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SOMMAIRE | N° 567 | Décembre 2001 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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La végétation de l’igname se développe de mars à juillet, elle doit être palissée en mai.


L’igname Discorea opposita mesure entre 30 et 40cm et pèse en moyenne 1,5 à 2kg.



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Découverte

L’igname a pris racine dans le Loir-et-Cher

Dans le Loir-et-Cher, des agriculteurs cultivent un légume peu connu en Europe, l’igname.

L’igname, cette plante herbacée dont la région d’origine reste imprécise, et dont la culture nécessite un climat humide et chaud, est surtout produite en Afrique de l’Ouest (90% de la production mondiale avec 30millions de tonnes), le reste est cultivé en Amérique du Sud et dans la zone caraïbe.
Alors, comment cette plante a-t-elle pu arriver dans cette petite région du Loir-et-Cher autour de la commune de Saint-Claude-de-Diray? Les versions sont nombreuses et parfois rocambolesques, mais selon Jean-Luc Gendrier, jeune agriculteur et producteur d’ignames (2ha) à Montlivault, un habitant de Saint-Claude-de-Diray aurait rapporté cette plante d’Afrique du Sud après la guerre de 14-18 et l’aurait cultivée pour sa consommation personnelle. Jusque dans les années soixante-dix, cette culture est restée à l’état embryonnaire. Son développement n’est survenu qu’à partir de 1976.
«Les sols situés dans la vallée de la Loire sont sableux sur 1m de profondeur et très filtrants, fait remarquer Jean-Luc Gendrier. L’igname, qui pousse uniquement dans ce type de sol et aime l’humidité, s’y plaît donc beaucoup. Quant à la chaleur, évidemment ce n’est pas les Tropiques, les plantes poussent moins bien, mais nous bénéficions ici d’un micro-climat.» Aujourd’hui, sur les trois communes de Montlivault, Vineuil, et Saint-Claude de Diray, 35 producteurs cultivent 45ha d’ignames.
Le plant d’igname repiqué fin mars, développe une végétation jusqu’à début juillet. La culture doit être palissée en mai pour permettre une meilleure pénétration du soleil. Dans la terre, le tubercule commence alors à se développer mais c’est en fin de cycle, de mi-août à mi-septembre, qu’il grossit le plus.«C’est presque une culture bio, on n’emploie aucun fongicide, ni insecticide, le seul traitement que l’on fait c’est un désherbage léger au départ», précise Jean-Luc Gendrier. Mais l’igname est exigeante: des apports de zinc, potasse, magnésium, azote doivent donc être réalisés.

Les débouchés et le marché

La récolte se fait d’octobre à novembre. «Avant on creusait avec une bêche pour extraire le tubercule de la terre, maintenant on utilise une sous-soleuse qui peut aller jusqu’à un mètre de profondeur, le ramassage se fait toujours à la main». «Les ignames sont nettoyés dans le champ à grande eau avant d’être empilés dans des pallox. Ils peuvent être stockés jusqu’en mai de l’année suivante. La récolte et le palissage nécessitent pas mal de main-d’œuvre, mais j’ai déjà du monde qui fait les asperges,» ajoute Jean-luc.
Vendue 7 à 8F le kilo, l ‘igname est un complément de revenu pour l’agriculteur ou le retraité. «Il nous faut 4F par kilo pour couvrir nos frais, précise Jean-Luc Gendrier. Une année moyenne, les 35 producteurs récoltent entre 600 et 700t d’ignames qui sont vendues sous contrat à un seul négociant. Toute la production est acheminée vers Rungis. Sur 700t, 300 sont exportées vers l’Angleterre, 100 t vers les Antilles et les 300t restantes sont écoulées en France par des magasins de produits exotiques et des grandes surfaces.
En 1999, la récolte qui a été trop importante (plus de 800t) a fait chuter les cours. L’igname est un petit marché. Les producteurs ont donc décidé de réguler le marché en réduisant le tonnage de chaque producteur. certains peuvent produire jusqu’à 30t, quant aux retraités, ils sont limités à 5t. Sur les 35 producteurs, 25 ont accepté ces «quotas». Ils ont formé un syndicat des producteurs d’ignames, dont Jean-Luc Gendrier est le président. Autre règle instituée par le syndicat, la récolte doit être vendue au négociant en 10 tours pour permettre à chacun d’écouler sa production (avec au maximum 10% de sa production à chaque fois). Ainsi cette organisation du marché doit éviter de faire chuter les cours. «On n’a pas une si grosse demande que ça, fait remarquer Jean-Luc, il vaut mieux faire de la qualité et vendre moins.»

Annie Dennequin

Qu’est ce que l’igname?

L’igname comporte plus de six cents variétés dont la seule cultivée dans les régions tempérées (Dioscorea opposita) provient de Chine. Elle comprend une tige ronde lisse avec des feuilles cordiformes (en forme de cœur). Ses tubercules sont lisses et longs, avec une peau fine de couleur marron-jaune et sa chair est blanche. Légume riche en amidon, sa composition se rapproche de celle de la pomme de terre mais elle est plus riche en matières azotées.