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Lévénement
36e congrès des JA à Périgueux
Les régions prennent
la parole
Massif Central
Philippe Lamat (Haute-Loire)
Les JA du Massif Central sont persuadés quune politique
dinstallation passe par une politique de prix qui doit nous
permettre de vivre demain de notre métier tout en répondant
aux demandes des consommateurs. Le travail que nous menons aujourdhui
au travers du décret montagne en est un exemple frappant.
« Je voudrais revenir sur trois points : le premier est lagriculture
raisonnée si lagriculteur est rémunéré
par rapport aux conditions de productions qui lui sont imposées.
Le second est lorganisation des filières et plus particulièrement
la filière bovine. Aujourdhui, il nexiste plus
de gestion des marchés en viande. Enfin, Il est urgent que
le ministère de lAgriculture débloque le fonds
de communication prévu par la loi dorientation agricole
de 1999. »
Bourgogne Franche- Comté
Jean-Yves Noir (Jura)
« Il est encourageant dentendre de plus en plus souvent
des interventions qui font référence à notre
rapport dAnnecy. Avoir développé lidée
dun nouveau concept de politique agricole déchanges
entre les pays était important. Défendons aujourd'hui
une maîtrise de production pour mettre en adéquation
loffre et la demande.
« Le beau pavé lancé dans la mare de loutil
coopératif veut nous inciter à reconquérir
les valeurs défendues par la coopération. Noublions
pas que le premier malaise vient peut-être dun manque
desprit coopératif des coopérateurs eux-mêmes.
« Certains dentre nous pensent que lagriculture
raisonnée ne conduira pas à une rémunération
revalorisée.
Nacceptons pas cette position, développons-la avec
nos idées. Communiquons et nous arriverons à convaincre
! »
Ouest
Yvonnick Bonnet (Loire-Atlantique)
« Si le reste du monde ne doit pas être lexutoire
des
excédents de lagriculture européenne, il ne
faut pas se priver des opportunités quil peut offrir.
Une politique cohérente en matière dexportations
est nécessaire. Nous dénonçons toutefois une
mondialisation sauvage et sans contrôles. Ce que vivent aujourdhui
les aviculteurs est sans doute ce qui attend toutes les filières
si nous ny prenons garde. Les JA de lOuest réaffirment
leur volonté dune Europe forte qui respecte le principe
de la préférence communautaire et qui défende
des prix rémunérateurs.
« LOuest a toujours eu une politique volontariste dinstallation
(20 000 entre 1991 et 2000). Nous sommes fiers de ce succès,
du dynamisme de notre agriculture, du
travail effectué dans les cantons en faveur du renouvellement
des générations. »
Normandie
Patrice Noël (Eure)
« Les JA de Normandie considèrent que lagriculture
raisonnée répond à différents objectifs,
économique, social et environnemental ; mais avant de sengager
dans sa promotion, ils demandent une simplification des démarches
pour les rendre homogènes et plus accessibles au producteur
et au consommateur. Nous revendiquons une rémunération
supplémentaire pour les exploitations qui sinvestissent
dans cette voie, pour éviter ainsi un critère supplémentaire
dexclusion dagriculteurs.
« Notre analyse ne doit plus se réduire à la
politique dinstallation mais inclure des
paramètres comme la transmission, la promotion et lapproche
locale. Nous
travaillons depuis longtemps dans ce sens. Mais nous sommes réservés
aux propositions sur ladaptation du dispositif dinstallation.
»
Rhône-Alpes
Jérôme Crozat (Isère)
« Comment ne pas mesurer limportance dinstaller
des jeunes, assurance du maintien dune économie locale
dont tout le monde peut profiter, et en premier lieu près
de 6 millions de consommateurs ? Mais Rhône-Alpes reste en
grande partie une zone de montagne. Cette spécificité
doit se traduire notamment par le maintien des ICHN
(indemnités compensatoires dhandicaps naturels) accompagnant
le développement de nos exploitations montagnardes.
Il dépend des politiques que lassouplissement de la
loi montagne qui est annoncée ne privilégie pas la
spéculation foncière au détriment de léquilibre
des espaces montagnards.
« LEtat dit prendre la mesure de la crise dramatique
qui touche les hommes et leur famille. Les fruits dété
cest maintenant. Les réponses de lEtat doivent
être immédiates si lon ne veut pas assister à
la disparition dune filière et à la sortie du
métier de nombreux JA. »
Est
Laurent Fischer (Bas-Rhin)
« Lintégration des Peco pour les années
à venir est le prochain grand défi européen.
Cela nest pas si simple. Ils nont en aucun cas un niveau
de charges dexploitation identique au nôtre. Comment
peuvent-ils atteindre, dans un délai raisonnable, un même
niveau de sécurité sanitaire et alimentaire ou un
même niveau de qualité des produits et de traçabilité
que nous ?
ll est évidemment inconcevable de voir les produits de lest
de lEurope concurrencer les nôtres sans avoir les mêmes
contraintes. Il faudra donc rester vigilants afin que tous les efforts
fournis aujourdhui par nos agriculteurs ne soient pas remis
en question par la seule ambition politique de faire adhérer
les Peco à lUE. »
Centre
Blandine Terrier (Loir-et-Cher)
« Les négociations en cours sont un virage important
pour la région Centre. Il faut
garder une position forte de maintien communautaire au risque de
voir notre région se transformer en désert rural.
« Aujourdhui, nous nous attaquons aux moyens dobtenir
des prix rémunérateurs cest-à-dire à
la façon de restaurer la transparence, de renforcer lorganisation
des filières, la préférence communautaire,
la communication, de responsabiliser les professionnels comme les
consommateurs et de reconquérir le pouvoir dans nos coopératives.
Tout simplement, gardons la tête haute et montrons ce que
lon fait tous les jours : nous sommes fiers dêtre
agriculteurs et non voulons rester des paysans. »
Midi-Pyrénées
Jean-Pierre Verlaguet (Aveyron)
« En Midi-Pyrénées, cest le paragraphe
sur la coopération qui a suscité le plus de débats.
En effet, cest en se réappropriant cet outil économique
issu de la profession que nous pourrons retrouver de la valeur ajoutée
pour nos produits ainsi quune meilleure répartition
des marges. Mais la liberté de choix entre coopératives
et négociants doit être préservée tout
en imposant la règle de lapport total, une fois la
coopération choisie.
« Autre sujet qui nous préoccupe : lharmonisation
des réglementations
sanitaires, sociales et fiscales au niveau européen. Parler
de préférence communautaire nest valable que
si ces règles sont les mêmes pour tous les pays membres.
»
Sud-Ouest
Luc Servant (Charente-Maritime)
« Il sagit maintenant de transformer
lessai marqué à Annecy-le-Vieux en résultats
concrets. Les crises que subissent de nombreuses productions montrent
que, face à une baisse des prix sans limite, aucune politique
de soutien fondée sur des aides directes ne peut redonner
un vrai sens à notre métier et inciter les jeunes
à sinstaller. Néanmoins, une politique de prix
ne peut exister que si elle est accompagnée dune maîtrise
de la production. Effectivement, seules les productions qui sorganisent
autour dune gestion de loffre connaissent une situation
plus favorable. Toutefois, organisation ne veut pas dire carcan
administratif : nous ne pouvons plus supporter cette administration
si omniprésente et tatillonne qui bloque tout projet et toute
volonté de construire. »
Méditerranée
Fabrice Borel (Hautes-Alpes)
« Agir ensemble pour définir le prix de nos produits,
cest se mobiliser, tous, pour que
chacun vive décemment de son métier. Et quand je dis
tous, je pense aux agriculteurs, mais aussi à la coopération
et à linterprofession.
« A lheure où les cours du vin et de la viande
bovine sont dangereusement bas, je nai pas limpression
de voir baisser les prix de ces produits dans les rayons des grandes
surfaces. Ah si, peut-être pour les pêches, les tomates
espagnoles ! Mais noublions pas le rôle du consommateur
dans ce processus : le moment est venu pour lui de se comporter
de façon responsable dans son acte dachat et de comprendre
que tous nos efforts ont un coût.
« Toutefois, les agriculteurs doivent aussi prendre leurs
responsabilités. Arrêtons de dire que nous sommes trop
occupés dans nos campagnes pour nous intéresser à
la commercialisation. Nous sommes fortement attachés à
la coopération et aux interprofessions. Néanmoins,
il est grand temps de faire le ménage pour mieux commercialiser
nos produits. »
Nord
Benoît Chevron (Seine-et-Marne)
« Ne tombons pas dans le fatalisme, nadmettons pas
que le contrôle des coopératives nous échappe.
Cest à nous de nous investir dans ces organisations
économiques pour, de nouveau, peser dans les décisions
prises.
« Beghin Say est un bon exemple : grâce à une
interprofession forte, cette société
cotée en bourse va devenir une coopérative gérée
par des agriculteurs.
« Lagriculture raisonnée nest acceptable
que si elle apporte une réelle plus-value aux producteurs,
celle-ci ne devant pas être accaparée par dautres,
notamment par les grandes surfaces. Pour cela, aidons-nous des consommateurs,
que nous devons considérer comme des partenaires. »
Guadeloupe
Radji Bellone (Guadeloupe)
« Nous voulons, nous aussi, vivre de notre métier.
Nous lavons choisi. Nous voulons le transmettre. Nous, jeunes
agriculteurs, devons prendre, dès aujourdhui, les décisions
qui simposent.
« Pour demeurer agriculteur et vivre décemment du prix
de nos produits, il nous faut rasseoir une politique agricole orientée,
en priorité, vers la reconquête du marché local.
Il faut savoir que nous couvrons à peine 50 % de nos besoins
alimentaires.
« Par conséquent, le marchéintérieur
offre des potentialités et des possibilités pour la
création de richesses et demplois. »
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