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France : Revenu agricole
Toujours le grand
écart
Plus que jamais, les comptes de lagriculture pour
lan 2000 montrent à quel point il faut savoir interpréter
les statistiques. Ils donnent pour les éleveurs bovins
une augmentation de revenu de 9 à 13 % !
Exercice classique de décembre : la publication par
lInsee (Institut national de la statistique et des affaires
économiques) des comptes de lagriculture pour lannée
qui se termine. Avec les constatations de rigueur sur les grands
écarts entre les diverses productions. Et quelques chiffres
propres à mettre les intéressés en fureur
sils ne sont pas accompagnés de quelques éclaircissements.
Globalement, le revenu global de lagriculture française
a régressé de 0,3 % par rapport à 1999.
Mais compte tenu de la diminution du nombre dactifs agricoles
(moins 1,8 %), le revenu par actif a augmenté de 1,3 %
; et eu égard à la diminution du nombre dexploitations
(moins 2,7 %), le revenu par unité augmenterait de 2,5
%.
Avec, comme chaque année, des grands écarts
selon les productions. La progression la plus forte est dans
le hors-sol : + 28 %, ce qui constitue un renversement par rapport
à lannée précédente (- 5 %).
Vient ensuite le maraîchage-horticulture (+ 14 %), les
ovins (+ 9), la polyculture (+ 5 %), larboriculture fruitière
(+ 3 %). Voient au contraire leur revenu baisser les producteurs
de vins (-6 % en consommation courante, -10 pour les AOC), et
surtout les grandes cultures, céréales et oléoprotéagineux
(- 13 %).
Et puis il y a le cas de lélevage bovin. Cest
là que ces comptes 2000 risquent de faire hurler dans
les chaumières. Ils donnent une augmentation de revenu
moyen de 13 % pour les éleveurs de bovins-viande, de 9
% pour les bovins-lait. Des chiffres bien évidemment hors
de toute réalité de terrain.
Explication des statisticiens : « le résultat
agricole sobtient en déduisant la valeur des consommations
intermédiaires de celle de la production agricole au prix
de base, et en ajoutant le solde entre les subventions dexploitation
et les impôts liés à la production ».
Et la valeur des animaux non vendus reste comptabilisée
dans le capital. Ce qui est peut-être de stricte orthodoxie
comptable, mais ne correspond en rien à la réalité
économique vécue par lexploitant. Enfin il
sagit de moyennes annuelles, qui masquent dautant
plus la brutalité de la crise que celle-ci est intervenue
dans les deux derniers mois de lannée, alors que
les abattages étaient soutenus au premier semestre, et
na donc été que très partiellement
prise en compte.
Il faudra attendre les comptes 2001 pour mesurer les conséquences
de la crise. Mais dores et déjà le service
statistique du ministère de lAgriculture estime
à trois points la baisse de revenu pour ces deux seuls
mois. Les organisations agricoles et Jean Glavany le disent dans
les mêmes termes, « la solidarité est plus
que jamais à lordre du jour ». |