N° 560 | AVRIL 2001

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Europe

Ouverture au Sud

Depuis le 5 mars, l’Europe ouvre son marché aux exportations des pays les plus pauvres. Avec des mesures de transition pour trois productions sensibles, la banane, le sucre, le riz.

C’est une avancée discrète, mais décisive, qui intervient dans les relations entre l’Union européenne et les pays en voie de développement. Les 48 Pays les moins avancés (PMA) de la planète bénéficient d’un libre accès à l’espace communautaire, pour tous leurs produits et aux prix du marché européen. Ces prix sont généralement supérieurs aux cours mondiaux, ce qui devrait donner une impulsion aux courants commerciaux des pays les plus pauvres vers l’Europe.

L’ensemble des produits agricoles, végétaux et animaux, est concerné. C’est un pas important dans la prise en compte d’une nécessité maintes fois affirmée : aider au développement du Sud et à son intégration dans le marché mondial. L’Europe entérine le fait que, indépendamment de toute considération charitable, cette intégration relève d’un réalisme à long terme. Elle seule peut faire du Sud un marché solvable, et baisser la pression de l’immigration de la misère. En outre, elle ne contrevient pas aux règles de l’Organisation mondiale du commerce, laquelle s’opposait aux accords de Lomé, qui contractualisaient des ententes préférentielles entre les pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’UE.

La décision européenne n’a pas été acquise à l’unanimité, mais seulement à la majorité qualifiée. La France et l’Espagne se sont montrées particulièrement réticentes, en raison des problèmes qu’elles rencontrent sur trois dossiers sensibles, la banane, le sucre et le riz. Elles ont d’ailleurs obtenu un régime transitoire pour ces productions : alors que l’accès libre doit être acquis au 1er janvier 2002, pour l’ensemble des produits, la baisse des droits de douane sera progressive. Jusqu’en 2006 pour les bananes, jusqu’en 2009 pour le sucre et le riz.