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SOMMAIRE | N° 567 | Décembre 2001 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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L'aide financière s'adresse aux jeunes viticulteurs spécialisées en vins de table et vins de pays installés depuis le 1er janvier 1996.

 

Une aide directe pour les jeunes viticulteurs

 



Vie syndicale
Crise viticole

« Poursuivre l’effort de restructura tion du vignoble »
Viticulteur à Saint-Geniès-des-Mourgues (Hérault), Jérôme Despey est vice-président des Jeunes Agriculteurs et responsable du dossier viticulture.

Les vendanges et les vinifications achevées, quel bilan tirez-vous de la campagne 2001 ?

Dès le départ, nous avons été très inquiets, avec des estimations de vendange à hauteur de 60 millions d’hl et des stocks compris entre 4 et 5 millions d’hl en vins de table et vins de pays. Ensuite, les efforts de la profession pour maîtriser les rendements et plusieurs accidents climatiques, comme la sécheresse ou la pluviométrie dans certaines régions, ont conduit à une forte baisse de la récolte. Pour finir, nous allons arriver à une production de 56 millions d’hl, ce qui nous ramène au même niveau qu’en 1997 et 1998. C’est un premier élément favorable qui doit permettre aux viticulteurs d’espérer obtenir des prix un peu plus soutenus en vins de table et vins de pays. En outre, globalement, le millésime 2001 sera de grande qualité. C’est un autre élément rassurant car les metteurs en marché nous disent que la qualité se vend. Avec une baisse globale de la récolte, une augmentation du niveau qualitatif, un engagement de distillation de 4 à 5 millions d’hl et un plan d’adaptation du vignoble français, les conditions semblent réunies pour que la situation se redresse, même si une baisse de la consommation nationale se confirme. Cependant un motif d’inquiétude demeure : l’attentisme des metteurs en marché. La profession prend ses responsabilités, les metteurs en marché doivent faire de même. Honnêtement, si le marché ne se ressaisit pas maintenant, c’est qu’il y a autre chose, des vins qui rentrent de l’extérieur par exemple.
On nous dit qu’il y a une diminution globale des importations, mais nous avons des doutes. Nous serons très vigilants sur ce sujet.

Dans quelle situation se trouvent les viticulteurs en général, et les jeunes en particulier ?

La plupart des viticulteurs ne se sont rendu compte de l’ampleur de la crise que très récemment. En effet, les structures intermédiaires comme les coopératives, ont fait tampon pendant plusieurs mois, jusqu’aux vendanges, où beaucoup d’entre elles ont arrêté de verser les acomptes. Depuis 1986, je n’ai jamais vu des vendanges se dérouler dans une ambiance aussi morose. Il y a une inquiétude profonde et tout le monde s’interroge sur le devenir de la filière.
Les jeunes viticulteurs ont été les premiers touchés par la crise. Dès que les acomptes diminuent, il se crée d’emblée pour les jeunes des problèmes de trésorerie. Certains jeunes se posent des questions et nous disent qu’ils seront obligés d’abandonner cette activité si rien n’est fait pour les aider. Il faut avoir en tête qu’en production de vins de table et de vins de pays, les baisses de chiffre d’affaires peuvent aller jusqu’à 50 %. Avec des cours proches de 17 F/°hl (2,59 €/°hl NDLR) avant les vendanges, les prix sont passés en dessous du coût de production, que j’évalue à 20 F/°hl (3,05 €/°hl NDLR).

Justement, quels commentaires vous inspirent le plan d’aides directes que vous venez d’obtenir pour les jeunes viticulteurs ? (voir encadré)

Il était temps que ce dispositif sorte. Il est dommage de devoir attendre aussi longtemps pour que des mesures annoncées en septembre soient réellement opérationnelles. Nous avions réclamé une aide qui puisse monter jusqu’à 50 000 F ( 7622,45 e) pour les jeunes les plus en difficulté. La circulaire plafonne les aides à 4 600 e, ce n’est donc pas aussi élevé que nous le souhaitions. Mais le ministre a bien précisé qu’il s’agissait d’une première enveloppe et pas d’un solde de tous comptes. En fonction de l’évolution de la situation, nous feronsà nouveau le point dans quelque temps.

A plus long terme, de quelles réformes le secteur viticole a-t-il besoin en priorité ?

On ne peut pas demander éternellement des mesures de gestion de crise. Au niveau européen, il faut revoir l’OCM viti-vinicole, dans le sens d’une véritable gestion des marchés. Sur la base d’une meilleure connaissance du potentiel viticole communautaire, je pense qu’il faudra aller vers la mise en place d’une distillation obligatoire, déclenchée au-delà de certains rendements. Nous devons continuer l’effort de reconversion du vignoble et trouver un dispositif permettant d’arracher les vignes qui ne sont plus aptes aux exigences qualitatives du marché. Nous savons qu’une forte proportion de ces vignes appartient à des personnes entre 50 et 60 ans. Un nouveau plan de préretraite serait le bienvenu afin de libérer ces surfaces pour des jeunes ou pour conforter des structures. Enfin, il est impératif de mieux structurer la promotion des vins français. L’offre nationale est diffuse et nous n’arrivons pas à concentrer les moyens de communication. Il faut que la profession se serre les coudes et que les pouvoirs publics appuient financièrement cette promotion concertée.