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SOMMAIRE | N° 573 | Juin 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Un bateau de plaisance chargé de sacs de blé symbolisait les importations incontrôlées de l’UE. Un bon moyen pour marquer les esprits.

 

Les JA ont dit

Que le projet d’arrêté Zes (Zone en excédent structurel), dont la signature est prévue pour fin juin 2002, va, s’il est appliqué en l’état, mettre en péril la situation économique de beaucoup d’exploitations bretonnes ; en particulier, les structures de taille moyenne et restreinte, déjà éprouvées par les crises successives, n’auront pas la capacité financière pour réaliser les investissements exigés par ces nouvelles réglementations. Les JA de Bretagne sont conscients qu’ils doivent agir pour préserver la qualité de l’eau, mais ils demandent une pause dans les réglementations pour pouvoir mettre en place progressivement et correctement les mesures déjà en vigueur. En outre, ces arrêtés Zes, qui vont accentuer les cessations précoces d’activité et qui remettent en cause l’installation, le maintien du potentiel de production et du modèle d’exploitation familiale, risquent de freiner l’engagement actuel des agriculteurs en matière de protection de l’environnement. Les JA de Bretagne entendent donc rencontrer les Conseillers généraux pour leur expliquer l’impact catastrophique, qu’exerceront ces arrêtés Zes sur l’agriculture régionale.
(Communiqués des JA de la région Bretagne du 15 et du 17 mai 2002)

 



vie syndicale

Région Centre

L’exemple d’une mobilisation réussie

Plus de 3 500 JA du Centre se sont rassemblés, les 20 et 21 mai, pour dénoncer la situation alarmante qui touche bon nombre de productions.
Une mobilisation record, parfaitement organisée.

Céréales, volaille, viande bovine, porc : toutes ces filières agricoles subissent une crise sans précédent, qui déstabilise fortement les marchés et fait dégringoler les prix et les revenus agricoles (en 4 ans, le revenu d’un producteur de blé a chuté de 40 %). Cette situation, qui met en danger la pérennité d’un grand nombre d’exploitations et de zones rurales, est d’autant plus révoltante qu’elle est surtout due aux importations massives et incontrôlées de denrées agricoles à un prix dérisoire (blé d’Ukraine, volaille du Brésil, viande bovine d’Argentine…), autorisées par l’Union européenne.
Où est donc passé le beau principe de la préférence communautaire ? Comment se fait-il que la taxe des 10 e/t sur les céréales en provenance de la Mer Noire, de la Mer Méditerranée et de la mer Baltique ait été supprimée ? Un tel désengagement de l’Europe et de la France dans la gestion des marchés ne laisse rien présager de bon pour la révision à mi-parcours de la Pac en juin prochain : la Commission européenne risque de remettre en question les fondements de la Pac pour 2003 pour plus de libéralisme, autrement dit plus d’import, moins de traçabilité, des prix en
chute libre et des agriculteurs qui disparaissent.
Pour montrer leur désarroi et leur amertume face à cet avenir peu encourageant, 3 600 Jeunes agriculteurs de la région Centre se sont rassemblés, les 20 et 21 mai, dans les préfectures de chaque département. Partout, la mobilisation était impressionnante : 500 manifestants dans le Cher, 500 dans le Loir-et-Cher, 500 dans l’Indre, 500 en l’Indre-et-Loire et 900 le Loiret. En Eure-et-Loir, 1 200 agriculteurs ont répondu à l’appel, quadrillant la ville de Chartres dans un défilé de tracteurs long de 5 km, dont les gyrophares et les feux de détresse symbolisaient parfaitement l’état d’esprit de leurs conducteurs. Il faut dire que la manifestation avait été bien préparée : les responsables professionnels du département d’Eure-et-Loir avaient organisé, dans chaque canton, une réunion pour expliquer, aux adhérents, l’origine des crises des filières céréalière, avicole, bovine et porcine et les inquiétudes quant à l’évolution de la Pac.

Une préparation minutieuse

« Cela ne sert à rien de manifester pour manifester, souligne François Vanier, président des Jeunes agriculteurs de la région Centre. Il faut savoir pourquoi on le fait. Il importe donc que les plus au fait du sujet, c’est-à-dire les administrateurs départementaux chargés du dossier, informent ceux qui le sont moins.
Ce travail de terrain fait partie intégrante du rôle de responsable professionnel et devrait être systématisé pour l’ensemble des sujets capitaux comme l’OMC ou l’élargissement de l’Union européenne. » Une préparation, qui a permis aux 500 à 600 participants, de mieux comprendre les causes de leurs difficultés actuelles et les enjeux futurs en matière de politique agricole commune, mais surtout qui les a convaincus qu’il fallait agir. « Très remontés, ils ont expliqué aux autres agriculteurs la gravité de la situation et ces derniers se sont aussitôt sentis solidaires, précise François Vanier. C’est pourquoi nous avons été aussi nombreux à Chartres. »
La réussite de cette action tient également à la préparation au niveau régional, une rencontre entre les secrétaires généraux de chaque département ayant assuré une meilleure coordination du message à diffuser et des moyens utilisés pour cela. Les Jeunes agriculteurs ont montré qu’ils savent se mobiliser, en nombre, pour faire évoluer les choses. Mais, le travail n’est pas terminé : ils entendent rencontrer rapidement les élus locaux pour leur exposer leurs idées sur la politique agricole européenne.