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Nord-Sud : le problème
navance pas
De sommet mondial en sommet mondial, de Rome à Johannesbourg,
ce sont les mêmes constats dimpuissance qui se répètent
dans les rapports Nord-Sud.
Il y a eu en juin le sommet mondial de lalimentation, qui
a réuni 110 Etats au siège romain de la FAO (organisation
pour lalimentation et lagriculture). Il y aura du 26
août au 4 septembre le sommet mondial de Johannesbourg (République
Sud-africaine) sur le développement durable. Deux événements
qui concernent chacun sous son angle particulier, le même
lancinant problème de la lutte contre les déséquilibres
mondiaux ; un problème qui navance pas : le précédent
sommet FAO, en 1996, sétait fixé lobjectif
de ramener le chiffre des populations souffrant de la faim de 800
à 400 millions en vingt ans, or le sommet de juin à
Rome a chiffré à 815 millions le nombre des victimes
de la malnutrition (voir la rubrique Vie syndicale, p. 22).
Les soutiens de l'occident à ses exportations alimentaires
bloquent le développement des agricultures locales, en inondant
les pays insolvables de denrées moins chères que celles
quils produisent. Lidée commence à se
faire jour que la solution au sous-développement passe par
des prix rémunérateurs, et par des cours des cultures
de rente (café, cacao, arachide, coton, etc.) fixés
en fonction des coûts de production et non de la domination
des bourses et des centrales dachats. Comme le dit volontiers
Marcel Mazoyer, professeur à lInstitut national agronomique,
et ex-dirigeant de la FAO, « cest une nécessité
humaine, mais aussi une nécessité économique
» pour constituer de nouveaux marchés, le problème,
cest que cela implique le droit pour les pays du Sud de maitriser
leur marché, et ce nest vraiment pas dans lair
du temps mondialisé.
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