Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
SOMMAIRE | N° 569 | Février 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Laurent Kerlir, président des Jeunes Agriculteurs de la région Ouest.



A Montfort-le-Gesnois, dans la Sarthe, les agriculteurs ont bloqué les voies pendant 3 heures.



Dans le Maine-et-Loire, le 16 janvier, des éleveurs ont allumé des feux sur la voie ferrée, à Savennières, entre Angers et Nantes.

 



Vie syndicale
Crise Bovine

Colère dans les campagnes

Pour les Jeunes Agriculteurs, les propositions de l’Onilait sur la gestion des quotas risquent de porter un coup à l’installation.

Les éleveurs sont fortement déçus par le plan de soutien à la filière bovine annoncé par le ministre de l’Agriculture le 7 janvier. D’une part, les aides financières sont dérisoires par rapport aux pertes enregistrées : 1 000 e (6 560 F) en moyenne et 2000 e maximum (13 120 F) pour les éleveurs spécialisés, alors que le manque à gagner des éleveurs est estimé entre 150 et 230 e par bovin vendu. « En outre, les 2/3 de l’argent débloqué correspondent au redéploiement d’enveloppes existantes, renchérit Laurent Kerlir, président des Jeunes Agriculteurs de la région Ouest. L’aide réelle n’est que 50,82 millions d’e (330 millions de F) au lieu des 150 millions d’e prévus (985 millions de F). Si les pouvoirs publics manquent de moyens financiers, pourquoi ne pas utiliser les crédits des CTE qui n’ont pas été entièrement dépensés en raison du peu d’agriculteurs engagés dans le dispositif ».
D’autre part, les critères d’attribution des aides ne permettent pas aux 40 000 éleveurs les plus touchés de bénéficier d’un soutien financier. « Selon les simulations réalisées, 70 %des éleveurs seraient exclusdu dispositif, précise Laurent Kerlir. Sans parler des éleveurs laitiers dont le quota dépasse 120 000 l ». Le principal critère retenu est le quotient primes Pac/chiffre d’affaires viande, qui doit être inférieur à 40 %. Un critère sans rapport avec les pertes subies et qui va à l’encontre de la maîtrise de la production car il favorise les élevages sans vaches primées. Par ailleurs, un taux minimal de spécialisation de 50 % est exigé pour les producteurs dont le chiffre d’affaires hors viande excède 40 000 e (262 385 F). Pour les jeunes agriculteurs, ces aides seront tout de même majorées de 15 %. Quant au volet social du plan, les Jeunes Agriculteurs comprennent la mise en place d’un dispositif de reconversion professionnelle et de pré-retraite. Mais ils craignent que les exploitations libérées ne servent pas à installer des jeunes. « Rien dans le volet structurel n’est prévu en faveur de la maîtrise de la production », s’indigne Laurent Kerlir.
Pour manifester leur mécontentement, des éleveurs - à l’initiative des Jeunes Agriculteurs - ont muré, le 16 janvier, un grand nombre de DDA et de préfectures et ont bloqué des voies ferrées. « Pour sensibiliser davantage les pouvoirs publics et la société, nous voulions organiser des actions médiatiques comme bloquer les voies ferrées, explique Laurent Kerlir. Mais ces blocages n’ont pas duré plus de 4 h pour ne pas trop gêner les usagers. »
Dans le Maine-et-Loire, ces manifestations ont pris une tournure regrettable : un train a percuté une chenillette qui, selon la SNCF, a été posée sur les voies par des agriculteurs. Louis Gallois, le directeur général, a porté plainte. « Ces débordements ne sont pas acceptables, souligne Laurent Kerlir. Encore faut-il prouver que les agriculteurs en sont les auteurs. Les propos de Louis Gallois, qui traite les agriculteurs de terroristes, sont tout aussi inacceptables. Surtout que la SNCF a sa part de responsabilité : elle a laissé circuler un train, qui plus est à 150 km/h et pour effectuer un essai, alors qu’elle avait été prévenue du blocage des voies ».