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59,5
millions dhectolitres devraient être vendangés
cette année.

La France
boit moins, elle est plus exigeante.
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Actualité - France
Viticulture
Un projet stratégique
Les pouvoirs publics et la profession sont
daccord pour adapter sur dix ans le vignoble aux évolutions
du marché français et international. Reste
à gérer lurgence
Cest une vendange abondante qui est
annoncée : 59,5 millions dhectolitres, égale
à la récolte de lan 2 000. Avec une
baisse en Val-de-Loire (les intempéries) et une hausse
en Languedoc. Et ce nest pas une bonne nouvelle. Lexcédent
en 2000 était de 6 millions dhectolitres, consommation
hexagonale et export additionnés. Un nouvel excédent
va donc venir aggraver une crise que Jérôme
Despey, responsable du dossier viticole des Jeunes Agriculteurs,
dit dores et déjà « très
grave ». Lautomne risque dêtre chaud.
La crise sexplique en premier lieu par la structure
de la filière. Les VQPRD (Vins de qualité
provenant de régions délimitées : AOC
et VDQS) représentent la moitié de la récolte
(26,7 millions dhectos) ; viennent ensuite les vins
de pays (16,7 Mhl), les vins de distillation pour le cognac
(8 Mhl), les vins de table (8 Mhl). Ce sont ces vins de
table qui ne se vendent pratiquement plus.
Les évolutions sociales expliquent pour une part
les difficultés de cette viticulture de consommation
courante. La France boit moins, elle est plus exigeante.
Mais cela nexplique pas tout : depuis le début
de la crise ont été importés quelque
5 Mhl dItalie et dEspagne, des bibines en provenance
de divers pays de la Communauté qui se vendent au
détail moins de 5 F le litre.
Pour cette culture pérenne, il nest évidemment
pas facile de suivre les aléas de la mode. Le monde
viticole ne sest pourtant pas laissé surprendre
par cette évolution. En vingt ans, la surface du
vignoble (916 000 ha) a régressé de plus de
20 %, celle des vins de table de 46 % alors que celle des
vins dappellation augmentait de 30 %, jusquà
occuper 60 % du total.
Un rapport vient dêtre publié, à
la demande du ministère de lAgriculture. Titre
: « Comment mieux positionner les vins français
sur les marchés dexportation ». Son auteur,
Jacques Berthomeau, contrôleur général
des offices agricoles, y a la dent dure. Depuis 1996, écrit-il,
les producteurs ont relâché leurs efforts de
qualité et de maîtrise de production. Il épingle
aussi les pouvoirs, français et européen,
qui « confortent ceux qui sont à lorigine
de la crise et fragilisent ceux qui ont su adapter leur
offre à la demande commerciale ». Il faut compter
enfin avec une évidente inadaptation commerciale,
sur un marché international de plus en plus disputé.
Les AOC les plus prestigieuses partent à lexport
en ordre dispersé et se font ronger leurs parts de
marché par des professionnels californiens, australiens,
latino-américains.
Reste à passer du constat aux actes. Au congrès
des caves coopératives de Bordeaux, le 4 juillet,
Jean Glavany a proposé la mise en place à
la rentrée dun groupe de pilotage, interprofessionnel,
pour travailler à un « projet stratégique
» à lhorizon 2010.
Mais il reste lurgence de la crise. Les mesures dallègement
de charges sont reçues comme « insuffisantes
et inadaptées ». Et puis elles ne sattaquent
pas à lengorgement du marché. Jean Glavany
a annoncé la distillation en deux tranches de 3 millions
dhectos. Là encore, cela semble très
insuffisant.
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