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Nouvelles régulations économiques
Un manque dambition
évident
Le projet de loi sur les nouvelles régulations économiques
est amputé de nombreuses mesures. Seules subsistent pour
les fruits et légumes la fixation dun prix minimum
et linterdiction des promotions sur catalogue.
Le projet de loi sur les nouvelles régulations économiques
anime les discussions (et les espoirs) des agriculteurs depuis
plus dun an. Censé moraliser les pratiques commerciales
entre la production et la distribution, il vient dêtre
examiné en seconde lecture par les députés
français.
Alors que la profession agricole espérait une amélioration
du texte voté par les sénateurs, une grande partie
des articles relatifs à la régulation de la concurrence
a été purement et simplement supprimée.
Seules deux mesures subsistent : linterdiction de faire
des promotions sur catalogue pour la vente de fruits et légumes
sans un accord interprofessionnel préalable, et la possibilité,
dans le cadre dune crise, de fixer un prix minimum interprofessionnel
dans le secteur des fruits et légumes (comme cela sétait
produit lété dernier pendant la crise de
la pêche et de la nectarine). Parallèlement à
ces deux avancées syndicales, linterdiction des
ristournes est finalement exclue du projet de loi cétait
pourtant une revendication majeure des producteurs. La fixation
dun prix minimum en cas de crise, si elle reste inscrite
au projet de loi pour les fruits et légumes, disparaît
pour les autres produits agricoles et voit son champ dapplication
se réduire. Ainsi, il ne sera pas possible de fixer des
prix de cession minimum aux distributeurs, et la possibilité
détendre laccord interprofessionnel dans un
délai de huit jours disparaît, ce qui laisse dores
et déjà craindre des difficultés dapplication
de cette mesure.
Du texte initial, il ne reste que quelques bribes et la déception
est grande, notamment pour les producteurs de fruits et légumes,
quotidiennement confrontés à la grande distribution
: « Depuis un an et demi, on nous promet une loi forte
et on se retrouve avec un projet de loi minimaliste, qui ne va
résoudre en rien les problèmes rencontrés
par nos filières, explique Olivier Fraisse, responsable
du dossier fruits et légumes au CNJA. Nos députés
nont sans doute pas pris conscience de la gravité
du problème. Après lordonnance de 1986 et
la loi dorientation de 1999, cest la troisième
fois que lon nous parle de prix minimum, mais à
chaque fois le dispositif proposé manque dambition,
sous prétexte dincompatibilité avec les règlements
européens. Pour pouvoir travailler sur un prix minimum
en cas de crise, il faudra que la profession soit très
vigilante et très réactive, et que linterprofession
accepte de prendre toutes ses responsabilités. Je suis
plus réservé sur linterdiction des promotions
catalogues, car, en réaction, les distributeurs risquent
de suspendre leur communication sur les fruits et légumes.
»
La loi sur les nouvelles régulations économiques,
qui sera vraisemblablement adoptée dans les mois à
venir, devrait être opérationnelle au tout début
de lété 2001. |