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Lévénement
Crise bovine
Enfin, un accord sur les prix !
Laction syndicale sest avérée payante.
Après le plan dintervention présenté
par le ministre de lAgriculture le 17 octobre, éleveurs
et abatteurs sont tombés daccord sur un prix minimum
le 25.
Un an déjà que les éleveurs bovins subissent
les effets de la crise. Rappel des faits : en octobre 2000, une
vache atteinte dESB est présentée à labattoir
et retirée de la chaîne alimentaire. En rappelant immédiatement
la viande de 11 bovins élevés avec cette vache, la
grande distribution sème le doute, puis la panique dans les
esprits : la consommation chute, les prix seffondrent.
Un an après, la crise est toujours là. En cumul sur
un an, la perte de consommation est estimée à 18 %
par le Centre dinformation des viandes (CIV), qui évalue
à un million le nombre de ménages qui nont plus
consommé de buf depuis le début de la crise.
Sur les marchés, les cours apparaissent toujours aussi déprimés
(4,46 F/kg de moins en octobre 2001 quen octobre 2000 pour
les vaches laitières, 3,85 F/kg de moins pour les jeunes
bovins). Pourtant, des mesures significatives ont été
prises en matière de gestion du marché, et de compensations
financières (voir encadré).
Une année de crise
| Une année
de mesures pour lélevage |
| Gestion de marché : |
Trésorerie et compensations de
pertes : |
novembre 2000, mise en
uvre du stockage privé,
décembre 2000, ouverture
de lintervention publique (jeunes bovins et bufs).
238 000 t vendues, dont 75 000 t en France,
janvier 2001, mise en uvre
du
régime dachat destruction pour six mois. 240 000
t achetées, dont 60 600 t en France,
juillet 2001, démarrage
du régime dachat spécial (vaches de réforme).
72 000 t achetées dont 21 800 t en France,
octobre 2001, signature
dun accord interprofessionnel sur un prix minimum |
novembre 2000, allégement
de charges pour les éleveurs (400 MF), report de cotisations
sociales (1 240 MF), déblocage de prêts bonifiés
à 1,5 % (500 MF),
février 2001 : déblocage
daides
directes pour les éleveurs (1 000 MF),
prise en charge dintérêts (200 MF), complément
à la prime vache allaitante (100 MF), aide à la
filière veau de boucherie (100 MF),
déblocage de prêts bonifiés à 1,5
% (500 MF). |
Pendant douze mois, la mobilisation des éleveurs na
jamais fléchi. Après avoir relevé les prix
de la viande bovine dans les linéaires cet été,
les éleveurs se sont attachés le mois dernier à
contrôler les importations de viande. Un peu partout sur le
territoire, des « commandos » ont bloqué les
routes, les abattoirs et les centrales d achat pour vérifier
la provenance des viandes et obtenir un accord sur un prix minimum.
Aux dires des éleveurs, « une quantité importante
de viande étrangère, introduite à bas prix
et dont la traçabilité n'est pas toujours avérée
a été découverte. » Une situation jugée
« intolérable » par la profession « au
regard de la détresse qui sempare des campagnes. »
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La forte mobilisation des éleveurs
(ici en Haute-Vienne) a permis la signature d'un accord interprofessionnel
sur un prix minimum et l'arrêt des importations de viande. |
Un plan à confirmer
Ces opérations se sont révélées payantes.
Le 17 octobre, Jean Glavany proposait aux producteurs bovins un
« plan de sauvetage » de lélevage (voir
encadré). Première priorité : dégager
du marché plus de 4 000 t de viande par semaine, au titre
de lintervention publique et de lachat spécial,
pour résorber les stocks sur pied et redresser les cours.
Dans le même registre, le ministre, sous réserve de
la mise en place de filières de valorisation, a ouvert la
porte au retrait temporaire des veaux de huit jours - une mesure
à laquelle il sétait toujours opposé,
malgré sa remarquable efficacité. Enfin, le ministre
a annoncé le déblocage prochain dun deuxième
train daides directes aux producteurs. Sur la base destimations
de la situation financière des éleveurs, une table
ronde sera organisée à la mi-décembre pour
définir un volet complémentaire au plan daccompagnement
présenté en février dernier.
| Le plan du 17 octobre |
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- Optimisation des mesures de gestion de marché
- Mise en uvre dun plan broutard
- Maîtrise de la filière veau
- Relance de lexportation
- Fixation de prix minimum
- Traçabilité et étiquetage des viandes
- Relance de la consommation
- Soutien financier aux éleveurs
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Accord historique
Le 25 octobre, le syndicalisme (Jeunes Agriculteurs, FNSEA, FNB
et FNPL) obtenait des abatteurs (FNCVB et FNICGV) larrêt
temporaire des importations et un accord, qualifié dhistorique,
sur un prix minimum pour les vaches de réforme (voir tableau).
Mise en application le 29 octobre, cette grille sera révisée
le 1er décembre. Mais elle constitue une véritable
avancée pour les éleveurs bovins qui voient le prix
de leurs vaches de réformes augmenté mécaniquement
de 1,50 à 2 F/kg. Jean-Luc Duval, sest déclaré
« très satisfait » par la signature de cet accord,
même sil juge « dommage den être arrivé
à des blocages de sites pour (l) obtenir. » :
« Jespère franchement que cet accord va être
respecté. Bien sûr, il résulte dun compromis,
et comme tout compromis, il ne satisfait pas tout le monde. Mais
sil est appliqué, toute la filière bovine va
sen retrouver grandie. » Le président des Jeunes
Agriculteurs a toutefois émis une petite réserve :
« La classification des carcasses en abattoir est essentiellement
faite de manière visuelle, ce qui peut prêter à
confusion. Il est donc nécessaire de positionner rapidement
des machines à classer dans les abattoirs. »
Incontestablement, cette grille de prix amène une bouffée
doxygène à lélevage français.
Mais elle ninterdit pas loin sen faut
de réfléchir à un rééquilibrage
de fond entre loffre et la demande. Depuis plusieurs mois,
les Jeunes Agriculteurs proposent des pistes de travail : la maîtrise
de la production de veaux (retrait des veaux de huit jours, réduction
des poids), la maîtrise du cheptel femelle (fixation de droits
à produire, primés ou non) et la maîtrise des
poids de carcasse (pour les bovins de moins de 24 mois). Mais la
filière est-elle prête à jouer le jeu de la
maîtrise ?
| La grille de
paiement adoptée le 25 octobre |
| Linterprofession bovine a établi
une grille de prix minimum entrée-abattoir pour les vaches
de réforme (hors filière de qualité). |

La grille de prix minimum ouvre des perspectives
de relations nouvelles dans la filière bovine. |
| Vache U= |
21,00 F/kg |
| Vache U- |
20,00 F/kg |
| Vache R3+ |
19,00 F/kg |
| Vache R2+ |
18,50 F/kg |
| Vache R3= |
17,60 F/kg |
| Vache R2= |
17,20 F/kg |
| Vache R- |
16,20 F/kg* |
| Vache O3+ |
13,00 F/kg |
| Autres O |
12,27 F/kg** |
| P3+ |
12,00 F/kg |
| Autres P |
10,65 F/kg** |
| P- |
pas de prix |
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* état dengraissement
minimum 2
** pour cette adjudication
Vincent Lasseret
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