LUCAS G - La goulotte universelle!
SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Sommaire


L’outil et son porteur ne doivent faire qu’un afin de ne pas créer de point de faiblesse.


Les rotors à fléaux sont strictement réservés à des travaux d’entretien, sur des pousses de 2 ou 3 ans maximum.

 

 


Le point de vue du jeune agriculteur
« Amortir en 3 ans, sinon en 4 ans »



machinisme

Débroussailleuse

Toujours plus de solutions

Equipement non productif mais néanmoins utile, l’investissement dans une débroussailleuse d’entrée de gamme a tout son sens. A condition de respecter certaines règles, afin de ne pas grever le budget à l’usage.

LMême dans le cadre d’un investissement collectif, l’achat d’un groupe de débroussaillage n’autorise guère de fantaisie. Ni productive ni indispensable, la débroussailleuse est nécessairement utilisée avec parcimonie par les différents co-propriétaires. Résultat, les machines ne réalisent guère plus de 150 à 200 h/an. C’est en tout cas ce que l’on observe sur le terrain. A ce niveau, pour que les coûts horaires restent acceptables, le choix passe automatiquement par une machine de base, soit un achat de moins de 10 000 euros. Car il faut intégrer, en prime, des frais d’entretien élevés, pouvant représenter 30 à 40 % du coût de revient global. Il s’agit en effet d’un matériel particulièrement exposé à l’usure, sinon à la casse. Le passage de la machine entre différentes mains, et sur différents tracteurs, est à cet égard un facteur aggravant. Le tableau peut paraître sombre. Mais il n’est pas dissuasif pour autant. « Moyennant certaines précautions, les débroussailleuses d’entrée de gamme donnent satisfaction, relève Michel Parsy, animateur à la Fédération des Cuma de la Vendée. C’est moins la marque de la machine que la solidarité de son attelage avec le porteur, la dextérité de conduite ou encore l’entretien qui font la différence au niveau du coût de revient final. Il ne faut pas non plus demander à une machine et son rotor de faire plus que ce qu’ils sont capables de faire. Ces machines ont des limites, en terme de durée d’utilisation continue, de diamètres de bois à tailler, de systèmes de sécurité. Les utilisateurs doivent l’avoir à l’esprit quand ils sont à l'œuvre. »

Deux gammes agricoles

Le profil type d’une débroussailleuse dite de gamme agricole, par opposition aux gammes professionnelles dédiées aux usages intensifs (entreprises, collectivités), est une machine dotée d’une portée de 3 à 4,5 m, commandée par des téléflexibles. Avec à son extrémité un rotor de 0,8 m sinon 1 m, cette épareuse qui pèse entre 500 et 800 kg s’attèle à un tracteur de 50 à 60 CV.
La sécurité d’effacement devant les obstacles est généralement le fait d’un système mécanique simple, de type pendulaire, qui laisse au chauffeur le temps nécessaire pour réagir et commander les mouvements de dégagement. La gamme située juste au-dessus, pouvant dépasser les 5 m de portée avec un rotor de 1,2 m, requiert un porteur d’au moins 60 CV qui puisse faire contre-poids au déport de la tête de broyage, l’épareuse pouvant dépasser les 1 000 kg.
La sécurité d’effacement peut être assurée par un système hydraulique avec éventuellement un retour automatique, la présence de commandes électriques procurant davantage de souplesse. En admettant que les utilisateurs puissent s’offrir le luxe d’une option, ils peuvent précisément et prioritairement porter leur choix sur une commande monolevier.
En second viendrait le choix d’un châssis rendant l’ensemble porteur-épareuse parfaitement solidaire. « Les défauts de qualité d’attelage sont directement ou indirectement à l’origine de nombreux pépins, estime Hervé Masserot, animateur à la Fédération des Cuma de la Mayenne. Très fréquemment, les utilisateurs se heurtent à des problèmes de longueur de bras, de prise de force ou encore de brides, indispensables pour solidariser l’ensemble. Il faut y consacrer le temps nécessaire sous peine d’exposer le matériel à des risques de casse. »
Face à ce problème d’attelage, il existe une parade : c’est celle qui consiste à spécialiser un tracteur en automoteur de débroussaillage. Une solution idéale mais évidemment pas neutre sur le plan financier. A cet égard, il est bon de savoir que les services des Directions départementales de l’équipement se séparent parfois de matériels très spécialisés, en général très bien entretenus, avec des capacités de chantier plutôt généreuses.

La chasse aux vibrations

La chasse aux vibrations : c’est ce qui doit dicter la conduite d’un utilisateur aux commandes d’une débroussailleuse. Toute vibration est
en effet révélatrice d’un défaut de fonctionnement et annonciatrice de
panne.
Outre les défauts d’attelage, les problèmes de vibration sont susceptibles d’apparaître au niveau du rotor. Il ne faut pas tarder à changer un fléau cassé, sinon démonter son vis-à-vis, sous peine de faire fonctionner durablement le rotor en situation de déséquilibre. Il faut bannir l’utilisation d’un rotor à marteaux sur les machines d’entrée de gamme, l’énergie cinétique générée risquant d’affaiblir prématurément le matériel. Il faut également veiller à équilibrer au mieux l’ensemble porteur-outil, en compensant la charge arrière droite par un lestage de l’avant du tracteur et de la roue arrière gauche (gonflage à l’eau, voile de fonte).
La vérification du niveau d’huile, plutôt trois fois par jour qu’une seule, et le graissage respectant les préconisations du constructeur sont tout aussi indispensables. « La débroussailleuse est le type même d’équipement que l’on peut rendre hors service en l’espace de dix minutes, avertit Michel Parsy. L’exemple tout bête, c’est celui d’une erreur de sélection du régime de prise de force. Rien de tel pour faire fondre un moteur hydraulique en un rien de temps. »
La mise en situation d’une machine de modeste capacité en conditions rudes d’utilisation est un cas de figure autrement plus représentatif et non moins préjudiciable à la longévité du matériel. « La règle de base, c’est de ne pas intervenir sur des pousses de plus de 2 ou 3 ans, souligne Hervé Masserot. Sur des sections de 5 ou 6 cm, il faut délaisser le rotor conventionnel pour laisser la place à une machine plus puissante équipée d’un lamier à scie ou à sécateur. Il est impératif de réserver les petites débroussailleuses aux travaux d’entretien courant. »

Raphaël Lecocq