LUCAS G - La goulotte universelle!
SOMMAIRE | N° 567 | Décembre 2001 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
Contact   Accueil   Archives   Recherche


Sommaire

 


Le tournesol est en général une culture facile à conduire; mais attention cependant à la lutte contre les maladies.

 


Dans le choix de ses variétés, il est conseillé de combiner résistance au mildiou et tolérance au phomopsis et de vérifier selon les régions le comportement des hybrides vis-à-vis du sclérotinia.


Le point de vue du jeune agriculteur
Stéphane Jouannet, à Couture (Charente)



Mode d’emploi
Grandes cultures
Tournesol

Mieux prendre en compte la résistance aux maladies

Mildiou, phomopsis, pieds secs ou sclérotinia, le tournesol est une culture très sensible aux maladies. Cette année encore, malgré les bons rendements observés dans de nombreuses régions, des accidents sont intervenus avec du mildiou sur des variétés sensibles, du phomopsis dans le Sud-Ouest ou du sclerotinia du capitule en Bourgogne. Et si le tournesol est en général une culture facile à conduire, la lutte contre les maladies est sans aucun doute le point le plus délicat de l’itinéraire cultural.
Dans toutes les régions, le Cetiom conseille aujourd’hui aux agriculteurs de retenir des hybrides à la fois résistants au mildiou, tolérants au phomopsis et disposant d’un bon comportement vis-à-vis des différentes formes de sclérotinia.

Une protection avant tout contre le mildiou

Le mildiou est probablement la maladie la plus redoutable du tournesol. Il a été contrôlé une première fois par la sélection génétique au début des années 70. Et dans les années qui ont suivi, toutes les variétés inscrites en France étaient résistantes à cette première race de mildiou (dite race 1).
A la fin des années 80, deux nouvelles races de mildiou sont apparues, les races A ou 710 et la race B ou 703. Certains traitements de semences se sont révélés efficaces mais pas en toute situation. Heureusement, les sélectionneurs ont réussi en peu de temps à sélectionner des hybrides résistants à ces nouvelles races de mildiou. «Aujourd’hui, toutes les régions sont concernées par la présence de ces nouvelles souches de mildiou, souligne Xavier Pinochet, responsable des maladies au Cetiom. Il existe heureusement de nombreuses variétés résistantes dans tous les créneaux de précocité.»

Le retour du phomopsis

Le phomopsis a fait brutalement son apparition dans le Sud-Ouest en 1984 où il a entraîné des pertes de rendement considérables, jusqu’à la destruction complète de certaines parcelles. Là encore, la sélection variétale a apporté une parade rapide contre cette maladie et dans tous les créneaux de précocité, des hybrides résistants, très peu sensibles ou peu sensibles au phomopsis sont disponibles. Dans le milieu des années 90, la pression phomopsis s’est atténuée et les producteurs sont devenus moins vigilants. «Mais depuis deux ou trois ans, on a assisté à un retour du phomopsis, constate le spécialiste du Cetiom, avec des dégâts parfois importants, en particulier dans le Sud-Ouest.»

Attention aux sclerotinias

Le sclérotinia du tournesol peut s’attaquer aux plantes sous différentes formes selon les régions, sur le collet (en terres de limons et de marais en Poitou-Charentes, Centre et Limagne) sur le bouton floral (partout en France sauf dans le Sud-Ouest et le Sud-Est), sur les tiges et sur les capitules (partout sauf dans le Sud-Est). Contre le sclérotinia du collet, la résistance génétique constitue la seule solution car la lutte chimique n’est pas efficace. La méthode de lutte la plus sûre contre le sclérotinia du bouton est de recourir à des hybrides tolérants mais il est également possible d’intervenir avec un insecticide pour éviter les attaques précoces de pucerons. Le sclérotinia de la tige est assez complexe à gérer car il n’existe pas pour le moment de variétés tolérantes.
Enfin le nombre de variétés très peu sensibles ou peu sensibles au sclérotinia du capitule est assez limité, pourtant il s’agit de la forme la plus grave de la maladie.

Phoma, pieds secs et albugo

Contre le phoma et contre la maladie des pieds secs (complexe parasitaire qui associe le phoma) il n’existe pas pour le moment de résistance variétale, mais les sélectionneurs ont engagé des programmes de recherche.
Autre maladie pour laquelle il n’existe pas encore de moyen de lutte, l’albugo. Apparue sur tournesol en France au milieu des années 90, cette maladie s’est à nouveau déclarée cette année en Poitou-Charentes. Elle provoque l’apparition sur le feuillage de taches blanches qu’il ne faut pas confondre avec le mildiou. Les attaques d’albugo sont en général peu préjudiciables au rendement mais la présence de la maladie peut faciliter l’installation d’autres champignons sur les plantes et devenir dans ce cas beaucoup plus nuisible.

Béatrice Carlier