N° 563 | Juillet/août 2001

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Vie syndicale

Crise viticole
Des mesures insuffisantes
Les Jeunes Agriculteurs jugent insuffisantes les mesures prises, il y a un mois, par les pouvoirs publics pour enrayer la crise viticole. Point de vue d’un jeune viticulteur.

Installé depuis septembre 1999 hors cadre familial, Jean-Louis Tort exploite 10 ha de vigne à Félines-Minervois dans l’Hérault pour une production annuelle de 700 hl de vin : 130 hl en vin d’appellation et 570 hl en vin de table. « La crise qui sévit depuis près d’un an et demi est incompréhensible. Elle est
apparue du jour au lendemain. Les gens n’ont tout de même pas cessé de boire du vin aussi subitement. Le problème vient d’ailleurs, des metteurs en marché ou des importations ».
Selon le jeune viticulteur, la prise en charge partielle des intérêts d’emprunts à payer en 2001 constitue un geste de la part de l’Etat, mais il demeure insuffisant. « Sur mon exploitation, cela ne représente que 300 F/mois au regard des pertes financières actuelles qui atteignent 3 000 à 4 000 F/mois ». Par contre, Jean-Louis Tort trouve inadmissible la seconde mesure prise par les pouvoirs publics : l’étalement des cotisations Amexa de l’année 2001 sur 36 mois à partir de janvier 2002. « De toute façon, il faudra payer les cotisations de l’année 2001 en 2002, en plus des cotisations normales. Reporter les cotisations de 2001 en 2002 n’a pas de sens : aucun vin de table et de pays ne se vend aujourd’hui, pourquoi se vendraient-ils plus dans 36 mois ? Une diminution des cotisations sociales au prorata de la baisse des cours aurait été plus efficace.
Autres mesures que les jeunes agriculteurs souhaitent : une aide à la mise en marché des vins et une épuration des marchés. Et puisque les consommateurs, et notamment les jeunes, recherchent des vins de grande qualité, les pouvoirs publics se doivent d’aider à la restructuration du vignoble. Cette politique de qualité pourrait être intégrée dans le cadre de CTE. Ainsi, si plusieurs viticulteurs souscrivent un CTE, il
sera possible d’isoler le vin de qualité produit dans une cuve. Il est urgent d’enrayer la crise car avec un prix de vente à 210 F/hl, mon exploitation n’est plus viable. L’étude prévisionnelle d’exploitation se basait sur un prix de 350 F/hl. La loi Evin nous interdit en plus de communiquer sur nos produits. On va nous pendre petit à petit ».