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SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Sommaire

 

 

 

 


En tête de cortège, un symbole, aux côtés du président de la FNSEA Jean-Michel Lemétayer: Jérôme Despey et Jean-Luc Duval: l’action des Jeunes agriculteurs continuera après la passation de pouvoir...

 


Dans la cour du Parlement, Joseph Daul et Pat Cox sont interpellés par Jean-Luc Duval sur l’avenir des productions agricoles sous l’œil des caméras.

 


Devant la tribune où les orateurs ont succédé aux footballeurs présents sur l’écran géant, les paysans de tous les pays européens manifestent leur présence.

 



vie syndicale

Manifestation du 11 juin à Strasbourg

Et si on élargissait l’Europe
jusqu’aux agriculteurs ?

Le 11 juin 2002 à Strasbourg, entre 15 000 et 20 000 agriculteurs venus de 23 pays européens ont manifesté devant le Parlement européen pour réclamer que leur profession ne soit plus oubliée lors des prises de décisions.

L’écran géant montre un Danemark surpuissant devant des Bleus qui ratent la coupe du monde. Les visages, de plus en plus nombreux à mesure qu’arrivent les cars ou les trains de toute l’Europe, sont graves devant la défaite des ex-champions du monde de football, mais pas seulement. Cette manifestation strasbourgeoise représente pour eux comme un dernier recours, l’ultime espoir d’enrayer une machine infernale qui fait fleurir les pancartes contre les importations de blé ukrainien, de volailles brésiliennes, l’interventionnisme américain et, plus généralement et plus directement aussi, pour la survie d’une race en voie d’extinction, les agriculteurs.
Ils sont prêts de 10 000 à être venus de toute la France, à l’appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs notamment. Parfois de très loin, en sacrifiant deux jours pour l’événement. Mais l’originalité et la force de la manifestation viennent de son aspect international : les voisins allemands et italiens sont représentés, eux aussi, en force ; les quinze, d’une manière générale, sont tous là ; et, au-delà, pour la première fois, les huit premiers pays de l’élargissement de sont joints au cortège. Car tous, bien sûr avec des nuances dans les discours, ont conscience que les décisions européennes en cours vont rendre encore plus dure la vie de l’agriculteur. La Commission ne semble en effet pas tenir compte des évolutions du Farm Bill américain, et des aides toujours plus conséquentes accordées à ses « farmers ». Elle s’apprête à suivre les règles dressées par l’OMC (Organisation mondiale du commerce), au risque de mettre directement en danger de nombreuses filières, alors que des menaces planent déjà – c’est l’actualité – sur les aviculteurs ou les céréaliers.

Pour des « paysans fiers de l’être »

Face à cette situation, tous s’accordent à estimer que le revenu agricole doit être préservé. La valeur du travail agricole doit être reconnue, et a un prix. Dans son allocution avant le démarrage du cortège (la manifestation s’est déroulée en deux temps : une suite de discours place de Bordeaux, puis un déplacement en masse vers le Parlement européen), Jean-Luc Duval, président des Jeunes agriculteurs, a réaffirmé la volonté des JA de vouloir protéger les frontières du marché européen. « Non au bradage de notre métier, oui à des paysans fiers de l’être », a-t-il clamé. Les orateurs se sont succédés à la tribune – entre autres Jean-Michel Lemétayer pour la FNSEA, d’anciens présidents des JA comme Christiane Lambert ou Pascal Coste, Hans-Beno Wichert le président du Ceja (Conseil européen des jeunes agriculteurs), Gerd Sonnleitner le président du Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne), plus un représentant de chaque pays participant – avant que la marche ne commence.
Le défilé s’est étendu sur plusieurs kilomètres, avec nombres banderoles dans toutes les langues, et le message essentiel répété sans cesse par haut-parleur. Il s’est déroulé dans la responsabilité et la quiétude, sans heurts ni provocations. Au Parlement européen, une délégation (dont faisait partie Jean-Luc Duval) a pu s’introduire dans la cour et y rencontrer Pat Cox, président du Parlement européen, et Joseph Daul, député européen président de la commission agricole. Pat Cox s’est contenté de se déclarer « à l’écoute » des agriculteurs, sans autres promesses, mais au moins a-t-il été sensibilisé, et impressionné, par l’importance de la manifestation internationale.
Car, à Strasbourg, il s’agissait de prendre date. De dire haut et fort, alors que les projets affluent pour l’agriculture européenne, que la seule qui soit viable doit estimer les agriculteurs. « Pas de pays sans paysans », reprennent les banderoles. Un slogan plus que jamais d’actualité. Avec leur mémorandum du 22 mai et leur forte implication dans la manifestation de Strasbourg, les Jeunes agriculteurs affichent leur volonté de peser sur les décisions européennes. Peut-être n’obtiendront-ils pas tout de suite ce qu’ils espèrent, mais ils inscrivent leurs revendications, dès à présent, comme une alternative pour l’avenir.

 

L'organisation
 


Le Bas-Rhin à la hauteur de l'événemente

Si l’organisation officielle était celle du Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne), du Cogeca (Comité général de la coopération agricole de l’Union européenne) et du Ceja (Conseil européen des jeunes agriculteurs), les agriculteurs du Bas-Rhin de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont grandement contribué au succès de la manifestation. Il fallait ainsi préparer le parcours, des moyens d’accueil, éviter les débordements qui auraient pu avoir un effet désastreux sur l’image que voulaient colporter les agriculteurs...
Laurent Fischer, président des Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin, explique : « En fait, il fallait mener plusieurs chantiers de front. Préparer les remorques pour la manifestation, avec une manière visuelle de contester les importations de blé ukrainien ou la politique agricole américaine ; en tout, nous avions huit remorques. Ensuite, la négociation du tracé de la manifestation avec la ville de Strasbourg, la Préfecture, la police... Pour passer devant le Conseil de l’Europe et s’arrêter au Parlement européen, ce n’est pas si simple. Ce sont des points extrêmement sensibles, et nous avons dû nous montrer persuasifs. Les policiers ont accepté de n’être pas trop “visibles”, pour éviter toute provocation. Et, d’une manière générale, tout le monde s’est montré compréhensif. A l’arrivée, je pense qu’une telle manifestation n’aurait pas pu être organisée de la même façon, avec toute la largesse que nous avons eue sur le parcours, à Bruxelles. »
En marge de ces négociations, les JA du Bas-Rhin se sont aussi occupés de la restauration. « Nous avons mobilisé tous les cantons, les jeunes et les aînés », conclut Laurent Fischer. Le tout pour un résultat remarquable, salué par tous.


Laurent Fischer, porte-drapeau des Jeunes agriculteurs du Bas-Rhin, pour une organisation sans faille.

 

 

(Communiqués des JA de la région Bretagne du 15 et du 17 mai 2002)