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Mode demploi
Cultures spécialisées
Melons
Une nouvelle façon de fertiliser
De nouvelles formes dengrais azotés
arrivent sur les exploitations: les enrobés et les retards.
Grâce à eux, la fertilisation du melon promet désormais
dêtre plus simple à conduire, plus régulière
et moins exigeante en temps.
Enrobés ou retards, les nouveaux engrais sont très
attendus des producteurs. Ils devraient, en effet, bouleverser la
gestion de la fertilisation des cultures arboricoles et maraîchères.
Leur utilisation sur melon vient dêtre étudiée
par le CEHM (Centre dexpérimentation horticole de Marsillargues,
dans lHérault) de 1998 à 2000. Lintérêt
agronomique (vigueur, influence sur la mise à fruits), la
productivité (précocité, rendement, poids moyen,
calibre
) et la qualité gustative des fruits ont été
comparés, pour des cultures fertilisées par les trois
moyens aujourdhui existants: fertilisation classique, engrais
enrobés et engrais retards.
Première modalité: la fertilisation classique. Elle
consiste à apporter la moitié de la dose au moment
de la plantation, puis le reste (un engrais binaire soluble dazote
et potasse) par goutte-à-goutte, en ferti-irrigation.
Deuxième technique étudiée: les enrobés.
Ce sont des granulés contenant des éléments
fertilisants (azotés et/ou potassiques), enveloppés
dune couche perméable. On les dépose à
la plantation. Une fraction est libérée à ce
moment-là (par leau qui met les éléments
fertilisants en solution), le reste diffuse lentement par osmose.
Le principe des engrais enrobés est dadapter au plus
juste la courbe de libération de lazote à celle
des besoins nutritionnels de la plante. La technique présente
plusieurs avantages. Dabord, elle est moins exigeante en temps
quune fertilisation classique. Ensuite, elle permet un apport
dazote découplé de lirrigation, ce qui
permet dassurer une continuité dans la nutrition.
Troisième itinéraire technique: les engrais retards.
Il sagit dengrais avec retardateur de nitrification.
Ils ne sont efficaces que six à dix semaines après
introduction dans les cultures. A la plantation, on amène
une fertilisation «starter» (un engrais classique),
complétée par une partie engrais retard.
Dans le cas de la fertilisation classique, les résultats
de létude menée par le CEHM révèlent
un pool azoté élevé dans le sol, en début
de cycle. Ce qui correspond aussi à un risque de lessivage.
Lutilisation denrobés représente là
un avantage certain, au tout début de cycle, en diminuant
le risque de lessivage de lazote dans le sol. Les enrobés
permettent une amélioration du calibre des fruits, en revanche
ils nont aucune incidence sur le rendement, tandis que les
engrais retards ont un effet positif sur la production de la melonnière.
Bien positionner son engrais
Toutefois, les retards sont à positionner sur des créneaux
de culture plus tardifs (plantations à la fin du mois de
mars ou en avril), avec des bâches 500 trous ou en plein champ.
En effet, si les températures sont basses et le sol froid,
la minéralisation sera plus lente, lazote sera bloqué
trop longtemps et la végétation démarrera trop
doucement. Or, la culture du melon, cest un peu la course
à la précocité
Les producteurs cherchent
à mettre sur le marché le plus vite possible leur
production.
Le stade critique pour la fertilisation est la nouaison (la formation
des fruits). A ce stade, la plante ne doit pas manquer dazote.
On conseille donc dapporter des compléments azotés
à ce moment-là, au risque que la culture ne «semballe»,
dans le cas de variétés très végétatives.
En théorie, le principe des engrais enrobés et retards
devrait permettre de ne plus piloter la fertilisation. Cependant,
il est recommandé de surveiller les besoins nutritionnels
de la plante et dajuster, si nécessaire, en amenant
de lazote soluble par goutte-à-goutte. Cest en
particulier le cas lors de lutilisation denrobés.
«On préfère lengrais retard à lenrobé»,
conclut Vincent Judais, technicien au CEHM. «Il coûte
moins cher et permet un meilleur retour sur investissement».
LEntenc, engrais retard de la société Compo,
coûte 4 à 4,50F/kg et il en faut 500kg/ha, soit 2000F/ha
(auquel il faut ajouter le coût de lengrais starter).
La société Scotts propose Agroblen, un enrobé
à 8-9F/kg, pour 300 à 450kg/ha, soit 3500F/ha au minimum
(ajouter un complément dazote soluble éventuel).
«Toutefois, le retard nest pas à mettre sur des
créneaux précoces», rappelle-t-il.
Aujourdhui, ces nouveaux modes de fertilisation sont encore
peu utilisés et toujours en phase de développement
dans les exploitations, en Languedoc, en Provence et dans les Charentes.
Mais comme le rappelle Vincent Judais, «cette nouvelle approche
nécessitera un choix et un positionnement judicieux en fonction
du créneau de culture et des besoins nutritionnels de la
variété plantée.»
Cécile Vuchot
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