Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
SOMMAIRE | N° 567 | Décembre 2001 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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L’événement

Conférence ministérielle de Doha

Micmac à l’OMC

«Vers un démantèlement des politiques agricoles»

installé en Gaec à Douvaine (Haute-Savoie), Olivier Barras est membre du conseil d’administration des Jeunes Agriculteurs et secrétaire général d’Afdi.
Avec Jean-Luc Duval, il était à Doha pendant la conférence ministérielle.

Comment avez-vous suivi les discussions de Doha?

Comme les autres représentants des ONG, nous n’avions pas accès à la salle des négociations officielles. Mais nous pouvions rencontrer François Huwart tous les jours pour faire un point sur l’avancement des débats. Dès le premier jour, nous lui avons réaffirmé qu’il ne fallait céder ni sur l’augmentation de l’accès au marché ni sur la proposition de suppression des restitutions à l’exportation. Parallèlement, nous avons rencontré des délégués du Japon, du Canada et de plusieurs ONG pour échanger avec eux de notre rapport d’orientation.
Je suis convaincu que les ONG ont un rôle capital à tenir dans les discussions de l’OMC. Je n’arrive pas à envisager qu’elles puissent avoir lieu sans les ONG. Notre présence sur place est indispensable pour faire pression, si besoin est, sur les négociateurs. Et de leur côté, ils peuvent, eux aussi, s’appuyer sur nous.

Comment jugez-vous le volet agricole du texte commun adopté par les membres de l’OMC à l’issue de la conférence?

On ne peut pas nier que ce texte est moins dur que la version initiale proposée par Stuart Harbinson. Nous avons sauvé un peu d’accès au marché mais la tendance générale reste la même. Pour résumer, je crains que l’on aille toujours dans la mauvaise direction, mais moins vite que prévu. Car globalement, on se dirige toujours vers un démantèlement des politiques agricoles. Jusqu’où? L’avenir le dira. Je pense néanmoins que l’Europe s’est ressoudée au cours de ces discussions.
Pour ce qui est des préoccupations non commerciales, elles n’ont pas pris la dimension que l’Europe souhaitait leur donner. On peut d’ailleurs se demander si l’OMC est vraiment capable de les prendre en compte.

Un nouveau cycle de négociations va débuter. Quel rôle les Jeunes Agriculteurs peuvent-ils y jouer?

Dans la continuité de notre dernier rapport d’orientation, nous allons continuer à promouvoir nos thèses en allant à la rencontre des politiques, des consommateurs et de la société civile. Dans ce sens, je crois qu’à Doha, nous avons redonné un tour de vis aux objectifs que nous nous étions fixés au mois de juin. Nous devons également développer les échanges avec les paysans du monde, notamment ceux des pays en développement, car il semble que depuis Seattle, les dirigeants de ces pays se soient ralliés aux théories libérales des Etats-Unis et du groupe de Cairns. Afdi, qui travaille depuis plus de 25 ans avec certains pays en développement, est à même de nouer des contacts avec des responsables professionnels représentatifs qui seront écoutés par leur gouvernement.