N° 560 | AVRIL 2001

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Le point de vue du jeune agriculteur

Pascal Duffau, Oursbebille (Hautes-Pyrénées)

« Sans irrigation, l’exploitation ne serait plus rentable »

Pascal Duffau exploite 60 hectares de maïs à Oursbelille, dans la vallée de l’Adour. Les terrains très filtrants s’assèchent vite. Irriguées, ses cultures franchissent allégrement la barre des 100 quintaux par hectare. Il dispose de 4 pompages dont 3 dans la nappe qu’il qualifie de « très abondante ». Suivant les conditions climatiques, Pascal Duffau utilise entre 1 500 et 2 500 m3 d’eau/ha/an. Aujourd’hui, il paie une redevance de 20 F/ha quel que soit le volume d’eau prélevé, soit un prix net compris entre 0,8 et 1,3 centime le mète cube. Difficile de faire moins cher. Il estime que l’augmentation du prix de l’eau serait une catastrophe pour la rentabilité de son exploitation, citant des simulations fournies par l’AGPM, qui font état d’un coût supplémentaire d’au moins 250 F/ha. A titre d’exemple, une redevance à 10 centimes occasionnerait 180 F de charges supplémentaires à l’ha. « L’irrigation est une plus-value apportant sécurité des rendements, de la qualité des produits et de l’approvisionnement, et constitue une incitation pour les jeunes à rester », plaide-t-il. Il milite en faveur de la remise en place d’une politique de stockage des eaux.

Concernant la redevance azote, il n’a aucune idée de l’impact qu’elle pourrait avoir. Il sait simplement qu’à peine à 3 m de la surface, la nappe est très sensible aux pollutions, qu’elles soient d’origine industrielle, agricole ou urbaine et que l’exploitation est en zone vulnérable.