Les fongicides mesostemiques de Bayer Agro
N° 564 | Septembre 2001

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Actualité - France

L’interview imaginaire
« Des prix bas ! Vive les prix bas !»
Alors que la grande distribution est encore une fois accusée de casser les prix, JA a (presque) rencontré les dirigeants
de Carrechan et d’Interclerc, les deux principales enseignes françaises…

Carrechan - Interclerc : (En chœur) Des prix bas ! Des prix bas ! Des prix bas !
JA : Oh là, du calme. Qu’est ce qui se passe.
Carrechan : Des prix bas, on veut des prix bas, vive les prix bas !
JA : D’accord, mais pour quoi faire ?
Interclerc : Mais pour le consommateur, enfin. Nous, on l’aime bien le consommateur. On veut lui offrir des prix bas. (Ensemble) Oui, oui, des prix bas ! Des prix bas !
JA : Attendez, il y a un truc que je ne comprends pas, là. Vous êtes distributeurs, votre objectif, c’est de vendre. Donc, en théorie, si vous voulez gagner de l’argent, vous avez intérêt à vendre le plus cher possible, non ?
Carrechan : Dis donc, t’es nouveau dans le métier toi. Laisse tomber la théorie, nous, on fait dans l’ultra-concret.
Interclerc : Oui, on va te faire une confidence : les prix bas, c’est juste pour attirer un maximum de gogos chez nous.
Carrechan : Et pour pouvoir pratiquer ces prix bas, on a un secret : on se débrouille pour acheter la camelotte beaucoup moins, mais alors beaucoup moins cher qu’on va la revendre…
Interclerc : Ah oui, tellement moins cher que tu ne peux même pas l’imaginer. Niveau ras des pâquerettes…
JA : Mais comment vous faites pour acheter systématiquement au plus bas prix ?
Carrechan : Alors là, tu vois, chacun sa tactique. Moi je me suis débrouillé pour zigouiller tous les intermédiaires. Comme ça je travaille en direct avec mes producteurs. Et comme de leur côté, ils n’ont que moi comme client, j’impose ma loi et ça file doux ! Crois-moi, rien ne vaut l’intégration.
Interclerc : Moi, c’est tout le contraire. Je m’arrange pour avoir un maximum d’intermédiaires et un maximum de fournisseurs. Comme ça, je les mets tous en concurrence et ils se déchirent entre eux. Et si il y en a un qui ne joue pas le jeu – c’est rare – je ne lui prends plus rien et il disparaît ! Tu vois, l’idéal, c’est la concurrence à outrance.
JA : Mais dans les deux cas le résultat est le même, vous êtes toujours gagnant ?
Carrechan : Ah oui, et y’a intérêt ! C’est qu’on a des actionnaires à faire vivre nous, tu sais…
JA : Mais c’est abject votre système. Les producteurs, les fournisseurs, vous y pensez un peu !
Interclerc : (Plié de rire) A ça non, on n’y pense pas du tout. On s’en fiche comme de l’an 40. Tu as vu comment on traite les caissières chez nous, alors tu penses, les producteurs…
JA : Donc, mis à part le pognon, vous vous fichez de tout ?
Carrechan : Ah non, il y a une chose à laquelle il ne faut pas toucher…
JA : Ah oui, laquelle ?
Carrechan - Interclerc : (En chœur) Les prix bas ! Les prix bas ! Les prix bas ! Les…