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Congrès des jeunes agriculteurs
japonais
Interview de Jean-Luc Duval, président
du CNJA
« Nos structures
sont alliées »
Avec Arnold Puech dAlissac, président du Ceja,
Jean-Luc Duval a participé au congrès des jeunes
agriculteurs japonais.
Quelle place lagriculture occupe-t-elle au Japon
?
Le Japon, cest une population de 126 millions dhabitants
sur un territoire grand comme les deux tiers de la France, avec
une forte proportion de montagnes et de forêts. Il reste
donc peu de place pour les territoires agricoles exploitables,
qui sont parfois enclavés à lintérieur
même des zones urbaines.
Lexploitation agricole type est familiale, peu mécanisée
et relativement limitée en surface deux hectares
en moyenne. Beaucoup dagriculteurs japonais sont pluriactifs.
La grande préoccupation du Japon reste lautosuffisance
alimentaire, car 60 % des denrées consommées sont
importées.
Dimportants efforts ont été consentis pour
développer la riziculture, mais il reste beaucoup à
faire dans les autres productions. Certains programmes sont en
cours pour adapter des rizières au maraîchage.
Quelles sont les préoccupations des jeunes agriculteurs
japonais ?
Le poids de la culture et des coutumes semble être assez
fort. Lexploitation est traditionnellement transmise à
laîné de la famille. Celui-ci se retrouve
alors avec la charge des parents et des anciens. Les problèmes
de cohabitation sont particulièrement importants, comme
cela a pu être le cas en France il y a une trentaine dannées.
Le JA-Zenseikyo est une sorte de section jeune du syndicat aîné,
le Zenchu. Très intéressés par notre structure,
les jeunes responsables japonais mont posé beaucoup
de questions sur le fonctionnement du CNJA, sur son autonomie
et sur son financement.
Quels sont les points de convergences entre les jeunes
agriculteurs japonais et français ?
Nous partageons les mêmes valeurs. Nous réclamons
de lOMC quelle permette aux différents modèles
dagriculture pratiqués dans le monde de coexister
et nous faisons front commun contre les partisans du groupe de
Cairns qui prônent une libéralisation totale des
échanges agricoles. Sur le modèle de lUnion
européenne, le Japon sintéresse à
la constitution despaces régionaux homogènes
et protégés. Des accords existent déjà
avec la Corée du sud et les Philippines. Enfin, comme
en France, les agriculteurs japonais sont très attachés
au concept de multifonctionnalité.
Quel bilan tirez-vous de ces rencontres ?
Avec Arnold Puech dAlissac, nous avons développé
notre vision de lagriculture devant nos homologues japonais,
mais aussi auprès du ministre de lAgriculture, du
représentant du Japon à lOMC et de nombreux
responsables politiques au pouvoir. Le CNJA et le JA-Zenseikyo,
dont M. Tani est le nouveau président, sont des structures
alliées. Dans un contexte de mondialisation, il faut mondialiser
nos revendications. Le CNJA sest porté candidat
pour organiser le prochain congrès mondial des jeunes
agriculteurs, en 2003. Ce prochain rendez-vous devra être
un véritable lieu de débats, pas un show à
laméricaine comme cela sest produit à
Orlando lannée dernière. |