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Grandes
cultures
Tournesol
Mieux prendre en compte la résistance
aux maladies
Mildiou, phomopsis, pieds secs ou sclérotinia, le tournesol
est une culture très sensible aux maladies. Cette année
encore, malgré les bons rendements observés dans de
nombreuses régions, des accidents sont intervenus avec du
mildiou sur des variétés sensibles, du phomopsis dans
le Sud-Ouest ou du sclerotinia du capitule en Bourgogne. Et si le
tournesol est en général une culture facile à
conduire, la lutte contre les maladies est sans aucun doute le point
le plus délicat de litinéraire cultural.
Dans toutes les régions, le Cetiom conseille aujourdhui
aux agriculteurs de retenir des hybrides à la fois résistants
au mildiou, tolérants au phomopsis et disposant dun
bon comportement vis-à-vis des différentes formes
de sclérotinia.
Une protection avant tout contre le mildiou
Le mildiou est probablement la maladie la plus redoutable du tournesol.
Il a été contrôlé une première
fois par la sélection génétique au début
des années 70. Et dans les années qui ont suivi, toutes
les variétés inscrites en France étaient résistantes
à cette première race de mildiou (dite race 1).
A la fin des années 80, deux nouvelles races de mildiou sont
apparues, les races A ou 710 et la race B ou 703. Certains traitements
de semences se sont révélés efficaces mais
pas en toute situation. Heureusement, les sélectionneurs
ont réussi en peu de temps à sélectionner des
hybrides résistants à ces nouvelles races de mildiou.
«Aujourdhui, toutes les régions sont concernées
par la présence de ces nouvelles souches de mildiou, souligne
Xavier Pinochet, responsable des maladies au Cetiom. Il existe heureusement
de nombreuses variétés résistantes dans tous
les créneaux de précocité.»
Le retour du phomopsis
Le phomopsis a fait brutalement son apparition dans le Sud-Ouest
en 1984 où il a entraîné des pertes de rendement
considérables, jusquà la destruction complète
de certaines parcelles. Là encore, la sélection variétale
a apporté une parade rapide contre cette maladie et dans
tous les créneaux de précocité, des hybrides
résistants, très peu sensibles ou peu sensibles au
phomopsis sont disponibles. Dans le milieu des années 90,
la pression phomopsis sest atténuée et les producteurs
sont devenus moins vigilants. «Mais depuis deux ou trois ans,
on a assisté à un retour du phomopsis, constate le
spécialiste du Cetiom, avec des dégâts parfois
importants, en particulier dans le Sud-Ouest.»
Attention aux sclerotinias
Le sclérotinia du tournesol peut sattaquer aux plantes
sous différentes formes selon les régions, sur le
collet (en terres de limons et de marais en Poitou-Charentes, Centre
et Limagne) sur le bouton floral (partout en France sauf dans le
Sud-Ouest et le Sud-Est), sur les tiges et sur les capitules (partout
sauf dans le Sud-Est). Contre le sclérotinia du collet, la
résistance génétique constitue la seule solution
car la lutte chimique nest pas efficace. La méthode
de lutte la plus sûre contre le sclérotinia du bouton
est de recourir à des hybrides tolérants mais il est
également possible dintervenir avec un insecticide
pour éviter les attaques précoces de pucerons. Le
sclérotinia de la tige est assez complexe à gérer
car il nexiste pas pour le moment de variétés
tolérantes.
Enfin le nombre de variétés très peu sensibles
ou peu sensibles au sclérotinia du capitule est assez limité,
pourtant il sagit de la forme la plus grave de la maladie.
Phoma, pieds secs et albugo
Contre le phoma et contre la maladie des pieds secs (complexe parasitaire
qui associe le phoma) il nexiste pas pour le moment de résistance
variétale, mais les sélectionneurs ont engagé
des programmes de recherche.
Autre maladie pour laquelle il nexiste pas encore de moyen
de lutte, lalbugo. Apparue sur tournesol en France au milieu
des années 90, cette maladie sest à nouveau
déclarée cette année en Poitou-Charentes. Elle
provoque lapparition sur le feuillage de taches blanches quil
ne faut pas confondre avec le mildiou. Les attaques dalbugo
sont en général peu préjudiciables au rendement
mais la présence de la maladie peut faciliter linstallation
dautres champignons sur les plantes et devenir dans ce cas
beaucoup plus nuisible.
Béatrice Carlier
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