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SOMMAIRE | N° 573 | Juin 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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actualité

Changement de gouvernement

Le nouveau ministre arrive,
la modulation tombe

Le nouveau ministre de l’Agriculture, Hervé Gaymard, a présenté les grandes lignes de son programme. Parmi elles : la suspension de la modulation pour 2002.

Hervé Gaymard vient de prendre ses fonctions de ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales. Un titre qui s’est allongé, avec le changement de gouvernement, pour souligner les liens qui unissent l’agriculture, l’alimentation et la ruralité. « Il faut redonner de l’importance au développement rural et à l’aménagement du territoire, ces dossiers ayant été trop longtemps délaissés, a insisté Hervé Gaymard. Rapprocher la notion de sécurité alimentaire de la production agricole me paraît primordial ». Autre annonce, et non des moindres, faite par le ministre : la suspension de la modulation pour l’année 2002. « Le système français de modulation s’avère trop complexe, il est source d’inéquité entre les agriculteurs, même à revenu égal, a précisé Hervé Gaymard. Pire encore, l’argent prélevé en 2000 et en 2001, soit 215 millions d’euros, est resté inemployé en raison, principalement, de règles d’utilisation trop compliquées. »
Cette mesure ne remet pas pour autant en cause les Contrats territoriaux d’exploitation, le lien pécuniaire établi entre la modulation et ces contrats (l’argent issu de la modulation servirait à financer les CTE) n’ayant, selon le ministre, aucun fondement technique, donc aucune raison d’être. D’ailleurs, ce dernier, très favorable aux démarches contractuelles entre les agriculteurs et l’Etat, entend bien maintenir les CTE. Toutefois, suspension ne signifie pas suppression et Hervé Gaymard prévoit de réfléchir à un nouveau dispositif de modulation, organisé au niveau européen, plus égalitaire et plus simple à mettre en œuvre.
Quant à la politique agricole commune, Hervé Gaymard a affirmé sa volonté de renforcer le premier pilier c’est-à-dire, entre autres, de ne pas démanteler les organisations communes de marché. « Il faut rétablir des niveaux de prix acceptables afin que ceux-ci, et non plus les primes, constituent la majeure partie des revenus agricoles, a-t-il souligné. Il importe aussi de restaurer le principe de la préférence communautaire, trop souvent bafoué ces temps derniers. »
Enfin, le nouveau ministre de l’Agriculture a déclaré vouloir renouer le dialogue avec les syndicats et les organisations professionnelles agricoles français et européens. « Etre à l’écoute et au contact des agriculteurs est, pour moi, une priorité », a-t-il lancé. Reste maintenant à traduire ces belles résolutions en actes.

De la Savoie à la rue de Varenne

 

Ancien énarque diplômé de Science Po Paris et licencié en droit, Hervé Gaymard fait ses débuts à la direction du budget du ministère des Finances. Très vite, il se laisse séduire par la politique et, en 1993, il succède à Michel Barnier, devenu
ministre de l’Environnement, au poste de député (RPR) de la 2e circonscription de la Savoie, département dont il est originaire. Il sera réélu à la même fonction, en 1997. En 1995, Hervé Gaymard est nommé, sous les gouvernements Juppé, secrétaire d’Etat aux Finances puis secrétaire d’Etat à la Santé et à la Sécurité sociale. Fidèle de Michel Barnier, il est également proche de Jean-Pierre Raffarin, d’Alain Juppé et de Jacques Chirac. En 1999, il devient conseiller général de la Savoie. Le 7 mai 2002, à l’âge
de 41 ans, il est nommé ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales.