JA - Contactez-nous!
SOMMAIRE | N° 568 | Janvier 2002 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
Contact   Accueil   Archives   Recherche


Sommaire

 


Alain Mary élève la Géline de Touraine à Chemillé-sur-Indrois, depuis quatre ans. Dans deux bâtiments amovibles de 60 et 90 m2, il produit 3 500 volailles par an.

 

 

 



Magazine
Découverte

Une « poule de luxe »

La Géline de Touraine, une race de volaille ancienne, réputée pour la finesse de sa chair, repeuple les basses-cours après 50 ans d’absence.

Ala fin du XIXe siècle, la poule noire de Touraine est présente dans presque toutes les basses-cours tourangelles. Baptisée Géline de Touraine en 1909, le standard de la race Géline de Touraine sera officiellement homologué en 1913. Cette belle poule noire, à la crête rouge est déjà réputée à l’époque pour la finesse de sa chair et pour ses bons résultats de ponte. Dans les années vingt, on en dénombre plus de 750 000 en Touraine, autour de Loches surtout, véritable berceau de la race.
Après la seconde guerre mondiale, dans un contexte de pénurie alimentaire, on lui préfère des volailles plus productives et plus rentables, les élevages de Gélines disparaissent complètement. Il faudra attendre les années 80 pour que grâce à quelques éleveurs passionnés, la Géline de Touraine réapparaisse. Mais sa véritable renaissance a lieu dans les années 90 quand des éleveurs, avec l’appui de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, décident la relance de cette volaille en entreprenant une sélection généalogique de la race Géline de Touraine à l’Inra de Nouzilly.
En 1994, la filière Géline de Touraine se structure : le Syndicat interprofessionnel de la Géline de Touraine est créé, il regroupe les éleveurs, l’abattoir, le fabricant d’aliment, le couvoir. Ses objectifs : « la recherche, la mise en place et le développement d’un signe de qualité, permettant de protéger la commercialisation de la Géline de Touraine », le choix se fixe sur l’obtention d’un label rouge. Une marque est déposée en 1995, la Dame noire, pour identifier les Gélines de Touraine du syndicat. En 2001, les Dames noires obtiennent le label rouge, une première pour une race ancienne de volaille élevée pendant plus de 4 mois. Ce label doté d’un cahier des charges strict donne des garanties aux consommateurs : race, statut sanitaire des animaux et alimentation contrôlée. Certicentre, l’organisme certificateur contrôle les éleveurs deux fois par lot, et les opérateurs (couvoir, fabricant d’aliment) deux à quatre fois par an.

De l’éclosion à la commercialisation

A ce jour, tous les poussins destinés aux quinze éleveurs de Gélines naissent à la station avicole Inra de Nouzilly. Vaccinés à leur naissance contre la maladie de Marek, les poussins subissent un examen minutieux : vérification de pattes, bonne cicatrisation de l’ombilic, paupières bien ouvertes, bec conforme, problèmes éventuels à la tête. Seules les femelles sont conservées pour l’élevage : leurs bréchets plus importants que ceux des mâles répondent mieux aux critères du consommateur.
L’éleveur récupère les poussins qui sont placés dans des petits enclos garnis de paille et font l’objet d’une attention toute particulière pendant une dizaine de jours.
A l’âge de six semaines, chaque Géline est baguée, une bague d’identification qui reste scellée jusqu’à la vente de l’animal et permet ainsi de ne pas le confondre avec n’importe quelle volaille noire, et de remonter si besoin est, du point de vente jusqu’à l’élevage. Une garantie supplémentaire pour le consommateur. Les volailles élevées en petits lots (maximum 1 000 volailles, mais le plus souvent 500) dans des bâtiments bien aménagés, où elles sont au maximum 11 par mètre carré ont accès à un parcours herbeux et ombragé (4 m2/volaille).
La Géline qui a une croissance très lente atteint son poids adulte - 2 à 2,5 kg - après 4 mois d’élevage.
25000 Gélines seront commercialisées cette année par la coopérative de la Dame Noire, en Touraine et dans les départements limitrophes (60 %), à Paris (35 %) et à l’export (5 %). Vendue entre 60 et 80 F/kg, la géline est un produit rare, de qualité constante, très appréciée pour la finesse de sa chair, mais relativement chère.
Pour le producteur, la marge nette varie entre 10 et 11 F/volaille. L’élevage de Gélines est un donc un complément de revenu intéressant. Mais le développement de la Géline est contrôlée (pas plus de 4 à 6 éleveurs en plus par an), afin de préserver la qualité du produit.

Annie Dennequin