N° 560 | AVRIL 2001

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PAC

A l’épreuve des crises

Les chocs produits par les deux crises successives de l’ESB et de la fièvre aphteuse ont mis en lumière des divergences de fond. La question est posée de savoir qui attend quoi de la politique agricole commune.

Divergences sur les méthodes à mettre en œuvre pour dégager le marché bovin après l’effondrement de la consommation suite à la crise de la vache folle. Divergences ensuite sur la façon de lutter, vaccination ou non, contre l’épizootie de fièvre aphteuse (voir pages 6-7). Divergences encore sur le plan protéines végétales, réclamé par certains pays-membres pour pallier l’interdiction des farines de viandes, et que la Commission vient de rejeter. Le début 2001 a été rude pour la cohésion de l’Union européenne. C’est bien l’esprit de la politique agricole commune qui est en cause, et plusieurs pays commencent à estimer qu’il vaudrait mieux pour en rediscuter ne pas attendre l’étape à mi-parcours (2002) prévue par l’accord de Berlin. Déclaration de Tony Blair : « Une fois l’épizootie finie, il va falloir revenir à la table des négociations et trouver une solution à long terme. Il faut discuter du type de production agricole que nous voulons encourager. » Réponse de Jacques Chirac : « la réforme n’est pas d’actualité, et certainement pas à Stockholm », où s’est tenu le sommet européen des 23 et 24 mars.

En fait, c’est la cohésion brisée du couple franco-allemand le « moteur » de l’Europe, selon l’expression médiatique consacrée, qui fait le plus problème. Les deux ministres des affaires étrangères, Hubert Védrine pour la France et Joshka Fischer pour l’Allemagne, se sont rencontrés en mars pour tenter de reconstituer l’entente. Ils ont aussi rencontré Franz Fischler. Le cœur de la mésentente reste bien sûr le financement de la Pac et de la sortie de ses crises.