Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
SOMMAIRE | N° 572 | Mai 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
Contact   Accueil   Archives   Recherche


Sommaire



actualité

L'interview imaginaire

Henri de Benoist, président de l’AGPB

« On est des syndicalistes, il nous faut du pognon »

Henri de Benoist, président de l’AGPB, a presque été interviewé par Jeunes Agriculteurs Magazine…

JA : Alors, Henri, comment ça se prépare, le prochain Congrès de l’AGPB ?
Henri de Benoist : Ma foi, très bien. Pas de problème.
JA : Vraiment ? Pas de problème ? Le blé ukrainien à Lorient, les acomptes proposés aux sociétaires de coopératives qui vont conduire à des soldes décevants, voire négatifs, pas de problème ?
H. de B. : Ne mélange pas tout, mon p’tit. Le Congrès de l’AGPB, c’est pas une AG de coopérative.
JA : D’accord, mais les coopératives céréalières, elles pèsent leur pesant de cacahuètes à l’AGPB, quand même.
H. de B. : J’ai jamais dit le contraire. Mais à l’AGPB, tout est sous contrôle. On assure.
JA : C’est pour ça que, finalement, vous allez adopter les positions des jeunes sur la politique de prix ?
H. de B. (sursaute) : Mais de quoi tu parles ? ! ça va pas non ? depuis quand on attend les jeunes pour se prononcer à l’AGPB ?
JA : Justement, c’est nouveau. Ça, c’est de l’info !
H. de B. : Ne raconte pas n’importe quoi, mon p’tit. Si tu fais référence au petit manifeste signé par six patrons de coopératives, même pas toutes céréalières d’ailleurs, je te ferai remarquer qu’aucune référence aux jeunes ne l’a étayé. On a mûri ça tout seuls. On n’a besoin de personne.
JA : « On… » tu ne manques pas d’air, Henri. Ils t’ont quand même un peu pris de court, les fameux patrons de coopératives, là.
H. de B. : Absolument pas. Moi, pris de court ? tu plaisantes… j’ai vu ça venir de très loin.
J’assure. Pas de problème.
JA : Allons, Henri… il n’y a pas si longtemps, tu insistais beaucoup plus sur les parts de marché à l’exportation que sur la préférence communautaire, reconnais-le.
H. de B. : Je ne vois pas le rapport. Il n’y a aucune contradiction. J’ai toujours dit qu’il nous fallait des sous, plein de sous : j’ai jamais changé d’avis, là-dessus. Je te rappelle que les restitutions à l’exportation, les paiements compensatoires, c’est moi, tout ça.
JA : Ben, justement, « tout ça, » c’est un peufini. Tu ne peux pas demander à la fois les restitutions, la protection du marché communautaire, les parts de marché à l’exportation, les prix, les aides, tout et le reste. Le beurre et l’argent du beurre, quoi.
H. de B. : Et voilà ! tout de suite un exemple de laitier ! Vous commencez à me soûler, avec votre maîtrise de la production. Et la liberté d’entreprendre ? La libre concurrence ? L’initiative privée ? Le mérite, l’effort, tout ça ?
JA : Justement : l’effort, le travail, il faut qu’ils soient payés. Pas avec des aides : avec des prix.
H. de B. : Franchement, mon p’tit, je sais pas ce que vous avez, avec ça. Il faut vous faire soigner, hein… qu’est-ce que ça peut foutre, des aides ou des prix ? C’est du pognon, du pareil au même ! L’argent n’a pas d’odeur, mon p’tit.
JA : Et la dignité du travail ? L’autonomie vis-à-vis de l’Etat ? La fierté de son métier ?
H. de B. : Eh bien, quoi ? moi j’ai pas de problèmes. Je suis digne, fier, et autonome. Le tout c’est d’avoir le pouvoir. Et, pour ça, j’ai une stratégie : les coopératives se débrouillent comme elles peuvent avec leurs sociétaires, et l’AGPB se débrouille comme elle veut avec mes membres de Bureau. Voilà.
JA : Je le sens bien, ce Congrès…
H. de B. : Tu verras quand tu auras grandi, mon p’tit. La démocratie, c’est super, et puis tu vois où ça nous mène, hein. Bon, mais pas de politique. On est des syndicalistes ! Du pognon, il nous faut du pognon, plein de pognon ! n