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vie syndicale
Manifestation du 11 juin à
Strasbourg
Et si on élargissait lEurope
jusquaux agriculteurs ?
Le 11 juin 2002 à Strasbourg, entre 15 000 et 20 000
agriculteurs venus de 23 pays européens ont manifesté
devant le Parlement européen pour réclamer que leur
profession ne soit plus oubliée lors des prises de décisions.
Lécran géant montre un Danemark surpuissant
devant des Bleus qui ratent la coupe du monde. Les visages, de plus
en plus nombreux à mesure quarrivent les cars ou les
trains de toute lEurope, sont graves devant la défaite
des ex-champions du monde de football, mais pas seulement. Cette
manifestation strasbourgeoise représente pour eux comme un
dernier recours, lultime espoir denrayer une machine
infernale qui fait fleurir les pancartes contre les importations
de blé ukrainien, de volailles brésiliennes, linterventionnisme
américain et, plus généralement et plus directement
aussi, pour la survie dune race en voie dextinction,
les agriculteurs.
Ils sont prêts de 10 000 à être venus de toute
la France, à lappel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs
notamment. Parfois de très loin, en sacrifiant deux jours
pour lévénement. Mais loriginalité
et la force de la manifestation viennent de son aspect international
: les voisins allemands et italiens sont représentés,
eux aussi, en force ; les quinze, dune manière générale,
sont tous là ; et, au-delà, pour la première
fois, les huit premiers pays de lélargissement de sont
joints au cortège. Car tous, bien sûr avec des nuances
dans les discours, ont conscience que les décisions européennes
en cours vont rendre encore plus dure la vie de lagriculteur.
La Commission ne semble en effet pas tenir compte des évolutions
du Farm Bill américain, et des aides toujours plus conséquentes
accordées à ses « farmers ». Elle sapprête
à suivre les règles dressées par lOMC
(Organisation mondiale du commerce), au risque de mettre directement
en danger de nombreuses filières, alors que des menaces planent
déjà cest lactualité
sur les aviculteurs ou les céréaliers.
Pour des « paysans
fiers de lêtre »
Face à cette situation, tous saccordent à estimer
que le revenu agricole doit être préservé. La
valeur du travail agricole doit être reconnue, et a un prix.
Dans son allocution avant le démarrage du cortège
(la manifestation sest déroulée en deux temps
: une suite de discours place de Bordeaux, puis un déplacement
en masse vers le Parlement européen), Jean-Luc Duval, président
des Jeunes agriculteurs, a réaffirmé la volonté
des JA de vouloir protéger les frontières du marché
européen. « Non au bradage de notre métier,
oui à des paysans fiers de lêtre », a-t-il
clamé. Les orateurs se sont succédés à
la tribune entre autres Jean-Michel Lemétayer pour
la FNSEA, danciens présidents des JA comme Christiane
Lambert ou Pascal Coste, Hans-Beno Wichert le président du
Ceja (Conseil européen des jeunes agriculteurs), Gerd Sonnleitner
le président du Copa (Comité des organisations professionnelles
agricoles de lUnion européenne), plus un représentant
de chaque pays participant avant que la marche ne commence.
Le défilé sest étendu sur plusieurs kilomètres,
avec nombres banderoles dans toutes les langues, et le message essentiel
répété sans cesse par haut-parleur. Il sest
déroulé dans la responsabilité et la quiétude,
sans heurts ni provocations. Au Parlement européen, une délégation
(dont faisait partie Jean-Luc Duval) a pu sintroduire dans
la cour et y rencontrer Pat Cox, président du Parlement européen,
et Joseph Daul, député européen président
de la commission agricole. Pat Cox sest contenté de
se déclarer « à lécoute »
des agriculteurs, sans autres promesses, mais au moins a-t-il été
sensibilisé, et impressionné, par limportance
de la manifestation internationale.
Car, à Strasbourg, il sagissait de prendre date. De
dire haut et fort, alors que les projets affluent pour lagriculture
européenne, que la seule qui soit viable doit estimer les
agriculteurs. « Pas de pays sans paysans », reprennent
les banderoles. Un slogan plus que jamais dactualité.
Avec leur mémorandum du 22 mai et leur forte implication
dans la manifestation de Strasbourg, les Jeunes agriculteurs affichent
leur volonté de peser sur les décisions européennes.
Peut-être nobtiendront-ils pas tout de suite ce quils
espèrent, mais ils inscrivent leurs revendications, dès
à présent, comme une alternative pour lavenir.
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L'organisation
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Le Bas-Rhin à la hauteur
de l'événemente
Si lorganisation officielle
était celle du Copa (Comité des organisations
professionnelles agricoles de lUnion européenne),
du Cogeca (Comité général de la coopération
agricole de lUnion européenne) et du Ceja (Conseil
européen des jeunes agriculteurs), les agriculteurs
du Bas-Rhin de la FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont grandement
contribué au succès de la manifestation. Il
fallait ainsi préparer le parcours, des moyens daccueil,
éviter les débordements qui auraient pu avoir
un effet désastreux sur limage que voulaient
colporter les agriculteurs...
Laurent Fischer, président des Jeunes agriculteurs
du Bas-Rhin, explique : « En fait, il fallait mener
plusieurs chantiers de front. Préparer les remorques
pour la manifestation, avec une manière visuelle
de contester les importations de blé ukrainien ou
la politique agricole américaine ; en tout, nous
avions huit remorques. Ensuite, la négociation du
tracé de la manifestation avec la ville de Strasbourg,
la Préfecture, la police... Pour passer devant le
Conseil de lEurope et sarrêter au Parlement
européen, ce nest pas si simple. Ce sont des
points extrêmement sensibles, et nous avons dû
nous montrer persuasifs. Les policiers ont accepté
de nêtre pas trop visibles, pour
éviter toute provocation. Et, dune manière
générale, tout le monde sest montré
compréhensif. A larrivée, je pense quune
telle manifestation naurait pas pu être organisée
de la même façon, avec toute la largesse que
nous avons eue sur le parcours, à Bruxelles. »
En marge de ces négociations, les JA du Bas-Rhin
se sont aussi occupés de la restauration. «
Nous avons mobilisé tous les cantons, les jeunes
et les aînés », conclut Laurent Fischer.
Le tout pour un résultat remarquable, salué
par tous.
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Laurent Fischer, porte-drapeau des Jeunes
agriculteurs du Bas-Rhin, pour une organisation sans faille.
(Communiqués des
JA de la région Bretagne du 15 et du 17 mai 2002)
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