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SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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815 millions de personnes souffrent encore aujourd'hui de manultrition .



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Nord-Sud : le problème n’avance pas

De sommet mondial en sommet mondial, de Rome à Johannesbourg, ce sont les mêmes constats d’impuissance qui se répètent dans les rapports Nord-Sud.

Il y a eu en juin le sommet mondial de l’alimentation, qui a réuni 110 Etats au siège romain de la FAO (organisation pour l’alimentation et l’agriculture). Il y aura du 26 août au 4 septembre le sommet mondial de Johannesbourg (République Sud-africaine) sur le développement durable. Deux événements qui concernent chacun sous son angle particulier, le même lancinant problème de la lutte contre les déséquilibres mondiaux ; un problème qui n’avance pas : le précédent sommet FAO, en 1996, s’était fixé l’objectif de ramener le chiffre des populations souffrant de la faim de 800 à 400 millions en vingt ans, or le sommet de juin à Rome a chiffré à 815 millions le nombre des victimes de la malnutrition (voir la rubrique Vie syndicale, p. 22).
Les soutiens de l'occident à ses exportations alimentaires bloquent le développement des agricultures locales, en inondant les pays insolvables de denrées moins chères que celles qu’ils produisent. L’idée commence à se faire jour que la solution au sous-développement passe par des prix rémunérateurs, et par des cours des cultures de rente (café, cacao, arachide, coton, etc.) fixés en fonction des coûts de production et non de la domination des bourses et des centrales d’achats. Comme le dit volontiers Marcel Mazoyer, professeur à l’Institut national agronomique, et ex-dirigeant de la FAO, « c’est une nécessité humaine, mais aussi une nécessité économique » pour constituer de nouveaux marchés, le problème, c’est que cela implique le droit pour les pays du Sud de maitriser leur marché, et ce n’est vraiment pas dans l’air du temps mondialisé.