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SOMMAIRE | N° 571 | Avril 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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actualité

L'interview imaginaire

George Bush président des Etats-Unis et son conseiller Mr Sylvestre

« On s’en fout de nourrir tout le monde »

JA a presque rencontré George Bush, président of the Etats-Unis (accompagné de Mister Sylvestre, son conseiller en géostratégie et partner of the Worl Company).

JA : Dis-donc, George, le coup des tarifs relevés sur l’acier, là, vous ne vous apprêtez tout de même pas à le faire sur l’agriculture, quand même ?
George Bush : What ? je un problème avec le langue français.
Mr Sylvestre : Laisse tomber, petit, fais faire ta photo de Mister President et pose-moi les questions.
JA : Vous êtes d’accord, Monsieur Sylvestre, avec le fait que les Etats-Unis ne font pas du tout ce qu’ils disent qu’il faut faire ?
Mr S. : Absolument. C’est tout à fait exact.
JA : C’est-à-dire que vous êtes plein de contradictions ?
Mr S. : Disons que les contradictions orales ne nous gênent pas… je te ferai remarquer que dans les actes, nous sommes très cohérents. Nous esquintons le marché mondial en faisant chuter les cours, et nous actionnons la planche à billets plein pot pour que nos paysans puissent exporter à ces prix délirants.
George Bush : Je fini la photographie. Question, please ?
JA : En faisant chuter les cours et en subventionnant à mort votre agriculture, vous espérez quoi ? nourrir la terre entière ? vous pensez que vous y arriverez ?
G. B. : What ? l’Amérique est le plus grande démocratie of the monde. Je l’homme le plus puissant of the monde. Repeat la question, please ?
Mr S. : On s’en fout de nourrir tout le monde : il faut surtout pas ! il faut qu’il y ait plein de niacoués qui crèvent la faim un peu partout, pour faire de la main-d’œuvre pas chère. Mais il faut que personne, aucun peuple ne puisse se nourrir lui-même…
JA : Même les Européens ? vous croyez que les Européens vont accepter d’être nourris par les Américains ?
G. B. : What ? je pas compris le question.
Mr S. : Coucouche, George. Je te réveillerai. Ecoute, petit : vous ne pouvez rien contre nous. La question n’est pas de savoir ce que vous allez accepter, mais de savoir ce qui vous attend. Et je te donne un conseil : quand tu ne peux pas éviter le viol, détends-toi et profite. Avec le dollar, nous vivons à crédit : le monde entier travaille pour nous. On fera ce qu’on voudra.
JA : Enfin, quand même… de plus en plus d’affamés, de moins en moins de pouvoir d’achat, tout le marché du travail tiré par le bas, de plus en plus d’obèses chez vous… vous croyez vraiment que c’est une solution, à terme ?
Mr S. : On s’en fout complètement, petit. A terme, nous serons tous morts, n’oublie jamais ça.
JA : Je vois. Monsieur le Président, un petit mot pour conclure ?
G. B. : What ? Dieu est avec l’Amérique ! Dieu est américain !
Mr S. : Laisse, petit. Tant pis pour ton mot de la fin.
JA : Une dernière question, quand même. Lui, c’est bien le Président ? ce n’est pas lui qui commande ? bonjour la démocratie…
Mr S. : Mais c’est parfaitement démocratique : c’est celui qui paye le plus cher qui commande le plus. Tout le monde peut payer : la concurrence est ouverte