|
Vie syndicale
Crise Bovine
Colère dans les campagnes
Pour les Jeunes Agriculteurs, les propositions de lOnilait
sur la gestion des quotas risquent de porter un coup à linstallation.
Les éleveurs sont fortement déçus par le plan
de soutien à la filière bovine annoncé par
le ministre de lAgriculture le 7 janvier. Dune part,
les aides financières sont dérisoires par rapport
aux pertes enregistrées : 1 000 e (6 560 F) en moyenne et
2000 e maximum (13 120 F) pour les éleveurs spécialisés,
alors que le manque à gagner des éleveurs est estimé
entre 150 et 230 e par bovin vendu. « En outre, les 2/3 de
largent débloqué correspondent au redéploiement
denveloppes existantes, renchérit Laurent Kerlir, président
des Jeunes Agriculteurs de la région Ouest. Laide réelle
nest que 50,82 millions de (330 millions de F) au lieu
des 150 millions de prévus (985 millions de F). Si
les pouvoirs publics manquent de moyens financiers, pourquoi ne
pas utiliser les crédits des CTE qui nont pas été
entièrement dépensés en raison du peu dagriculteurs
engagés dans le dispositif ».
Dautre part, les critères dattribution des aides
ne permettent pas aux 40 000 éleveurs les plus touchés
de bénéficier dun soutien financier. «
Selon les simulations réalisées, 70 %des éleveurs
seraient exclusdu dispositif, précise Laurent Kerlir. Sans
parler des éleveurs laitiers dont le quota dépasse
120 000 l ». Le principal critère retenu est le quotient
primes Pac/chiffre daffaires viande, qui doit être inférieur
à 40 %. Un critère sans rapport avec les pertes subies
et qui va à lencontre de la maîtrise de la production
car il favorise les élevages sans vaches primées.
Par ailleurs, un taux minimal de spécialisation de 50 % est
exigé pour les producteurs dont le chiffre daffaires
hors viande excède 40 000 e (262 385 F). Pour les jeunes
agriculteurs, ces aides seront tout de même majorées
de 15 %. Quant au volet social du plan, les Jeunes Agriculteurs
comprennent la mise en place dun dispositif de reconversion
professionnelle et de pré-retraite. Mais ils craignent que
les exploitations libérées ne servent pas à
installer des jeunes. « Rien dans le volet structurel nest
prévu en faveur de la maîtrise de la production »,
sindigne Laurent Kerlir.
Pour manifester leur mécontentement, des éleveurs
- à linitiative des Jeunes Agriculteurs - ont muré,
le 16 janvier, un grand nombre de DDA et de préfectures et
ont bloqué des voies ferrées. « Pour sensibiliser
davantage les pouvoirs publics et la société, nous
voulions organiser des actions médiatiques comme bloquer
les voies ferrées, explique Laurent Kerlir. Mais ces blocages
nont pas duré plus de 4 h pour ne pas trop gêner
les usagers. »
Dans le Maine-et-Loire, ces manifestations ont pris une tournure
regrettable : un train a percuté une chenillette qui, selon
la SNCF, a été posée sur les voies par des
agriculteurs. Louis Gallois, le directeur général,
a porté plainte. « Ces débordements ne sont
pas acceptables, souligne Laurent Kerlir. Encore faut-il prouver
que les agriculteurs en sont les auteurs. Les propos de Louis Gallois,
qui traite les agriculteurs de terroristes, sont tout aussi inacceptables.
Surtout que la SNCF a sa part de responsabilité : elle a
laissé circuler un train, qui plus est à 150 km/h
et pour effectuer un essai, alors quelle avait été
prévenue du blocage des voies ».
|