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Actualité
Europe
Elargissement de lUE
Bruxelles dévoile son
scénario
La Commission a exposé le 30 janvier les
modalités quelle envisage dappliquer aux nouveaux
pays qui intégreront lUnion européenne en 2004.
Léchéance approche : en 2004, dix pays de lEurope
centrale et orientale adhèreront à lUnion européenne.
Dores et déjà, Bruxelles réfléchit
au scénario de leur adhésion, dont elle a présenté
le volet agricole, le 30 janvier. Dans les grandes lignes, la Commission
prévoit lapplication immédiate du volet «
politique des marchés » de la Pac, des quotas de production
(lait et sucre) et des paiements compensatoires directs. Elle propose
de sappuyer, pour le calcul des quotas, sur les volumes moyens
produits entre 1995 et 1999 car ceux-ci constituent les données
disponibles les plus récentes et les plus fiables.
Pour les aides directes, elle préconise un paiement progressif
pendant dix ans : 25 % du montant total octroyé aux «
Quinze » la première année, 30 % lannée
suivante et 35 % la troisième année ; le taux daide
serait ensuite augmenté régulièrement pour
atteindre 100 % en 2 013. Selon la Commission, verser lintégralité
des aides dès ladhésion freinerait la restructuration
du secteur agricole des pays candidats en assurant une bonne rentabilité
aux exploitations de petite taille ou de semi-subsistance. Des paiements
directs importants risquent également daccentuer la
fracture sociale en augmentant le revenu des agriculteurs de façon
excessive par rapport au reste de la population. Autre danger :
le dépassement des limites budgétaires fixées
à Berlin dans le cadre de lAgenda 2002. Néanmoins,
si les montants communautaires sont inférieurs au soutien
pratiqué avant ladhésion, les nouveaux Etats-membres
pourront compléter les aides compensatoires par des ressources
nationales. Bien sûr, le niveau total de laide (communautaire
+ nationale) ne doit pas excéder celui en vigueur dans les
Etats de lUnion européenne actuelle. Pour laisser aux
nouveaux Etats-membres le temps de mettre en place des structures
de gestion et de contrôle, la Commission propose un régime
de paiements directs simplifié. Pendant trois ans (deux renouvellements
dun an sont possibles à lissue de cette période),
ces pays pourront verser des aides dissociées de la production
et calculée à lhectare.
Le volet essentiel de la stratégie délargissement
envisagée par Bruxelles est sans conteste celui du développement
rural. Les pays nouvellement intégrés pourront accéder
à un ensemble de mesures destinées à favoriser
la restructuration de lagriculture, avec un cofinancement
de lUnion européenne de 80 % maximum : retraite anticipée,
aide aux régions défavorisées, programmes agri-environnementaux,
boisement des terres agricoles, création de groupements de
producteurs, assistance technique et mesures spécifiques
pour les exploitations de semi-subsistance (aide forfaitaire plafonnée
à 750 e).
Les propositions de la Commission sont loin de satisfaire les pays
candidats qui estiment les aides directes prévues trop faibles
et la période de transition de dix ans trop longue. Les négociations
sur lélargissement de lUnion européenne
débutent donc sur un contentieux entre les pays candidats
et les pays membres, qui espérons-le, parviendront rapidement
à saccorder. Dans le cas contraire, on peut sinterroger
sur la capacité de lUnion européenne à
25 de trouver un terrain dentente dans les tractations futures.
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