|
Éditorial
Développement agricole
Sortir de limpasse
LAnda, cest la base du développement agricole.
Avec cette association, les agriculteurs français financent
eux-mêmes leur propre développement.
Ce modèle de développement «à la française»,
mis en uvre avec les chambres dagriculture, les organisations
agricoles et les instituts (élevage, grandes cultures, viticulture...),
de nombreux pays nous lenvient. Parce quil a porté
ses fruits au-delà des espérances de ses fondateurs.
Grâce à lui, les agriculteurs ont adapté leurs
exploitations aux évolutions scientifiques, technologiques,
économiques et sociales.
Grâce à lui, lagriculture française est
devenue lune des plus performantes au monde, tout en gardant
une dimension humai-ne et en préservant la qualité
de ses produits.
Depuis deux ans, la réforme de lAnda est en marche.
Cette réforme, nous la comprenons. La loi existe, il faut
lappliquer. Mais cette réforme ne doit pas être
une excuse pour transformer lAnda en établissement
public.
Les pouvoirs publics ont déjà trouvé un bouc
émissaire : le syndicalisme. Parce que les syndicats agricoles
font du syndicalisme, ladministration se demande si les syndicats
participent aussi au développement.
Etude, expertise, information, formation, conseil, appui aux initiatives
locales... La liste est longue. A ceux qui font mine den douter,
je laffirme avec force : le syndicalisme jeune a mené,
mène toujours et continuera de mener des actions de développement,
de léchelon local à léchelon national.
Pour ne prendre que quelques exemples, je névoquerai
que linstallation, la promotion du métier et le développement
territorial. Dans chacun de ces domaines, laction des Jeunes
Agriculteurs est reconnue pour sa remarquable efficacité.
Pas seulement au profit de quelques-uns, mais au bénéfice
de toute une profession.
Révision du décret, des conventions, multiplication
des contrôles, plafonnement des crédits : la suradministration
du dévelop-pement agricole est enclenchée. Plus grave,
les pouvoirs publics se préparent à remplacer le financement
des programmes de dévelop-pement du syndicalisme, financés
par lAnda, par un financement public.
Nous ne sommes pas dupes. Il nest pas question que nous nous
fassions dicter notre développement par les pouvoirs publics.
Cest pour cela que nous naccepterons jamais une étatisation
de notre association de dévelop-pement. Parce que notre efficacité
est au prix de notre indépendance.
Les finances sont gelées, les programmes en suspens. Contraint
et forcé par ladminis-tration, le développement
agricole est aujourdhui au point mort.
Il est urgent de sortir de limpasse...
|