les services des Directions
départementales de léquipement se séparent
parfois de matériels très spécialisés,
en général très bien entretenus, avec des capacités
de chantier plutôt généreuses.
La chasse aux vibrations
La chasse aux vibrations : cest ce qui doit dicter la conduite
dun utilisateur aux commandes dune débroussailleuse.
Toute vibration est
en effet révélatrice dun défaut de fonctionnement
et annonciatrice de
panne.
Outre les défauts dattelage, les problèmes de
vibration sont susceptibles dapparaître au niveau du
rotor. Il ne faut pas tarder à changer un fléau cassé,
sinon démonter son vis-à-vis, sous peine de faire
fonctionner durablement le rotor en situation de déséquilibre.
Il faut bannir lutilisation dun rotor à marteaux
sur les machines dentrée de gamme, lénergie
cinétique générée risquant daffaiblir
prématurément le matériel. Il faut également
veiller à équilibrer au mieux lensemble porteur-outil,
en compensant la charge arrière droite par un lestage de
lavant du tracteur et de la roue arrière gauche (gonflage
à leau, voile de fonte).
La vérification du niveau dhuile, plutôt trois
fois par jour quune seule, et le graissage respectant les
préconisations du constructeur sont tout aussi indispensables.
« La débroussailleuse est le type même déquipement
que lon peut rendre hors service en lespace de dix minutes,
avertit Michel Parsy. Lexemple tout bête, cest
celui dune erreur de sélection du régime de
prise de force. Rien de tel pour faire fondre un moteur hydraulique
en un rien de temps. »
La mise en situation dune machine de modeste capacité
en conditions rudes dutilisation est un cas de figure autrement
plus représentatif et non moins préjudiciable à
la longévité du matériel. « La règle
de base, cest de ne pas intervenir sur des pousses de plus
de 2 ou 3 ans, souligne Hervé Masserot. Sur des sections
de 5 ou 6 cm, il faut délaisser le rotor conventionnel pour
laisser la place à une machine plus puissante équipée
dun lamier à scie ou à sécateur. Il est
impératif de réserver les petites débroussailleuses
aux travaux dentretien courant. »
Raphaël Lecocq
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