LUCAS G - La goulotte universelle!
SOMMAIRE | N° 566 | Novembre 2001 Site réalisé et hébergé par Web-agri
 
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Les Jeunes Agriculteurs se félicitent de l’ouverture de la dotation jeune agriculteur aux agriculteurs s’installant à titre secondaire en zone de plaine.

 

 


L’abaissement de l’âge minimum à 18 ans pose le problème du niveau de formation et de la « prise d’indépendance » des jeunes par rapport à leur environnement familial.



Objectif installation

Dotation jeune agriculteur
Accéder aux aides plus facilement

Le ministère de l’Agriculture vient enfin de publier le décret sur l’installation annoncé en mai 2000. Hélas, toutes les mesures ne vont pas dans le bon sens.

Un décret attendu

Mieux vaut tard que jamais. Le 15 mai 2000, à l’occasion de la journée nationale de l’installation organisée à Etalans (Doubs) par les Jeunes Agriculteurs, Jean Glavany annonçait un train de 21 mesures en faveur de l’installation (voir JA 551 - juin 2000). Si certaines d’entre elles ont été mises en application très rapidement, d’autres ont mis plus de temps à voir le jour. Le décret modifiant les conditions d’accès aux aides à l’installation vient tout juste d’être publié. Comme prévu, le texte ouvre la DJA aux candidats entre 35 et 40 ans et aux agriculteurs à titre secondaire en zone de plaine. Par contre, il abaisse l’âge minimum à 18 ans et supprime la possibilité de réaliser son Epi sur six ans. Au final, il laisse perplexe les responsables syndicaux des Jeunes Agriculteurs.

Aider les pluriactifs en zone de plaine

Les agriculteurs à titre secondaire en zone de plaine peuvent désormais bénéficier d’aides pour s’installer : 50 % de la DJA et la totalité des prêts MTS-JA. « En zone de plaine, dans le Bassin parisien, par exemple, les exploitations sont souvent assez structurées, explique Xavier Sublet, administrateur des Jeunes Agriculteurs. Limités par le montant des investissements, les jeunes n’ont pas toujours la possibilité de reprendre ces exploitations dans leur intégralité. (…). Cette mesure va faciliter l’installation de jeunes pluriactifs sur des fermes de petite taille, qui ne leur permettraient de dégager suffisamment de revenu pour s’installer à titre principal. Dans un deuxième temps, elle peut également les inciter à conforter progressivement leurs structures et à devenir agriculteurs à titre principal. »

Assouplissement des conditions d'age

L’âge limite pour bénéficier de la DJA est étendu de 35 à 40 ans. « C’est une mesure réaliste, estime Catherine Corbel, présidente des Jeunes Agriculteurs de la région Bretagne, dans la mesure où l’âge à l’installation augmente d’année en année. Ceci dit, je pense aussi que c’est une limite au-delà de laquelle il ne faut pas aller, car certains investissements ne se rentabilisent que sur le long terme. Il faut donc du temps pour les rembourser. »
Contrairement aux souhaits des Jeunes Agriculteurs, le ministère a décidé d’abaisser l’âge minimum pour bénéficier de la DJA : 18 ans contre 21 précédemment. « A l’heure où la société nous demande d’être de plus en plus professionnels, de plus en plus pointus techniquement, il me semble totalement paradoxal de permettre des installations aussi précoces, poursuit Catherine Corbel. La limite des 21 ans incitait les jeunes à compléter leur BTA par un BTS, un certificat de spécialisation, des stages ou une expérience salariée. Elle leur permettait de perfectionner leurs connaissances et de prendre le temps d’étudier leur projet professionnel sous tous ses aspects, de la gestion comptable à la maîtrise environnementale. Je crains que les jeunes sortant d’un BTA à 18 ans ne disposent pas tous du niveau de compétence et d’ouverture suffisants pour s’installer immédiatement. En outre, cette mesure ouvre la porte à des installations « organisées » par les parents, pour lesquelles les jeunes ne disposeront que du titre d’agriculteur, mais pas des responsabilités. (…). Il ne s’agit pas d’une réaction de ma part contre les jeunes de 18 ans, mais je pense que ce n’est pas un service à leur rendre que de leur permettre de s’installer aussi tôt. »

Recul sur l'installation progressive

Autre mauvaise surprise pour les Jeunes Agriculteurs : l’Epi ne peut plus être réalisée sur 6 ans. L’abandon de ce dispositif risque de pénaliser l’installation progressive, un objectif pourtant inscrit dans la loi d’orientation agricole. « Cette mesure nous pose de gros problèmes, regrette Laurent Viguier, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs du Tarn, car nous avons fréquemment recours aux installations sur six ans en productions ovines, bovines ou viticoles. Ce sont des ateliers dont les cycles de production sont longs et qui ne permettent pas toujours d’atteindre un revenu au bout des trois ans. (…). Pour remplacer cette mesure, le ministre de l’Agriculture met en avant le CTE installation progressive. Bien que cet outil puisse être utile à certains jeunes qui souhaitent s’installer sur de petites structures, les Jeunes Agriculteurs regrettent que soit abandonnée la complémentarité offerte par l’Epi sur six ans et le CTE installation progressive. « Notre crainte est que le CTE installation progressive serve surtout à gonfler les statistiques, conclut Laurent Viguier.»

Versement du solde de la DJA

Les modalités de versement de la seconde partie de la DJA ont également été modifiées. Ainsi, lorsque le revenu en troisième année est inférieur à 140 % du revenu de référence et que le revenu des deux premières années dépasse ce seuil, c’est la moyenne des revenus des trois exercices qui est examinée.