N° 557 | JANVIER 2001

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Crise viticole

Enfin une distillation à 24,30F/°hl

Après 6 mois de négociation, les viticulteurs ont enfin obtenu du ministère la distillation de crise qu’ils réclamaient. Maintenant, il faut s’attaquer à la gestion du marché.

Il y a près d’un an et demi que les viticulteurs français réclament une distillation de crise aux pouvoirs publics. Conséquence d’une vendange 1999 record (62,9 millions hl), les cours n’ont cessé de chuter en 2000, entraînant l’ensemble de la filière dans la crise.

Le 7 décembre dernier, Jean Glavany a (enfin !) donné son feu vert pour une distillation à 24,30 F/°hl, ouverte à tous les vignerons dont le rendement agronomique est inférieur à 90 hl/ha (campagne 1999-2000). Portant sur un volume global d’un million d’hectolitres, cette décision est conditionnée par un engagement des viticulteurs à stocker une partie de leur production. Concrètement, lorsqu’un vigneron portera 6 hl à la distillation, il devra dans le même temps en stocker 5 autres. Ainsi, ce sont 11 hl qui seront immédiatement retirés du marché, dont 5 pourront y retourner dans quelques mois, en fonction de l’évolution de la situation.

« Cette mesure répond en partie aux attentes des jeunes viticulteurs, qui se sont mobilisés fortement sur le sujet depuis très longtemps, analyse Jérôme Despey, vice-président du CNJA. Des investissements considérables étant nécessaires pour s’installer, leur situation était devenue très inquiétante. Aux metteurs en marché désormais de prendre leurs responsabilités et des dispositions pour ne pas acheter des vins en dessous de 24,30 F/°hl. »

Le ministre a également demandé à la profession de limiter à 6 000 ha les plantations avec droits nouveaux en 2001. Il propose d’imposer l’utilisation de cépages améliorateurs pour toutes les nouvelles plantations, et de ramener les rendements maximum en vins de pays de zone de 90 à 80 hl/ha. « Afin d’envisager l’avenir des jeunes viticulteurs plus sereinement, il nous faut impérativement obtenir une gestion de marché dans le cadre de la nouvelle OCM viticole, explique Jérôme Despey. En contrepartie, la profession accepte de s’engager sur la maîtrise des volumes et la restructuration du vignoble. Mais là où les perspectives de marché sont favorables, les jeunes doivent pouvoir bénéficier en priorité des droits de plantation. C’est le seul moyen de maintenir la dynamique d’installation et le renouvellement des générations. Cette fois encore, le CNJA se battra pour sauver les 2 500 ha de droits nouveaux, nécessaires aux jeunes dans le cadre de leur installation. »