Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
SOMMAIRE | N° 567 | Décembre 2001 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Sommaire

 

 


le passage à l’euro nécessite une mise à jour de certains logiciels comme ceux de comptabilité, gestion commerciale, facturation...

 


Le guide de l’euro a été édité par les chambres d’agriculture. Il aidera l’agriculteur à franchir le cap plus facilement.

 


Le point de vue du jeune agriculteur
Franck Menonville, à Stainville (Meuse)
«J’envisage le passage à l’euro sereinement»

 


Pour les producteurs en vente directe, l’impact de l’euro sera important. Des formations leur sont proposées pour les informer sur les pièges à éviter.

 


Le «train forum», de l’Ordre des experts-comptables a permis aux agricuteurs de glaner des renseignements comptables, bancaires ou informatiques.

 

Le point de vue du jeune agriculteur
Thierry Vaute à Beaumes de Venise (Vaucluse)
«Des avantages pour l’exportation»

 


Didier Louvel est agriculteur à Mazière-de-Touraine (Indre-et-Loire).Membre du bureau des Jeunes Agriculteurs, il est responsable des dossiers fiscal et social
«L’euro doit ouvrir la voie à une harmonisation politique, fiscale et sociale»



Dossier
Passage à l’euro

 

 

L’Euro aux portes des exploitations

 

Le 1er janvier 2002, le franc disparaîtra au profit de l’euro. Un changement auquel les agriculteurs doivent se préparer en toute urgence puisqu’il concerne toutes les fonctions de l’exploitation agricole.

Dans moins d’un mois, l’euro remplacera la monnaie nationale de douze pays d’Europe. Cet événement achève la mise en place de l’Union économique et monétaire, un processus engagé depuis 1970 pour établir une zone de stabilité monétaire en Europe. Contrairement à l’écu qu’il remplace officiellement depuis le 1erjanvier 1999, l’euro est une monnaie et non une simple unité de compte.
Si l’échéance approche, le passage à l’euro ne semble pas encore préoccuper les Français. Les agriculteurs font preuve du même attentisme alors que l’euro a des répercussions sur les fonctions comptables, fiscales, juridiques, sociales et informatiques de leur exploitation ainsi que sur le commerce et la politique agricole.
La disparition des taux et des délais de change favorisera les échanges commerciaux. Plus important encore: l’euro fait disparaître le système agri-monétaire créé pour limiter, dans l’application de la Pac, les variations de change entre les monnaies européennes. Effectivement, jusqu’en 1999, la Pac était établie pour toute l’Europe dans une même unité monétaire (écu puis euro), puis appliquée dans chaque pays en monnaie nationale. Avec la disparition du système agri-monétaire, ce sont aussi les mécanismes conçus pour compenser la fluctuation des monnaies qui sont supprimés (montants compensatoires monétaires, taux de conversion agricoles ou écu vert utilisés dans le calcul en franc des aides établies en écus).
Depuis le début de sa mise en place en janvier1999, l’euro a déjà prouvé son efficacité. Un marché des obligations libellées en euro s’est rapidement développé et a favorisé le financement des entreprises européennes. De plus, la monnaie unique a permis aux pays de la zone euro de connaître une période de stabilité économique. Pourtant, il faudra du temps pour que l’euro devienne une devise internationale concurrente du dollar car la rentabilité élevée des investissements réalisés aux Etats-Unis attire les capitaux étrangers.

L’ensemble de l’exploitation concerné

«Les agriculteurs ont tendance à minimiser les incidences du passage à l’euro sur leur exploitation, explique Laurent Marc du CER des Côtes- d’Armor. Pourtant au 1erjanvier 2002, la comptabilité, les déclarations fiscales et sociales, le paiement des impôts, des taxes, des cotisations sociales et des salaires, devront être effectués en euro.» Si certains ont déjà basculé leur comptabilité à l’euro pour répondre à la demande de leurs clients et fournisseurs, la plupart des agriculteurs attendent le 1erjanvier 2002.
Sur le plan juridique, la conversion du capital des exploitations en société se fera en même temps que le basculement de comptabilité. Il est tout de même important de se renseigner auprès de son conseiller juridique car deux modes de conversion sont en vigueur: la conversion de la totalité du capital, adoptée par défaut par le greffe du tribunal, ou la conversion de la valeur de chaque part constituant le capital (voir encadré ci-dessous). «Avec cette deuxième méthode, l’addition des valeurs nominales, qui comportent, après conversion, un grand nombre de décimales, peut aboutir à une diminution ou une augmentation de capital, observe Daniel Coussens de la Caisse nationale du Crédit Agricole. Il faut donc que la société dispose de réserves et ne soit pas à la limite du capital minimum autorisé.» En tout cas, toute modification de capital oblige à changer les statuts et génère des frais.
Quant aux contrats, le passage à l’euro n’autorise pas les signataires à modifier leurs engagements. Pour éviter d’oublier de convertir certains d’entre eux, il faut dès à présent recenser l’ensemble des contrats en cours.
Dans le domaine de l’informatique, qui concerne à la fois la comptabilité, la gestion, la paye et la facturation, il faut faire, avec le prestataire, un bilan des mises à jour nécessaires et de leur coût. «Pour tous les logiciels concernés par le passage à l’euro, nos clients ont reçu gratuitement une mise à jour, explique Laurence Frouin, chef du marché viticulture et arboriculture chez Isagri. Aujourd’hui, 80% de nos clients sont équipés pour passer à l’euro. Les mises à jour des logiciels de comptabilité, de facturation et de gestion commerciale étaient disponibles dès 1999, celle du logiciel de paye en 2001.» Les principaux critères de compatibilité avec l’euro sont la possibilité d’imprimer le sigle euro, la gestion du basculement et des écarts de conversion, l’aptitude à prévoir des cours à cinq chiffres et à conserver l’originale de chaque pièce en franc. Attention: changer son équipement peut parfois être moins onéreux qu’adapter des systèmes existants.
Afin de sensibiliser de manière ludique les jeunes agriculteurs à l’impact de l’euro sur leur exploitation, les Jeunes Agriculteurs du Vaucluse ont organisé avec la chambre d’agriculture et la Maison de l’Europe dix soirées «Trivial Pursuit» courant novembre. «Les jeunes agriculteurs devaient répondre, comme au Trivial Pursuit, à des questions classées par thème: histoire de l’euro, moyens de paiement, comptabilité, informatique», explique Thierry Vaute, président des Jeunes Agriculteurs du Vaucluse. Les équipes portaient le nom des pays de la zone euro. A chaque fois, les participants étaient unanimes: le jeu permet d’être plus actif et plus réceptif; par rapport à une simple présentation des conséquences du passage à l’euro sur les exploitations agricoles, la quantité d’informations retenues est supérieure. «Ce jeu m’a également permis de dédramatiser le passage à l’euro et de mieux me rendre compte des enjeux de la monnaie unique en agriculture comme dans le reste de l’économie», poursuit Thierry Vaute.

Un impact supérieur en vente directe

«C’est surtout pour les fermes-auberges où les producteurs réalisant de la vente directe, que l’impact de l’euro sera important, précise Xavier Alix de la chambre d’agriculture du Nord. C’est pourquoi nous leur proposons des formations spécifiques où nous insistons sur les pièges à éviter: ne pas accepter de chèques libellés en euro sur un support en franc et inversement; refuser les chèques libellés en euro provenant de l’étranger car ils ne sont valables que dans leur pays d’émission. En effet, les agriculteurs devraient payer l’encaissement de ces chèques». Il faudra parfois arrondir les montants convertis en euro, devenus peu lisibles, et déterminer une nouvelle échelle de prix. «Mais la vigilance s’impose: comme un centime d’euro vaut 6,56 centimes de francs, les arrondis de prix peuvent avoir un impact sur le chiffre d’affaires», souligne Daniel Coussens. La conversion des prix, à réaliser avant le 1erjanvier 2002, prend du temps et a un coût car les tarifs en magasin, les devis, les supports de publicité doivent être actualisés.
Pour rendre la monnaie en euro dès le 1erjanvier 2002, les agriculteurs en vente directe et les fermes-auberges devront s’approvisionner en espèces auprès de leur banque où des fonds de caisse de 222 m (1456,32F) seront disponibles à partir du 1erdécembre 2001. Ils devront aussi vérifier, toujours auprès de leur banque, l’adaptation de leur terminal électronique de paiement au passage à l’euro.
Constatant que l’impact de l’euro dépend des exploitations, le centre de gestion de la Gironde propose aux agriculteurs un «diagnostic euro» de leur entreprise. «Pour la conversion du capital social, nous simulons les deux scénarios, conversion de l’ensemble du capital ou des parts, en indiquant la solution la plus adaptée», commente Alain Bousquet du CER de la Gironde. Le «diagnostic euro» fournit à chaque entreprise un calendrier des actions qu’elle doit entreprendre, classées par domaine: test de basculement, demande de fonds de caisse, édition du premier bulletin de salaire en euro. Ce diagnostic évalue le coût du passage à l’euro: mise à jour des logiciels, conversion du capital social, actualisation des prix, formation. Ainsi, le «diagnostic euro» a permis à un viticulteur de prendre conscience du coût du passage à l’euro sur son exploitation: 42400F (6463,84 e) (les deux postes les plus onéreux sont les mises à jour informatiques, 8200F (1250,08 e), et surtout l’actualisation des prix, 28500F (4344,80 e) ).

Faciliter l’euro

Pour faciliter le passage à l’euro dans les exploitations, plusieurs partenaires de l’agriculture se sont mobilisés et certains se sont révélés plus inventifs que d’autres. «En signant, le 17février 1998, la “charte de préparation des PME à l’euro”, les chambres d’agriculture se sont engagées à mettre en place des moyens humains et matériels pour informer, former et conseiller les agriculteurs», précise Dominique Bouvier de l’APCA. Pour preuve: la nomination de «messieurs euro» dans chaque chambre d’agriculture départementale et la réalisation d’une enquête pour évaluer l’état de préparation des exploitations.
Par retour de courrier, les exploitants ont pu poser leurs questions et les réponses aux trente questions essentielles ont fait l’objet d’un guide: origine de la monnaie unique, conséquences de l’euro sur la Pac, impact de l’euro sur les transactions commerciales européennes et mondiales, conséquences comptables de l’euro pour les entreprises agricoles, répercussions de l’euro sur le prix des baux de fermage, modalités de paiement et de facturation pour l’agriculteur (guide disponible dans chaque chambre départementale d’agriculture). Un moyen vivant de faire prendre conscience aux agriculteurs des conséquences du passage à l’euro sur leur exploitation.
Mais pour répondre aux interrogations sur l’euro, le système le plus original reste le «train forum» mis sur les rails par l’ordre des experts comptables en septembre2001. Ainsi dans dix-neuf villes étapes, les agriculteurs ont pu glaner des renseignements bancaires dans la voiture tenue par la Caisse d’épargne, comptables dans celle animée par l’ordre des experts comptables, et informatiques dans celle d’IBM.
Le plus dur pour l’agriculteur sera d’acquérir de nouveaux repères. Comment interpréter le cours du porc ou celui de l’ammonitrate? En lait, les repères sont bouleversés à deux niveaux puisque le prix sera exprimé en euro par hectolitre. Pour aider les agriculteurs à se constituer de nouvelles références, les banques ont intégré dans leurs guides un tableau des prix en euro des principaux produits agricoles: semences de blé, tracteur, ammonitrate, produits de traitement. Le Crédit Agricole conseille aux agriculteurs de réaliser un tableau avec les chiffres-clés de leur activité en euro: chiffre d’affaires, résultat, prix de vente des produits, principales charges.
Enfin, le centre d’économie rurale de la Somme a organisé une soirée «Monopoly» où les agriculteurs devaient acheter des intrants et vendre leur production en euro. Une façon amusante et vivante de donner aux agriculteurs quelques références de prix.

Céline tailleferre