N° 558 | FEVRIER 2001

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Panorama des résultats départementaux

 

Elections aux chambres d'agriculture

Plus légitimes que jamais

En recueillant 53,57 % des voix aux élections du 31 janvier, le CNJA et la FNSEA confirment leur position majoritaire dans le paysage agricole français. Avec 86 chambres d’agriculture remportées sur 93, le bilan électoral est plus que satisfaisant.

Incontestablement, la cuvée 2001 des élections aux chambres d’agriculture aura fait couler beaucoup d’encre. Beaucoup de salive aussi. Le 31 janvier dernier, environ 680 000 chefs d’exploitation (25 % de moins qu’en 1995) étaient appelés aux urnes pour élire leurs représentants au suffrage universel direct. Programmée tous les six ans, cette consultation unique en son genre est un parfait baromètre pour les syndicats.

Pour ce vote professionnel, les agriculteurs ont pour habitude de se mobiliser davantage que les autres catégories socio-professionnelles. Déjà en 1995, lors du précédent scrutin, le taux de participation atteignait 57,7 % (stable par rapport à 1989, où il s’élevait à 58,1 %). Il enregistre cette année une progression significative (3,8 points de plus). Avec 61,5 %, il représente l’avis de près des deux tiers des chefs d’exploitation. « Je ne peux que me satisfaire de l’ampleur de cette participation, a déclaré Jean-Luc Duval, le président du CNJA. Dans un contexte général de désaffection politique, ce chiffre très élevé, qui plus est pour un vote professionnel, témoigne de la mobilisation et de l’engagement des agriculteurs. Il renforce encore plus la légitimité des élus, et les pouvoirs publics et le gouvernement vont devoir en tenir compte à l’avenir. »

Selon le ministère de l’Agriculture, sur 91 départements (hors Guadeloupe, Guyane et Martinique, en raison des décalages horaires), les listes FNSEA-CNJA (et apparentées) atteignent un score de 53,57 %, contre 59,79 % en 1995. En seconde position, la Confédération paysanne recueille 26,39 % des suffrages. Pour partie, ce résultat s’explique par la présence des listes de la Confédération paysanne dans un plus grand nombre de départements (91 contre 78 en 1995). Malgré une augmentation du nombre de ses listes (53 contre 49 en 1995), le score de la Coordination rurale reste stable. Avec 12,38 % des voix, elle maintient la position acquise en 1995 (12,17 %). Le Modef, qui chute au-dessous de la barre des 3 % (2,90 % contre 4,7 % en 1995), ferme la marche.

Le bloc FNSEA-CNJA sort largement majoritaire de ce scrutin. Pour Jean-Luc Duval, cette « victoire », selon ses propres propos, est avant tout celle d’un réseau : « Nous avons sillonné les campagnes. Luc Guyau a visité plus de 50 départements. J’en ai personnellement couvert 30. Mais en dehors de la venue des responsables nationaux, nos responsables sur le terrain sont en contact constant avec les agriculteurs. (...) La déroute annoncée des listes FDSEA-CDJA n’a pas eu lieu. La Confédération paysanne a progressé dans les départements où elle n’était pas présente, bénéficiant de la médiatisation de certains de ses porte-paroles. Mais là où elle était présente, dans l’Ouest notamment, elle a presque toujours perdu des suffrages. »

Trois départements basculent

Au niveau départemental, la chambre du Finistère, qui avait basculé à la Confédération paysanne en1995, revient très largement (plus de 63 % des voix) à la liste FDSEA-CDJA. A la Réunion et en Loire-Atlantique, les listes de la Confédération paysanne perdent beaucoup de terrain : respectivement 10 et 4 points par rapport à 1995. Ces chambres d’agriculture restent dans le giron de la Confédération paysanne, mais l’écart avec les listes FDSEA-CDJA se réduit considérablement (environ 4 points). Avec 42 % des suffrages, la chambre de Lozère est récupérée par la liste FDSEA-CDJA. Enfin, la Coordination rurale remporte la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne avec 40,7 % des voix, et conserve in extremis celle du Calvados (17 points de moins pour la Coordination rurale dans ce département, et seulement 3 points d’écart au final avec la liste FDSEA-CDJA).

A l’issue de ce scrutin, le CNJA et la FNSEA remportent 86 chambres d’agriculture sur 93. Un résultat proche de celui de 1995, ce qui satisfait pleinement les présidents des deux organisations. « Nous mesurons la confiance qui nous a été accordée et la responsabilité que cela implique. Nous aurons besoin de l’énergie de tous. Nous continuons notre action de défense et de promotion de l’agriculture française. Une agriculture qui a sa place dans la société et qui répond à la demande des citoyens », a conclu Luc Guyau, le président de la FNSEA.