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Objectif installation
La charte «Jeune tabaculteur»
Le tabac, une production davenir ?
Cest en tout cas lavis des professionnels lotois,
qui viennent de signer une charte «Jeune tabaculteur».
A lorigine du projet
Exigeante techniquement, gourmande en main-duvre, cette
production dégage de bonnes marges brutes, souvent supérieures
à 50 000 F par hectare. Dans certaines zones défavorisées,
ou lorsque la pression foncière freine linstallation,
la tabaculture offre des perspectives de complément de revenu
sur de petites surfaces. Toutefois, face aux contraintes de travail
et de suivi imposées par la culture, certains jeunes hésitent
à développer cette production.
Dans le Lot, la filière tabac a pris des engagements pour
favoriser et inciter linstallation de jeunes tabaculteurs.
Lidée
La charte a été pensée et adoptée par
les Jeunes Agriculteurs du Lot, la coopérative des producteurs
de tabac du Lot et Aveyron, la caisse dassurance et la fédération
des planteurs de tabac.
La coopérative sengage à octroyer en
priorités des quotas aux jeunes agriculteurs, à apporter
un complément de 10 % aux aides à linvestissement
(fours, séchoirs, serres) de lOniflhor et du Conseil
régional et prend à sa charge 50 % des intérêts
demprunt concernant la récolteuse, lenjambeur,
le four, le séchoir, leffeuilleuse. La coopérative
prend également en charge une analyse de sol et la fourniture
de plants (25 000 Virginie, 25 000 Burley, 12 500 HP) la première
année.
La caisse dassurance propose un remboursement partiel
et dégressif des cotisations (50 % la première année,
30 % la deuxième, 20 % la troisième) et des aides
à linvestissement plafonnées pour les appareils
de traitement et les assainisseurs dair.
La fédération des planteurs de tabac prend
en charge les indemnités journalières et kilométriques
de formation, sur la base de deux journées par an pendant
deux ans et offre 3 ans dabonnement gratuit à la revue
France-Tabac..
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Le tabac, un marché
en mutation
La culture du tabac en France subit de profonds bouleversements.
De 22 100 ha en 1977, la culture est passée à
9 300 ha en 2000. Avec un rendement moyen de 2,8 t/ha, la
production nationale sélève à 25
500 t, contre 46 800 t il y a une vingtaine dannées.
Les tabacs blonds, dont la culture était totalement
marginale en 1980, couvrent désormais 71 % de la production
française.
Conséquence de ces mutations, la production française
de cigarettes a diminué de moitié en 20 ans.
Pourtant la consommation intérieure, même si
elle a diminué ces dix dernières années,
est aussi soutenue quau milieu des années soixante-dix.
Résultat : les importations explosent. En 2000, elles
représentent plus de 130 000 t.
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La marche à suivre
La charte sadresse aux jeunes agriculteurs reconnus comme
tels par ladministration et désirant sorienter
vers la production tabacole au sein de leur coopérative.
Pour bénéficier des mesures daccompagnement,
le jeune sengage à produire du tabac pour une durée
minimum de cinq ans, à se conformer aux préconisations
culturales, à suivre des journées de formation et
dinformation et à accepter le parrainage dun
autre planteur de tabac. La charte est disponible au point-info
installation du Lot.
Les moyens mis en uvre
La coopérative des producteurs de tabac, la caisse dassurance
et le syndicat de producteurs mettent en uvre leurs ressources
propres pour financer les aides proposées.
Les objectifs
La charte entre en application pour la campagne 2002. Sur les dernières
années, environ cinq jeunes par an se sont installés
en tabaculture. Lobjectif de la charte est de maintenir, voire
de développer, ce rythme dinstallation, de manière
à préserver le potentiel de production local.
Les contacts
Jeunes Agriculteurs du Lot, 05 65 23 22 66
Coopérative agricole des producteurs de
tabac, 05 65 35 04 17.
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Lhypocrisie de
la Commission européenne
La Commission européenne envisage de plus en plus
sérieusement la révision de son dispositif de
soutien à la culture du tabac. Evoqué sous le
noble couvert de la protection de la santé publique,
le projet de Bruxelles semble relever dun bel exercice
dhypocrisie. Il y a en effet fort à parier que
les cigarettiers ne se priveront pas pour importer - ce quils
font dailleurs déjà massivement - les
quantités de tabac nécessaires à leurs
unités de production.
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