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Lévénement
Conférence ministérielle
de Doha
Micmac à lOMC
«Vers un démantèlement
des politiques agricoles»
installé en Gaec à Douvaine (Haute-Savoie),
Olivier Barras est membre du conseil dadministration des Jeunes
Agriculteurs et secrétaire général dAfdi.
Avec Jean-Luc Duval, il était à Doha pendant la conférence
ministérielle.
Comment avez-vous suivi les discussions
de Doha?
Comme les autres représentants des ONG, nous navions
pas accès à la salle des négociations officielles.
Mais nous pouvions rencontrer François Huwart tous les jours
pour faire un point sur lavancement des débats. Dès
le premier jour, nous lui avons réaffirmé quil
ne fallait céder ni sur laugmentation de laccès
au marché ni sur la proposition de suppression des restitutions
à lexportation. Parallèlement, nous avons rencontré
des délégués du Japon, du Canada et de plusieurs
ONG pour échanger avec eux de notre rapport dorientation.
Je suis convaincu que les ONG ont un rôle capital à
tenir dans les discussions de lOMC. Je narrive pas à
envisager quelles puissent avoir lieu sans les ONG. Notre
présence sur place est indispensable pour faire pression,
si besoin est, sur les négociateurs. Et de leur côté,
ils peuvent, eux aussi, sappuyer sur nous.
Comment jugez-vous le volet agricole du
texte commun adopté par les membres de lOMC à
lissue de la conférence?
On ne peut pas nier que ce texte est moins dur que la version initiale
proposée par Stuart Harbinson. Nous avons sauvé un
peu daccès au marché mais la tendance générale
reste la même. Pour résumer, je crains que lon
aille toujours dans la mauvaise direction, mais moins vite que prévu.
Car globalement, on se dirige toujours vers un démantèlement
des politiques agricoles. Jusquoù? Lavenir le
dira. Je pense néanmoins que lEurope sest ressoudée
au cours de ces discussions.
Pour ce qui est des préoccupations non commerciales, elles
nont pas pris la dimension que lEurope souhaitait leur
donner. On peut dailleurs se demander si lOMC est vraiment
capable de les prendre en compte.
Un nouveau cycle de négociations
va débuter. Quel rôle les Jeunes Agriculteurs peuvent-ils
y jouer?
Dans la continuité de notre dernier rapport dorientation,
nous allons continuer à promouvoir nos thèses en allant
à la rencontre des politiques, des consommateurs et de la
société civile. Dans ce sens, je crois quà
Doha, nous avons redonné un tour de vis aux objectifs que
nous nous étions fixés au mois de juin. Nous devons
également développer les échanges avec les
paysans du monde, notamment ceux des pays en développement,
car il semble que depuis Seattle, les dirigeants de ces pays se
soient ralliés aux théories libérales des Etats-Unis
et du groupe de Cairns. Afdi, qui travaille depuis plus de 25 ans
avec certains pays en développement, est à même
de nouer des contacts avec des responsables professionnels représentatifs
qui seront écoutés par leur gouvernement.
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