LUCAS G - La goulotte universelle!
SOMMAIRE | N° 574 | Juillet/Août 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
Contact   Accueil   Archives   Recherche


Sommaire


Benoit Fayol, Président des JA de dordogne
«Organiser, c’est dynamisant et formateur»


«A tous les départements
qui hésitent à poser leur
candidature pour organiser un congrès ou une finale nationale de labour, je dis : n’hésitez plus ! s’est exclamé Benoît Fayol, président des Jeunes agriculteurs de Dordogne, lors de son discours de clôture. Ce type de projet fait vivre nos structures départementales et cantonales et se révèle par la suite utile dans l’exercice de notre métier pour assumer nos
responsabilités syndicales. » Benoît Fayol a également
brossé l’agriculture de son département, aux productions aussi variées que le vin, la viande, les volailles, le foie gras,
le lait, les fruits et légumes, les truffes, les marrons… Une diversité synonyme de richesse, mais parfois aussi de handicap.
« En cas de crise, les soutiens financiers proposés sont toujours fonction d’un taux de spécialisation que nous n’atteignons que trop
rarement, déplore-t-il.
L’agriculture de la Dordogne, c’est aussi un grand nombre de filières sous signe de qualité, ces démarches s’adaptant aux exploitations locales, souvent de petites tailles, à main-d’œuvre familiale et aux productions diversifiées.»



L’événement

36e congrès des JA à Périgueux

Les régions prennent la parole

Massif Central
Philippe Lamat (Haute-Loire)

Les JA du Massif Central sont persuadés qu’une politique d’installation passe par une politique de prix qui doit nous permettre de vivre demain de notre métier tout en répondant aux demandes des consommateurs. Le travail que nous menons aujourd’hui au travers du décret montagne en est un exemple frappant.
« Je voudrais revenir sur trois points : le premier est l’agriculture raisonnée si l’agriculteur est rémunéré par rapport aux conditions de productions qui lui sont imposées. Le second est l’organisation des filières et plus particulièrement la filière bovine. Aujourd’hui, il n’existe plus de gestion des marchés en viande. Enfin, Il est urgent que le ministère de l’Agriculture débloque le fonds de communication prévu par la loi d’orientation agricole de 1999. »

Bourgogne Franche- Comté
Jean-Yves Noir (Jura)

« Il est encourageant d’entendre de plus en plus souvent des interventions qui font référence à notre rapport d’Annecy. Avoir développé l’idée d’un nouveau concept de politique agricole d’échanges entre les pays était important. Défendons aujourd'hui une maîtrise de production pour mettre en adéquation l’offre et la demande.
« Le beau pavé lancé dans la mare de l’outil coopératif veut nous inciter à reconquérir
les valeurs défendues par la coopération. N’oublions pas que le premier malaise vient peut-être d’un manque d’esprit coopératif des coopérateurs eux-mêmes.
« Certains d’entre nous pensent que l’agriculture raisonnée ne conduira pas à une rémunération revalorisée.
N’acceptons pas cette position, développons-la avec nos idées. Communiquons et nous arriverons à convaincre ! »

Ouest
Yvonnick Bonnet (Loire-Atlantique)

« Si le reste du monde ne doit pas être l’exutoire des
excédents de l’agriculture européenne, il ne faut pas se priver des opportunités qu’il peut offrir. Une politique cohérente en matière d’exportations est nécessaire. Nous dénonçons toutefois une mondialisation sauvage et sans contrôles. Ce que vivent aujourd’hui les aviculteurs est sans doute ce qui attend toutes les filières si nous n’y prenons garde. Les JA de l’Ouest réaffirment leur volonté d’une Europe forte qui respecte le principe de la préférence communautaire et qui défende des prix rémunérateurs.
« L’Ouest a toujours eu une politique volontariste d’installation (20 000 entre 1991 et 2000). Nous sommes fiers de ce succès, du dynamisme de notre agriculture, du
travail effectué dans les cantons en faveur du renouvellement des générations. »

Normandie
Patrice Noël (Eure)

« Les JA de Normandie considèrent que l’agriculture raisonnée répond à différents objectifs, économique, social et environnemental ; mais avant de s’engager dans sa promotion, ils demandent une simplification des démarches pour les rendre homogènes et plus accessibles au producteur et au consommateur. Nous revendiquons une rémunération supplémentaire pour les exploitations qui s’investissent dans cette voie, pour éviter ainsi un critère supplémentaire d’exclusion d’agriculteurs.
« Notre analyse ne doit plus se réduire à la politique d’installation mais inclure des
paramètres comme la transmission, la promotion et l’approche locale. Nous
travaillons depuis longtemps dans ce sens. Mais nous sommes réservés aux propositions sur l’adaptation du dispositif d’installation. »

Rhône-Alpes
Jérôme Crozat (Isère)

« Comment ne pas mesurer l’importance d’installer des jeunes, assurance du maintien d’une économie locale dont tout le monde peut profiter, et en premier lieu près de 6 millions de consommateurs ? Mais Rhône-Alpes reste en grande partie une zone de montagne. Cette spécificité doit se traduire notamment par le maintien des ICHN
(indemnités compensatoires d’handicaps naturels) accompagnant le développement de nos exploitations montagnardes.
Il dépend des politiques que l’assouplissement de la loi montagne qui est annoncée ne privilégie pas la spéculation foncière au détriment de l’équilibre des espaces montagnards.
« L’Etat dit prendre la mesure de la crise dramatique qui touche les hommes et leur famille. Les fruits d’été c’est maintenant. Les réponses de l’Etat doivent être immédiates si l’on ne veut pas assister à la disparition d’une filière et à la sortie du métier de nombreux JA. »

Est
Laurent Fischer (Bas-Rhin)

« L’intégration des Peco pour les années à venir est le prochain grand défi européen. Cela n’est pas si simple. Ils n’ont en aucun cas un niveau de charges d’exploitation identique au nôtre. Comment peuvent-ils atteindre, dans un délai raisonnable, un même niveau de sécurité sanitaire et alimentaire ou un même niveau de qualité des produits et de traçabilité que nous ?
ll est évidemment inconcevable de voir les produits de l’est de l’Europe concurrencer les nôtres sans avoir les mêmes contraintes. Il faudra donc rester vigilants afin que tous les efforts fournis aujourd’hui par nos agriculteurs ne soient pas remis en question par la seule ambition politique de faire adhérer les Peco à l’UE. »

Centre
Blandine Terrier (Loir-et-Cher)

« Les négociations en cours sont un virage important pour la région Centre. Il faut
garder une position forte de maintien communautaire au risque de voir notre région se transformer en désert rural.
« Aujourd’hui, nous nous attaquons aux moyens d’obtenir des prix rémunérateurs c’est-à-dire à la façon de restaurer la transparence, de renforcer l’organisation des filières, la préférence communautaire, la communication, de responsabiliser les professionnels comme les consommateurs et de reconquérir le pouvoir dans nos coopératives. Tout simplement, gardons la tête haute et montrons ce que l’on fait tous les jours : nous sommes fiers d’être agriculteurs et non voulons rester des paysans. »

Midi-Pyrénées
Jean-Pierre Verlaguet (Aveyron)

« En Midi-Pyrénées, c’est le paragraphe sur la coopération qui a suscité le plus de débats. En effet, c’est en se réappropriant cet outil économique issu de la profession que nous pourrons retrouver de la valeur ajoutée pour nos produits ainsi qu’une meilleure répartition des marges. Mais la liberté de choix entre coopératives et négociants doit être préservée tout en imposant la règle de l’apport total, une fois la coopération choisie.
« Autre sujet qui nous préoccupe : l’harmonisation des réglementations
sanitaires, sociales et fiscales au niveau européen. Parler de préférence communautaire n’est valable que si ces règles sont les mêmes pour tous les pays membres. »

Sud-Ouest
Luc Servant (Charente-Maritime)

« Il s’agit maintenant de transformer
l’essai marqué à Annecy-le-Vieux en résultats concrets. Les crises que subissent de nombreuses productions montrent que, face à une baisse des prix sans limite, aucune politique de soutien fondée sur des aides directes ne peut redonner un vrai sens à notre métier et inciter les jeunes à s’installer. Néanmoins, une politique de prix ne peut exister que si elle est accompagnée d’une maîtrise de la production. Effectivement, seules les productions qui s’organisent autour d’une gestion de l’offre connaissent une situation plus favorable. Toutefois, organisation ne veut pas dire carcan administratif : nous ne pouvons plus supporter cette administration si omniprésente et tatillonne qui bloque tout projet et toute volonté de construire. »

Méditerranée
Fabrice Borel (Hautes-Alpes)

« Agir ensemble pour définir le prix de nos produits, c’est se mobiliser, tous, pour que
chacun vive décemment de son métier. Et quand je dis tous, je pense aux agriculteurs, mais aussi à la coopération et à l’interprofession.
« A l’heure où les cours du vin et de la viande bovine sont dangereusement bas, je n’ai pas l’impression de voir baisser les prix de ces produits dans les rayons des grandes surfaces. Ah si, peut-être pour les pêches, les tomates… espagnoles ! Mais n’oublions pas le rôle du consommateur dans ce processus : le moment est venu pour lui de se comporter de façon responsable dans son acte d’achat et de comprendre que tous nos efforts ont un coût.
« Toutefois, les agriculteurs doivent aussi prendre leurs responsabilités. Arrêtons de dire que nous sommes trop occupés dans nos campagnes pour nous intéresser à la commercialisation. Nous sommes fortement attachés à la coopération et aux interprofessions. Néanmoins, il est grand temps de faire le ménage pour mieux commercialiser nos produits. »

Nord
Benoît Chevron (Seine-et-Marne)

« Ne tombons pas dans le fatalisme, n’admettons pas que le contrôle des coopératives nous échappe. C’est à nous de nous investir dans ces organisations
économiques pour, de nouveau, peser dans les décisions prises.
« Beghin Say est un bon exemple : grâce à une interprofession forte, cette société
cotée en bourse va devenir une coopérative gérée par des agriculteurs.
« L’agriculture raisonnée n’est acceptable que si elle apporte une réelle plus-value aux producteurs, celle-ci ne devant pas être accaparée par d’autres, notamment par les grandes surfaces. Pour cela, aidons-nous des consommateurs, que nous devons considérer comme des partenaires. »

Guadeloupe
Radji Bellone (Guadeloupe)

« Nous voulons, nous aussi, vivre de notre métier. Nous l’avons choisi. Nous voulons le transmettre. Nous, jeunes agriculteurs, devons prendre, dès aujourd’hui, les décisions qui s’imposent.
« Pour demeurer agriculteur et vivre décemment du prix de nos produits, il nous faut rasseoir une politique agricole orientée, en priorité, vers la reconquête du marché local. Il faut savoir que nous couvrons à peine 50 % de nos besoins alimentaires.
« Par conséquent, le marchéintérieur offre des potentialités et des possibilités pour la création de richesses et d’emplois. »