Linterview imaginaire
« Des
prix bas ! Vive les prix bas !»
Alors que la grande distribution est encore
une fois accusée de casser les prix, JA a (presque)
rencontré les dirigeants
de Carrechan et dInterclerc, les deux principales
enseignes françaises
Carrechan - Interclerc
: (En chur) Des prix bas ! Des prix bas ! Des prix
bas !
JA : Oh là, du
calme. Quest ce qui se passe.
Carrechan : Des prix bas, on veut des prix bas, vive les
prix bas !
JA : Daccord, mais pour quoi faire ?
Interclerc : Mais pour le consommateur, enfin. Nous, on
laime bien le consommateur. On veut lui offrir des
prix bas. (Ensemble) Oui, oui, des prix bas ! Des prix bas
!
JA : Attendez, il y a un truc que je ne comprends pas, là.
Vous êtes distributeurs, votre objectif, cest
de vendre. Donc, en théorie, si vous voulez gagner
de largent, vous avez intérêt à
vendre le plus cher possible, non ?
Carrechan : Dis donc, tes nouveau dans le métier
toi. Laisse tomber la théorie, nous, on fait dans
lultra-concret.
Interclerc : Oui, on va te faire une confidence : les prix
bas, cest juste pour attirer un maximum de gogos chez
nous.
Carrechan : Et pour pouvoir pratiquer ces prix bas, on a
un secret : on se débrouille pour acheter la camelotte
beaucoup moins, mais alors beaucoup moins cher quon
va la revendre
Interclerc : Ah oui, tellement moins cher que tu ne peux
même pas limaginer. Niveau ras des pâquerettes
JA : Mais comment vous faites pour acheter systématiquement
au plus bas prix ?
Carrechan : Alors là, tu vois, chacun sa tactique.
Moi je me suis débrouillé pour zigouiller
tous les intermédiaires. Comme ça je travaille
en direct avec mes producteurs. Et comme de leur côté,
ils nont que moi comme client, jimpose ma loi
et ça file doux ! Crois-moi, rien ne vaut lintégration.
Interclerc : Moi, cest tout le contraire. Je marrange
pour avoir un maximum dintermédiaires et un
maximum de fournisseurs. Comme ça, je les mets tous
en concurrence et ils se déchirent entre eux. Et
si il y en a un qui ne joue pas le jeu cest
rare je ne lui prends plus rien et il disparaît
! Tu vois, lidéal, cest la concurrence
à outrance.
JA : Mais dans les deux cas le résultat est le même,
vous êtes toujours gagnant ?
Carrechan : Ah oui, et ya intérêt ! Cest
quon a des actionnaires à faire vivre nous,
tu sais
JA : Mais cest abject votre système. Les producteurs,
les fournisseurs, vous y pensez un peu !
Interclerc : (Plié de rire) A ça non, on ny
pense pas du tout. On sen fiche comme de lan
40. Tu as vu comment on traite les caissières chez
nous, alors tu penses, les producteurs
JA : Donc, mis à part le pognon, vous vous fichez
de tout ?
Carrechan : Ah non, il y a une chose à laquelle il
ne faut pas toucher
JA : Ah oui, laquelle ?
Carrechan - Interclerc
: (En chur) Les prix bas ! Les prix bas ! Les prix
bas ! Les
