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Lévénement
Conseil européen des Jeunes
Agriculteurs
LEurope agricole de demain
sest
construite à Chartres
Le séminaire du Ceja qui sest déroulé
les 1er, 2 et 3 février à Chartres a tenu ses objectifs
: harmoniser un discours européen des jeunes agriculteurs,
intégrer ceux qui sont issus des Peco à la réflexion,
et enfin, pour les JA français, simpliquer à
tous les degrés de celle-ci de manière à en
rester les maîtres-duvre.
Chartres, connue surtout pour sa cathédrale dun autre
âge, se pare dun coup de limage dune terre
davenir. Les Jeunes Agriculteurs venus de toute lEurope,
au sens élargi du terme, sy bousculent et confrontent
leurs idées, projettent sur les échéances futures
(révision de la Pac, élargissement, OMC...) leur réalisme
et leurs arguments de terrain.
Ce fourmillement ne passe pas inaperçu. Les élus locaux
font en sorte de se montrer en cette compagnie réjouissante
même si, une fois sur place, ils se rendent compte quils
doivent aussi répondre à des questions de fond, si
délicates à éluder
La presse locale sempare
de lévénement et les journalistes font jouer
la concurrence à un point tel que la conférence de
presse initialement programmée en fin de séminaire
na plus d'utilité, tous les protagonistes ayant déjà
été interviewés. Les Jeunes Agriculteurs sont
respectés et source de curiosité. Ils charment un
auditoire à lorigine peu habitué à la
technicité de leurs discours.
Le séminaire a dabord profité du talent de ses
intervenants. Marcel Mazoyer, professeur à l'institut national
d'agronomie (Ina), a dépeint la situation agricole et alimentaire
mondiale, argumentant son propos autour du maintien des prix agricoles
: selon lui, le fait de les baisser ne permet pas de mieux nourrir
la population humaine souffrant de malnutrition, mais au contraire
contribue à l'appauvrir.
Ralph Ichter, consultant agricole à Washington, a décortiqué
les politiques agricoles américaines (Farm Bill et Fair Act),
avant davancer son diagnostic : ces méthodes, qui consistent
à inonder d'aides les fermiers américains pour qu'ils
puissent conquérir le marché mondial grâce à
des prix bas, font - malheureusement pour les autres agricultures
- leurs preuves. Et il estime donc que les Américains ne
vont pas changer de politique agricole avant plusieurs années.
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Une organisation
sans faille
Un séminaire du Ceja réclame toute une organisation.
« Le choix de Chartres na été retenu
quen novembre, explique Benoît Goussard, président
des JA dEure-et-Loir. Il a fallu trouver le lieu des
débats, prendre en charge lhébergement,
la restauration, penser au financement des interprètes,
soccuper de la sono de la salle
Bien sûr,
nous navons pas été tout seuls. Les interprètes
sont ceux qui ont lhabitude de travailler avec le Ceja.
Les JA nationaux nous ont aussi donné un coup de main.
« Nous avions tout intérêt à accueillir
ce séminaire. Dabord parce que, dans la région,
nous sommes concernés à 90 % par des productions
aidées par Bruxelles. Et il nexiste guère
de base plus solide pour exposer nos idées sur la politique
agricole européenne quun Ceja. Ensuite pour nos
jeunes, pour quils glanent, à travers les débats,
toutes les informations nécessaires à la bonne
compréhension des systèmes en place. Enfin,
pour organiser un événement important dans le
département, nous sommes limités, pour des raisons
de capacité dhébergement notamment, à
200 personnes au maximum. Nous ne pouvons pas, par exemple,
prendre en charge un congrès. Pour toutes ces raisons,
lopportunité du Ceja était vraiment très
belle. »
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Dautres invités ont ajouté au prestige de la
réunion, comme Philippe Lirochon, président de la
chambre dagriculture dEure-et-Loir, le Néerlandais
Arie van den Brand, membre du groupe de Bruges, le député
européen Georges Garot ou le secrétaire dEtat
au Commerce extérieur François Huwart.
Une assemblée participative
Le débat fut également nourri par le rapport dorientation
adopté à Annecy-le-Vieux en juin 2001 et présenté
à Chartres par Didier Louvel, membre du bureau des JA. Cette
base de travail a délié les langues. Les interventions
ont jailli dEspagne, dItalie, des Pays-Bas, du Danemark,
de la Finlande ou encore du Portugal. Gabriel Company, des Baléares,
a constaté que, « après une période de
productivité, il (fallait) désormais penser à
la qualité
Mais pour le consommateur, cest toujours
le porte-monnaie qui choisit : en tant quagriculteurs, nous
avons de moins en moins de poids social. » Raymond Brady a
témoigné de son expérience irlandaise : «
Lorsque le jeune agriculteur formé revient à la ferme,
il est souvent obligé dagrandir lexploitation
pour garder un revenu convenable. » LEspagnol Albert
Falip sest inquiété de « laugmentation
du nombre dagriculteurs qui travaillent à temps partiel
». Enfin, lAllemand Hans-Beno Wichert, président
du Ceja, a résumé le point de vue général
: « Lorsquon élabore une nouvelle politique,
on pense à lavenir. Pourquoi ne pas penser aux jeunes
agriculteurs ? Le vieillissement de la population agricole est inacceptable.
Si nous laissons faire, la prise de conscience pourrait arriver
trop tard. Cest le travail du Ceja de mobiliser autour de
ces idées. »
Les JA français ont, bien sûr, fortement alimenté
le débat didées. Jean-Luc Duval, président
des Jeunes Agriculteurs, a ainsi évoqué la «
diminution forte du nombre d'installations » pour enchaîner
: « Les agriculteurs veulent vivre du prix de leurs produits.
En aucun cas, l'OMC (NDLR : Organisation mondiale du commerce) ne
doit dicter sa loi à la Pac (NDLR : politique agricole commune).
Pour être durable, l'agriculture doit être économiquement
viable. »
De leur côté, les représentants venus de chaque
pays dEurope centrale ou orientale (Peco), plus discrets devant
les micros, ont pris des notes précieuses. Pour eux, il sest
agi de prendre date avant lélargissement.
Le prochain grand rendez-vous international des Jeunes Agriculteurs
organisé en France sera le congrès mondial, programmé
en juin 2003 à Paris.
Antoine Jeandey
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