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Vie syndicale
Assurance-accident
AAEXA : une réforme contestée
A lordre du jour : la revalorisation de lassurance-accident.
Tout le monde est daccord sur sa nécessité,
mais la façon gouvernementale dy parvenir est,
selon le CNJA « injuste et révoltante ».
Il faut revaloriser lAAEXA, lAssurance
accident des exploitants agricoles. Non seulement personne
nen conteste la nécessité ni lurgence,
mais cest même une revendication ancienne du monde
agricole. Une proposition de loi, dinitiative parlementaire,
examinée par lAssemblée nationale le 26
avril, prend acte et passe aux propositions. Elle prévoit
de passer la rente pour invalidité totale de 24 343
F par an actuellement à 70 000 F, et dinstaurer
des indemnités journalières de 150 F par jour.
En contrepartie, la cotisation, de 1 500 F par an actuellement,
passerait à 1 620 F.
Mais cest sur le cur de la réforme que
les divergences, pour ne pas dire plus, éclatent (voir
JA N° 561, mai 2001). Le gouvernement veut saisir loccasion
pour socialiser le système, actuellement géré
par les assurances privées (essentiellement Groupama),
en le rapprochant du régime général de
la Sécurité
sociale, sous légide de la MSA.
Vives protestations de Groupama, pour qui lassurance-accident
est une activité importante et très bénéficiaire.
Cette instance, mutualiste, dénonce un projet qui va
« évincer, sans indemnisation, les assureurs
dun marché de près de 1,6 milliard de
F ». Contre-argument des défenseurs du projet
: Groupama ne serait pas fortement pénalisé
car il séloigne de plus en plus de ses origines
paysannes ; lagriculture ne mobilise plus que 7 % de
son chiffre daffaires, et les agriculteurs ne représentent
plus que la moitié des sociétaires ; une proportion
qui va encore baisser avec la probable entrée prochaine
en Bourse.
Contre-attaque
Groupama avance aussi des arguments techniques et sociaux
: lAssurance couvre actuellement lensemble de
la famille, un régime socialisé deviendrait
plus étroitement professionnel (le chef dexploitation,
son conjoint, les aides familiaux) et, selon Jean Baligand,
le président de Groupama, « excluerait 250 000
à 300 000 personnes de lAAEXA ». Et il
contre-attaque en proposant un système qui continuerait
à assurer lensemble dune famille, jeunes
et retraités compris, pour les accidents professionnels
et les accidents privés, au même niveau dindemnisation
que le projet gouvernemental. Il en coûterait 2 200
F par an.
Groupama a, dans ce conflit, lappui du syndicalisme
majoritaire, qui sest prononcé depuis longtemps
déjà pour « une revalorisation des prestations
dans le cadre dun régime assuranciel et concurrentiel
». « Le gouvernement, proteste le CNJA, a piétiné
la position fermement exprimée et argumentée
de la profession agricole », et la « force à
se soumettre à une réforme quelle refuse
». En tout état de cause, ajoute-t-il, «
les jeunes agriculteurs veilleront à la transparence
du nouveau régime et seront
extrêmement vigilants quant à son coût
pour les exploitants ».
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