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Vie syndicale
Crise viticole
« Poursuivre leffort
de restructura tion du vignoble »
Viticulteur à Saint-Geniès-des-Mourgues (Hérault),
Jérôme Despey est vice-président des Jeunes
Agriculteurs et responsable du dossier viticulture.
Les vendanges et les vinifications achevées,
quel bilan tirez-vous de la campagne 2001 ?
Dès le départ, nous avons été très
inquiets, avec des estimations de vendange à hauteur de 60
millions dhl et des stocks compris entre 4 et 5 millions dhl
en vins de table et vins de pays. Ensuite, les efforts de la profession
pour maîtriser les rendements et plusieurs accidents climatiques,
comme la sécheresse ou la pluviométrie dans certaines
régions, ont conduit à une forte baisse de la récolte.
Pour finir, nous allons arriver à une production de 56 millions
dhl, ce qui nous ramène au même niveau quen
1997 et 1998. Cest un premier élément favorable
qui doit permettre aux viticulteurs despérer obtenir
des prix un peu plus soutenus en vins de table et vins de pays.
En outre, globalement, le millésime 2001 sera de grande qualité.
Cest un autre élément rassurant car les metteurs
en marché nous disent que la qualité se vend. Avec
une baisse globale de la récolte, une augmentation du niveau
qualitatif, un engagement de distillation de 4 à 5 millions
dhl et un plan dadaptation du vignoble français,
les conditions semblent réunies pour que la situation se
redresse, même si une baisse de la consommation nationale
se confirme. Cependant un motif dinquiétude demeure
: lattentisme des metteurs en marché. La profession
prend ses responsabilités, les metteurs en marché
doivent faire de même. Honnêtement, si le marché
ne se ressaisit pas maintenant, cest quil y a autre
chose, des vins qui rentrent de lextérieur par exemple.
On nous dit quil y a une diminution globale des importations,
mais nous avons des doutes. Nous serons très vigilants sur
ce sujet.
Dans quelle situation se trouvent les viticulteurs
en général, et les jeunes en particulier ?
La plupart des viticulteurs ne se sont rendu compte de lampleur
de la crise que très récemment. En effet, les structures
intermédiaires comme les coopératives, ont fait tampon
pendant plusieurs mois, jusquaux vendanges, où beaucoup
dentre elles ont arrêté de verser les acomptes.
Depuis 1986, je nai jamais vu des vendanges se dérouler
dans une ambiance aussi morose. Il y a une inquiétude profonde
et tout le monde sinterroge sur le devenir de la filière.
Les jeunes viticulteurs ont été les premiers touchés
par la crise. Dès que les acomptes diminuent, il se crée
demblée pour les jeunes des problèmes de trésorerie.
Certains jeunes se posent des questions et nous disent quils
seront obligés dabandonner cette activité si
rien nest fait pour les aider. Il faut avoir en tête
quen production de vins de table et de vins de pays, les baisses
de chiffre daffaires peuvent aller jusquà 50
%. Avec des cours proches de 17 F/°hl (2,59 €/°hl NDLR)
avant les vendanges, les prix sont passés en dessous du coût
de production, que jévalue à 20 F/°hl (3,05
€/°hl NDLR).
Justement, quels commentaires vous inspirent
le plan daides directes que vous venez dobtenir pour
les jeunes viticulteurs ? (voir encadré)
Il était temps que ce dispositif sorte. Il est dommage de
devoir attendre aussi longtemps pour que des mesures annoncées
en septembre soient réellement opérationnelles. Nous
avions réclamé une aide qui puisse monter jusquà
50 000 F ( 7622,45 e) pour les jeunes les plus en difficulté.
La circulaire plafonne les aides à 4 600 e, ce nest
donc pas aussi élevé que nous le souhaitions. Mais
le ministre a bien précisé quil sagissait
dune première enveloppe et pas dun solde de tous
comptes. En fonction de lévolution de la situation,
nous feronsà nouveau le point dans quelque temps.
A plus long terme, de quelles réformes
le secteur viticole a-t-il besoin en priorité ?
On ne peut pas demander éternellement des mesures de gestion
de crise. Au niveau européen, il faut revoir lOCM viti-vinicole,
dans le sens dune véritable gestion des marchés.
Sur la base dune meilleure connaissance du potentiel viticole
communautaire, je pense quil faudra aller vers la mise en
place dune distillation obligatoire, déclenchée
au-delà de certains rendements. Nous devons continuer leffort
de reconversion du vignoble et trouver un dispositif permettant
darracher les vignes qui ne sont plus aptes aux exigences
qualitatives du marché. Nous savons quune forte proportion
de ces vignes appartient à des personnes entre 50 et 60 ans.
Un nouveau plan de préretraite serait le bienvenu afin de
libérer ces surfaces pour des jeunes ou pour conforter des
structures. Enfin, il est impératif de mieux structurer la
promotion des vins français. Loffre nationale est diffuse
et nous narrivons pas à concentrer les moyens de communication.
Il faut que la profession se serre les coudes et que les pouvoirs
publics appuient financièrement cette promotion concertée.
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