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vie syndicale
Région Centre
Lexemple dune mobilisation
réussie
Plus de 3 500 JA du Centre se sont rassemblés,
les 20 et 21 mai, pour dénoncer la situation alarmante qui
touche bon nombre de productions.
Une mobilisation record, parfaitement organisée.
Céréales, volaille, viande bovine, porc : toutes
ces filières agricoles subissent une crise sans précédent,
qui déstabilise fortement les marchés et fait dégringoler
les prix et les revenus agricoles (en 4 ans, le revenu dun
producteur de blé a chuté de 40 %). Cette situation,
qui met en danger la pérennité dun grand nombre
dexploitations et de zones rurales, est dautant plus
révoltante quelle est surtout due aux importations
massives et incontrôlées de denrées agricoles
à un prix dérisoire (blé dUkraine, volaille
du Brésil, viande bovine dArgentine
), autorisées
par lUnion européenne.
Où est donc passé le beau principe de la préférence
communautaire ? Comment se fait-il que la taxe des 10 e/t sur les
céréales en provenance de la Mer Noire, de la Mer
Méditerranée et de la mer Baltique ait été
supprimée ? Un tel désengagement de lEurope
et de la France dans la gestion des marchés ne laisse rien
présager de bon pour la révision à mi-parcours
de la Pac en juin prochain : la Commission européenne risque
de remettre en question les fondements de la Pac pour 2003 pour
plus de libéralisme, autrement dit plus dimport, moins
de traçabilité, des prix en
chute libre et des agriculteurs qui disparaissent.
Pour montrer leur désarroi et leur amertume face à
cet avenir peu encourageant, 3 600 Jeunes agriculteurs de la région
Centre se sont rassemblés, les 20 et 21 mai, dans les préfectures
de chaque département. Partout, la mobilisation était
impressionnante : 500 manifestants dans le Cher, 500 dans le Loir-et-Cher,
500 dans lIndre, 500 en lIndre-et-Loire et 900 le Loiret.
En Eure-et-Loir, 1 200 agriculteurs ont répondu à
lappel, quadrillant la ville de Chartres dans un défilé
de tracteurs long de 5 km, dont les gyrophares et les feux de détresse
symbolisaient parfaitement létat desprit de leurs
conducteurs. Il faut dire que la manifestation avait été
bien préparée : les responsables professionnels du
département dEure-et-Loir avaient organisé,
dans chaque canton, une réunion pour expliquer, aux adhérents,
lorigine des crises des filières céréalière,
avicole, bovine et porcine et les inquiétudes quant à
lévolution de la Pac.
Une préparation
minutieuse
« Cela ne sert à rien de manifester pour manifester,
souligne François Vanier, président des Jeunes agriculteurs
de la région Centre. Il faut savoir pourquoi on le fait.
Il importe donc que les plus au fait du sujet, cest-à-dire
les administrateurs départementaux chargés du dossier,
informent ceux qui le sont moins.
Ce travail de terrain fait partie intégrante du rôle
de responsable professionnel et devrait être systématisé
pour lensemble des sujets capitaux comme lOMC ou lélargissement
de lUnion européenne. » Une préparation,
qui a permis aux 500 à 600 participants, de mieux comprendre
les causes de leurs difficultés actuelles et les enjeux futurs
en matière de politique agricole commune, mais surtout qui
les a convaincus quil fallait agir. « Très remontés,
ils ont expliqué aux autres agriculteurs la gravité
de la situation et ces derniers se sont aussitôt sentis solidaires,
précise François Vanier. Cest pourquoi nous
avons été aussi nombreux à Chartres. »
La réussite de cette action tient également à
la préparation au niveau régional, une rencontre entre
les secrétaires généraux de chaque département
ayant assuré une meilleure coordination du message à
diffuser et des moyens utilisés pour cela. Les Jeunes agriculteurs
ont montré quils savent se mobiliser, en nombre, pour
faire évoluer les choses. Mais, le travail nest pas
terminé : ils entendent rencontrer rapidement les élus
locaux pour leur exposer leurs idées sur la politique agricole
européenne.
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