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Crise viticole
Enfin une distillation
à 24,30F/°hl
Après 6 mois de négociation, les viticulteurs
ont enfin obtenu du ministère la distillation de crise
quils réclamaient. Maintenant, il faut sattaquer
à la gestion du marché.
Il y a près dun an et demi que les viticulteurs
français réclament une distillation de crise aux
pouvoirs publics. Conséquence dune vendange 1999
record (62,9 millions hl), les cours nont cessé
de chuter en 2000, entraînant lensemble de la filière
dans la crise.
Le 7 décembre dernier, Jean Glavany a (enfin !) donné
son feu vert pour une distillation à 24,30 F/°hl,
ouverte à tous les vignerons dont le rendement agronomique
est inférieur à 90 hl/ha (campagne 1999-2000).
Portant sur un volume global dun million dhectolitres,
cette décision est conditionnée par un engagement
des viticulteurs à stocker une partie de leur production.
Concrètement, lorsquun vigneron portera 6 hl à
la distillation, il devra dans le même temps en stocker
5 autres. Ainsi, ce sont 11 hl qui seront immédiatement
retirés du marché, dont 5 pourront y retourner
dans quelques mois, en fonction de lévolution de
la situation.
« Cette mesure répond en partie aux attentes
des jeunes viticulteurs, qui se sont mobilisés fortement
sur le sujet depuis très longtemps, analyse Jérôme
Despey, vice-président du CNJA. Des investissements considérables
étant nécessaires pour sinstaller, leur situation
était devenue très inquiétante. Aux metteurs
en marché désormais de prendre leurs responsabilités
et des dispositions pour ne pas acheter des vins en dessous de
24,30 F/°hl. »
Le ministre a également demandé à la
profession de limiter à 6 000 ha les plantations avec
droits nouveaux en 2001. Il propose dimposer lutilisation
de cépages améliorateurs pour toutes les nouvelles
plantations, et de ramener les rendements maximum en vins de
pays de zone de 90 à 80 hl/ha. « Afin denvisager
lavenir des jeunes viticulteurs plus sereinement, il nous
faut impérativement obtenir une gestion de marché
dans le cadre de la nouvelle OCM viticole, explique Jérôme
Despey. En contrepartie, la profession accepte de sengager
sur la maîtrise des volumes et la restructuration du vignoble.
Mais là où les perspectives de marché sont
favorables, les jeunes doivent pouvoir bénéficier
en priorité des droits de plantation. Cest le seul
moyen de maintenir la dynamique dinstallation et le renouvellement
des générations. Cette fois encore, le CNJA se
battra pour sauver les 2 500 ha de droits nouveaux, nécessaires
aux jeunes dans le cadre de leur installation. » |