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SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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La colère du groupe de Cairns

Le nouveau Farm bill américain vient brouiller le jeu déjà passablement compliqué des négociations commerciales internationales.

C’est une rentrée difficile qui attend le comité de l’agriculture de l’organisation mondiale du commerce. Avec trois réunions sur autant de sujets qui fâchent : l’accès au marché (du 2 au 4 septembre), les soutiens internes (du 23 au 27 septembre), les mécanismes globaux de l’organisation (du 18 au 22 novembre) ; et trois camps qui préparent d’ores et déjà l'affrontement. Washington, a déjà dit Frantz Fischler, a « perdu sa crédibilité ».
Traditionnellement, l’Union européenne est l’accusée commune des Etats-Unis et des dix-huit pays du groupe de Cairns ; cette fois il n’en est plus de même : le « farm bill », la loi américaine sur l’agriculture, paraphée en mai par George Bush, a ulcéré les libre-échangistes du groupe de Cairns, qui y voient, dans le meilleur des cas, une « hypocrisie », et, dans les termes les plus sévères, une « mauvaise action », voire une « décision criminelle ». Il n’est pas exclu qu’à la rentrée ce soient les Etats-Unis qui subissent un renversement d’alliances.
Pour tenter de l’éviter, George Bush insiste sur la nature conjoncturelle, « anticyclique », des décisions (le Farm bill, mais aussi les taxes sur l’acier) qui vont à l’encontre de la doctrine libérale proclamée. Il continue à se dire favorable à la suppression des soutiens à la production et aux exportations, « en cinq ans à partir de 2005 ». Simple effet d’annonce, soupçonne le groupe de cairns, qui réclame un démantèlement total en trois ans. Tandis que l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), qui fédère les trente pays les plus riches de la planète, souligne que, dans cet ensemble, 31 % du revenu agricole final proviennent des soutiens publics ; 350 milliards de dollars, dont la disparition n’est évidemment pas pour demain.